jeudi 2 avril 2026

Pourquoi et comment vous assurer que vos paiements par carte bancaire ne transitent pas par les États-Unis


Les deux lettres qui figurent sur votre carte bancaire indiquent que les paiements réalisés en France sont pris en charge par le réseau interbancaire hexagonal. Pour les paiements en ligne, il est aussi important de cliquer sur ce pictogramme.

 

CB. Vous ne prêtez pas attention à ces deux lettres qui figurent probablement sur votre carte bancaire Visa ou Mastercard. Pourtant ce qu’on appelle le co-badging est à nouveau au centre de l’attention dans cette période géopolitique troublée. En effet, les paiements réalisés en France via les cartes bancaires porteuses de ce logo sont traités via le Groupement des cartes bancaires.

À l’inverse, les paiements réalisés via des cartes bancaires qui ne portent pas ce logo sont, eux, directement traités par Visa ou Mastercard, deux entreprises américaines. Certaines cartes proposées par les néobanques qui proposent des services uniquement en ligne (BoursoBank, BforBank, Revolut, N26), ainsi que les cartes Nickel proposées dans les bureaux de tabac, sont, elles, dépourvues de ce logo, les paiements réalisés avec sont donc traités outre-Atlantique. Début 2026, l’eurodéputée Aurore Lalucq avait sur les réseaux sociaux incité les consommateurs français à exiger de leur banque que figure le logo CB sur leur carte bancaire.

1 Un réseau qui fonctionne depuis plus de quarante ans

En 1984 est créé sous l’impulsion de Pierre Bérégovoy, alors ministre de l’Économie et des Finances, un groupement d’intérêt économique (GIE), le Groupement des cartes bancaires. Il doit permettre l’interbancarité des deux réseaux de cartes bancaires existant alors. Toutes les banques opérant en France se dotent de règles communes et utilisent les mêmes infrastructures pour traiter les paiements en carte bancaire.

Les transactions sont collectées par les serveurs gestionnaires des transactions (généralement ceux de la banque du commerçant). La transaction est ensuite envoyée vers la banque du porteur de carte via le réseau CB. Le commerçant (et en dernier ressort le porteur) peut faire le choix d’utiliser l’autre réseau disponible sur la carte. En pratique, c’est très rare car cela implique des frais de réseau plus importants. Dans l’UE, 13 pays européens ne se sont pas dotés de réseaux de gestion des paiements domestiques.

2 Attention au cobadgeage

Plus de quarante ans après la création du GIE, sur les 110 millions de cartes bancaires circulant en France, 77 millions portent le logo CB et elles permettent de régler 700 milliards d’euros, soit les deux tiers de la consommation courante. En 2024, dans le cadre d’un partenariat avec Visa à l’occasion des JO, le groupe BPCE avait proposé des cartes sur lesquelles ne figurait plus le logo CB.

Épinglé à ce sujet, il annonce vouloir proposer 100 % de ses cartes avec le logo CB d’ici à fin 2027. Si en 2024, pour la première fois, le volume de paiements par carte bancaire a dépassé celui payé par espèces, le paiement par mobile tend désormais à se développer. C’est un véritable enjeu pour CB. En effet, les paiements réalisés par mobile de certaines banques en ligne dont les cartes sont pourtant cobadgées sont encore en partie traités par Visa ou Mastercard.

3 « Paye in France »

Pour les paiements par carte bancaire via un terminal physique, le consommateur n’a rien à faire pour que la transaction soit traitée par le réseau CB. Il n’en est pas de même quand la transaction est réalisée par Internet, il est la plupart du temps demandé de cliquer sur un des pictogrammes Visa, Mastercard, CB. La tentation est alors de cliquer sur l’un des deux premiers car ils sont plus connus.

Pour les transactions concernant des voyages, les consommateurs peuvent aussi penser qu’il est nécessaire de cliquer sur la « marque » de la carte pour bénéficier de l’assurance liée à celle-ci or il n’en est rien. Le hic est qu’en ne cliquant pas sur le logo CB, la transaction est directement traitée par le réseau Visa ou Mastercard avec des commissions de réseau plus élevées. 

En novembre 2024, Ecommerce Europe, l’organisme représentant les intérêts des commerçants en ligne dans l’Union européenne, a dénoncé dans un communiqué des hausses de commission entre 2016 et 2021 pouvant atteindre 75 %. Pour inciter les consommateurs à cliquer sur le pictogramme CB, la GIE CB s’est fendue d’une campagne d’affichage avec le slogan « Le made in France, c’est mieux si on paye in France ». 

Les effets pervers de la soumission des Etats Unis aux détenteurs de la PayPal, Apple Pay, Amazon, etc, des systèmes de paiement Visa, Mastercard, American Express, etc

Le juge français à la Cour pénale internationale Nicolas Guillou, a été placé sous sanctions américaines par le Secrétaire d’État des États-Unis, Marco Rubio, le 20 août 2025. Il fait partie d’un groupe de trois juges nouvellement sanctionnés, qui viennent s’ajouter à ceux déjà visés, ainsi qu’au procureur de la CPI, M. Karim Khan. Ces mesures reposent sur l’Executive Order 14203 « Imposing Sanctions on the International Criminal Court » du 6 février 2025, signé par le président Trump.

Les conséquences sont radicales : gel des fonds et des ressources économiques du juge et de toute entité qu’il contrôlerait, interdiction de mise à disposition directe ou indirecte de fonds ou de ressources économiques. En clair, outre l’interdiction du territoire américain, ses comptes sont bloqués, ainsi que la fermeture ou la suspension de tous les comptes américains (PayPal, Apple Pay, Amazon, etc.), des systèmes de paiement (Visa, Mastercard, American Express, etc.) et de toutes les banques en lien avec les États-Unis.

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