vendredi 16 septembre 2011

ILS POSENT NUS POUR DEFENDRE L'ECOLE !


La maîtresse n'est même pas en maillot de bain, elle est nue. Pour protester contre "le dépouillement de l'école", des profs sont allés plus loin que cette comptine coquine "Hauts les mains, peau de lapin, la maîtresse...", un temps populaire dans les cours de récré, en faisant tomber leurs vêtements. Le temps d'une photo pour un calendrier. A l'origine de cette action, le "Collectif contre le dépouillement de l'école", un groupe d'enseignants syndiqués ou pas, "qui se battent pour une école publique de qualité".

Dans le manifeste publié sur leur site, ils dénoncent une "école nue", "abandonnée", "dégarnie", "dépouillée". Le champ lexical du dépouillement est étayé de maints exemples et moult causes. Au centre de leur colère principalement, les suppressions de postes décidées par le gouvernement, les classes surchargées, le manque de formation des jeunes profs (Lire notamment à ce sujet nos articles : "Formé nou plusse !" ou "On ne nous a même pas appris à apprendre !"). Si on devait résumer pour eux l'équation, cela donnerait : "école abandonnée" + "professeurs démunis" = "élèves appauvris, dépecés".

"Faisons de l'économie, pas des économies"


Et parce qu'un petit dessin vaut mieux qu'un long discours, le calendrier réalisé par les profs en tenue d'Eve et d'Adam illustre de manière courte et efficace leurs revendications. Chacun pose sur son estrade, son anatomie dissimulée par un bureau, un double-millimètre, un ouvrage. Sur le tableau derrière, un message écrit à la craie. "La princesse de Clèves... sans chemise", pour la prof de lettres modernes ; "Faisons de l'Economie, pas des économies", pour l'enseignant de Sciences économiques et sociales, "Mieux vaut classe bien faite que classe bien pleine", estime un autre professeur de lettres, "la fonction éducation est décroissante", dit celle en mathématiques...

Au total douze messages pour douze mois et un appel pressant aux "responsables politiques français, pour qu'ils agissent résolument contre le dépouillement de l'Education nationale". Ils sont prévenus, la maîtresse grondera plus fort encore le 27 septembre prochain lors d'une grande journée de mobilisation.

Par Amélie Gautier, TF1

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