Le mouvement de colons israéliens « Jeunes des collines » a revendiqué, mercredi 18 février, plus de 60 attaques visant des civils palestiniens, dans 33 localités de Cisjordanie occupée. Dans son message publié sur Telegram, consulté par « l’Humanité », le collectif suprémaciste se félicite des blessures portées à « plusieurs Arabes », photos à l’appui.
Tandis que les forces d’occupation israéliennes poursuivent leur annexion de la Cisjordanie occupée, des groupes de colons – protégés par le système d’apartheid en vigueur – peuvent multiplier les exactions violentes contre le peuple palestinien. Exécutions sommaires, massacres, destruction de villages, viols et pillages sont ainsi affichés avec fierté.
Dans un message publié mercredi 18 février, sur sa chaîne Telegram, le mouvement de colons israéliens « Jeunes des collines » a ainsi dévoilé son « bilan de la lutte contre l’ennemi arabe », soit le listage de dizaines d’actes violents contre des Palestiniens en Cisjordanie. Consultée par l’Humanité, confirmant une information de l’Agence France-Presse (AFP), cette liste intitulée « Résumé du mois de lutte contre l’ennemi arabe, en Terre Sainte, au mois de Shevat » dénombre plus de soixante attaques réalisées en un mois, dans trente-trois localités palestiniennes.
Quarante Palestiniens blessés
Ainsi, sept attaques sont revendiquées dans la région de Masafer Yatta, cinq dans le village de Mikhmas, trois dans le village de Jaba, ainsi que dans les villes d’Aqraba, de Sa’ir et de Qutra. Vingt-sept autres localités sont citées, de Hébron à Al-Mughayyir, en passant par Tammun. Outre le nombre de raids réalisés par des colons, le mouvement « Jeunes des collines » se félicite d’avoir blessé quarante Palestiniens sur la même période.
Le ministère palestinien de la Santé, basé à Ramallah, a annoncé qu’un jeune homme de 19 ans était décédé de ses blessures après avoir été blessé par balle par des colons à Mikhmas, mercredi 18 février. Dans un message posté après la fameuse liste, aussi consulté par l’Humanité, le collectif se félicite justement des blessures portées à « plusieurs Arabes » dans ce même village.
Le message – applaudi et validé par des membres de la discussion – est accompagné de quatre photos, où l’on peut apercevoir les bras et jambes ensanglantées d’un homme, ainsi qu’un second couché sur un brancard, au corps recouvert de plusieurs bandages. « Jeunes des collines » annonce aussi, sur son fil Telegram, avoir incendié vingt-neuf véhicules, douze maisons et une mosquée. « En outre, des centaines de vitres ont été brisées, des centaines d’oliviers ont été abattues et des dizaines de pneus ont été crevées », conclut le mouvement suprémaciste.
Ces violences commises par des colons israéliens sont loin d’être isolées. La Cisjordanie occupée – dont Jérusalem-est -, comprend aujourd’hui près de 300 « implantations » israéliennes et 750 000 colons, contre 3,3 millions de Palestiniens. Le tout sur une superficie de 5 660 kilomètres carrés. Au moins 694 Palestiniens ont été contraints de quitter leur domicile sur le seul mois de janvier, selon les chiffres diffusés jeudi 5 février par l’agence humanitaire des Nations unies (Ocha).
« L’usage systématique et illégal de la force »
Le gouvernement Netanyahou profite de l’apathie de la communauté internationale – qui se contente de condamner inlassablement la politique coloniale de Tel-Aviv – pour accélérer son projet d’annexion des territoires palestiniens. La coalition d’extrême droite au pouvoir multiplie ainsi les projets de loi en ce sens. Ainsi, 54 colonies ont été approuvées par Israël sur l’année 2025. Un total rare alors que Tel-Aviv occupe illégalement la Cisjordanie depuis 1967.
Le Haut-Commissariat des Nations unies (ONU) aux droits de l’homme pointe, dans un rapport publié jeudi 19 février, le nettoyage ethnique en cours en Cisjordanie – comme dans la bande de Gaza, théâtre d’un génocide en cours depuis plus de deux ans. L’ONU condamne notamment « l’usage systématique et illégal de la force par les forces de sécurité israéliennes, la détention arbitraire généralisée, la torture et autres mauvais traitements infligés aux Palestiniens détenus, ainsi que la démolition illégale et massive de maisons palestiniennes ».
Les « condamnations » du premier ministre Benyamin Netanyahou, qui avait dénoncé en novembre les violences d’une « poignée d’extrémistes » non représentative selon lui des colons israéliens vivant en Cisjordanie occupée, apparaissent ainsi comme un moyen de détourner l’attention. Comme si ce dernier espérait toujours cacher les crimes de guerre, de génocide et d’apartheid commis sous son mandat.

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