lundi 4 août 2025

Tour de France : Pauline Ferrand-Prévot écrit sa légende et fait gagner les sportives


En remportant le Tour de France femmes 2025, quelques mois seulement après avoir annoncé son retour sur route et un titre olympique en VTT, la Française s’est adjugé le plus beau des maillots jaunes. Elle s’est taillé une place au panthéon des athlètes tricolores et prouve, si besoin était, que les championnes provoquent de puissantes émotions.

Mejdaline Mhir, l'Humanité
 

Envoyée spéciale.

Début août, aucun scrutateur attentif du milieu ne pouvait assurer sans le moindre doute que Pauline Ferrand-Prévot allait tenir la distance, que le rythme des neuf jours de compétition n’allait pas la désavantager trop durement. La vainqueure du dernier Paris-Roubaix a balayé les doutes à grands coups de pédale au fur et à mesure de la semaine. Sur la neuvième et dernière étape, à 6 kilomètres de l’arrivée, elle s’est même offert le luxe de scotcher une dernière fois Demi Vollering (FDJ Suez), finalement deuxième, avec une aisance éblouissante.

Relativement discrète en Bretagne, en levant les bras quand Marianne Vos, sa coéquipière chez Visma Lease a Bike, s’adjuge la première étape, toujours bien placée au fil des kilomètres, la Rémoise de 33 ans a éteint la concurrence au col de la Madeleine et fait le job. En devançant ses adversaires avec une autorité déconcertante, Ferrand-Prévot s’est assuré un succès magistral.

Si les commentateurs ont vite fait d’affirmer que cela faisait quarante ans qu’aucun Français n’avait gagné le Tour, en pensant à la victoire de Bernard Hinault en 1985 et en oubliant le triplé de Jeannie Longo entre 1987 et 1989, on espère que le triomphe de Pauline Ferrand-Prévot ne soit jamais minimisé au cours du siècle.

« Un moment dont je me souviendrai toute ma vie »

Samedi 2 août, Pauline Ferrand-Prévot, après avoir pris la tête du classement général et réalisé l’ascension qu’il fallait pour s’assurer la victoire le lendemain, et Marion Rousse se sont longuement serrées dans les bras, juste avant de rejoindre le podium, elles qui sont en train de marquer le sport français. L’une, dans la peau d’une immense championne qui atteint ses objectifs les uns après les autres et inspire les plus jeunes. L’autre, dans la peau d’une dirigeante qui s’impose dans le paysage avec une forme de naturel, de force tranquille, qui fait dire qu’elle est à sa place et pèse dans son écosystème.

Quelques heures avant l’ultime étape, Marion Rousse est revenue sur cette affectueuse accolade, chargée de sens. « Honnêtement, c’est un moment dont je me souviendrai toute ma vie parce que c’est historique de voir une Française porter ce maillot jaune et c’est encore plus mythique alors que Maëva (Squiban) avait gagné les deux étapes précédentes. Une troisième victoire française d’affilée, on ne connaît pas ça tous les jours ! »

Nées à six mois d’écart, entre août 1991 et février 1992, Marion Rousse et Pauline Ferrand-Prévot se connaissent depuis toujours, ont connu les mêmes galères liées à l’absence de rémunération et les changements de tenue au cul du camion. « C’est tout un symbole parce que je pense que, ni elle ni moi, on ne s’était imaginé se retrouver sur la plus belle course au monde, au protocole, avec tant de gens qui sont sur le bord des routes, qui acclament Pauline. (…) Pouvoir lui remettre le maillot jaune après la démonstration qu’elle a faite, c’était que du bonheur. »

Au-delà du succès de Ferrand-Prévot, si l’on peut déplorer un manque de densité parmi les pratiquantes, il n’empêche que les Françaises ont été particulièrement brillantes depuis l’étape 1 à Vannes. À l’instar des deux victoires consécutives de Maëva Squiban (UEA), le très bon Tour réalisé par Cédrine Kerbaol (EF Éducation), en constante progression malgré sa chute dans la montée de Joux-Plane et une probante 8e place, mais aussi les performances de Juliette Labous (7e) et Évita Muzic (10e) pour la FDJ Suez, ainsi que celles des jeunes Marion Bunel et Julie Bego.

Des audiences en constante progression

Un autre succès évident de ce Tour est la cote de popularité montée en flèche tout au long de la semaine et s’est traduit sur les audiences télévisuelles. À titre d’exemple, France Télévisions a communiqué sur les audiences réalisées samedi 2 août avec 3 millions de personnes devant leur écran et un pic à 5,4 millions pour 51, 9 % de part de marché. Si cette année, seulement trois des neuf étapes du Tour étaient retransmises en intégralité par France Télévisions et Eurosport, alors que pour les six autres le direct commençait généralement deux heures après le départ, ces bons résultats pourraient convaincre les décideurs de retransmettre en intégralité la compétition.

« Il y a quelques années, je trouve qu’il fallait tempérer ce discours parce que les étapes de plaine, à part pour faire la sieste, je n’en vois pas beaucoup l’intérêt. Mais là, il y a beaucoup de tension, de nervosité dès le départ. Donc ça pourrait ! » nous confiait Marion Hérault-Garnier, spécialiste de la discipline, commentatrice moto pour France Télévisions. Il n’y a plus qu’à.

 

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