lundi 31 octobre 2011
Marie-George Buffet. L'ex-ministre passe à table à Morlaix
Candidate du Parti communiste en 2007 lors des présidentielles, Marie-George Buffet était hier à Morlaix afin de soutenir les candidats du Front de gauche aux législatives. L'occasion d'un tour d'horizon de l'actualité.
Buffet et le Front de gauche. Pour la première fois depuis belle lurette, il n'y aura pas de candidat étiqueté PCF lors des présidentielles de 2012. De quoi faire enrager la communiste Marie-George Buffet, qui n'avait recueilli que 1,93% des voix en 2007? «Pas du tout. C'est d'ailleurs nous qui avons initié ce Front de gauche. On sent que cette démarche plaît et que les gens reviennent vers nous. Jean-Luc Mélenchon n'est pas membre du parti, mais nous le soutenons. En 2012, il faudra aller chercher un score à deux chiffres».
Buffet et les présidentielles. «Les citoyens veulent chasser Sarkozy. Il y a un très fort rejet de sa politique», note l'ancienne ministre, âgée de 62 ans. «Le Front de gauche peut être utile pour le battre. Nous voulons réussir en appliquant une véritable politique de gauche. Or, les propositions de Hollande ne vont pas vraiment dans ce sens».
Buffet et la primaire socialiste. François Hollande, justement, recueille-t-il les faveurs de celle qui fut secrétaire nationale du PCF de 2001 à 2010? «Je n'ai pas voté à la primaire socialiste. Parce que nous avons notre candidat. Et parce que le programme adopté par le PS ne permet pas de sortir de la crise».
Buffet et la crise. Ah, la crise... «Tant que l'Union européenne continuera à apporter les mêmes réponses, on ne sortira pas de la récession». Voilà l'opinion de Marie-George Buffet. «Si on veut relancer la croissance, il faut que les banques redonnent des crédits aux entreprises. Cela passe notamment par des nationalisations, de la Société Générale par exemple. Dans la solution apportée par l'Europe, une nouvelle fois la Banque centrale européenne ne jouera aucun rôle. Or, elle pourrait prendre en charge une partie de la dette et devrait aider les investissements de l'Etat. Avec la crise du pouvoir d'achat, il faut relancer les salaires. Nous n'avons rien entendu de tout cela chez Sarkozy. Comme si le mot salaire était tabou. Nous, nous proposons une hausse du Smic de 20%, soit 1.700 € brut».
Buffet et Douillet. «David Douillet? C'est le cinquième ministre des Sports depuis cinq ans... Il va exercer trois-quatre mois avec un budget peau de chagrin. De grands stades privés se construisent. Et il n'y a rien pour les petits équipements. C'est extrêmement grave pour la pratique sportive», juge l'ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports de 1997 à 2002.
Buffet et l'argent dans le sport. «Comme le dit Michel Platini, on va vers une crise des subprimes dans le sport. On ne peut plus continuer avec ces clubs endettés. Il faut contrôler les salaires des sportifs. Et que les équipes nationales reprennent le pas sur les clubs. Sinon on revivra encore des scènes comme le bus des footballeurs à Knysna en Afrique du Sud».
Buffet et les jeunes Morlaisiens. «L'âge n'est pas un problème. C'est une question de motivation et d'engagement», soutient Marie-George Buffet en évoquant la jeunesse du candidat du Front de gauche aux législatives de juin sur la circonscription de Morlaix (Ismaël Dupont, 32ans) et de sa suppléante (Marie Huon, 22 ans). «Il y a beaucoup d'énergie dans ce duo. Voir des jeunes s'engager, avec une autre histoire que la nôtre, c'est bien car ça nous bouscule».
Buffet et la Bretagne. «Je suis Bretonne d'adoption depuis 40 ans», sourit Marie-George Buffet, habituée à venir dans la région. Et encore plus depuis qu'elle possède une maison au Pouldu, à Clohars-Carnoët.
Ronan Tanguy, le Télégramme
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