vendredi 30 décembre 2011

Comment Bolloré échappe à 20 millions d'euros de taxe


La taxation du trafic de fréquences TNT a été censurée par le Conseil constitutionnel. Une bourde de Bercy... qui permet à Vincent Bolloré d'échapper à la taxe.

Le Conseil constitutionnel vient de censurer les dispositions qui instituaient une taxe sur le commerce des fréquences TNT, considérant que le législateur n'avait pas été suffisamment rigoureux dans sa rédaction. Cette taxe, de 5 %, avait été conçue après la cession par Vincent Bolloré des chaînes Direct 8 et Direct Star au groupe Canal+. Ces deux fréquences, attribuées gratuitement par le CSA, ont été valorisées à 465 millions d'euros. Vincent Bolloré évite ainsi le paiement d'une taxe qui lui aurait coûté une vingtaine de millions d'euros...

Les élus, de droite et de gauche, avaient jugé choquant que la revente de fréquences appartenant au domaine public génère des gains très importants. Pour éviter que les fréquences soient uniquement l'occasion d'un commerce facile, le sénateur socialiste David Assouline, aidé par Marie-Christine Blandin, avait introduit dans la loi de finances 2012 un amendement, du reste adopté. Puis, devant les députés, le gouvernement avait repris à son compte la proposition socialiste et conservé le taux de 5 % de la valeur de la transaction, mais les services de Bercy l'avaient rédigée différemment. Les députés l'avaient votée dans la foulée... C'est cette version qui a été étudiée par le Conseil constitutionnel.

Les sénateurs avaient vu juste

Or, en s'éloignant de la rédaction de David Assouline, le gouvernement a commis une erreur qui n'a pas échappé à la sagacité du juge constitutionnel. Le gouvernement croyait pouvoir établir, à partir de l'article 42-3 de la loi de 1986, que la taxation était due à partir du jour où le Conseil supérieur de l'audiovisuel prenait la décision d'agréer l'opération. Faux ! Les Sages rappellent que le CSA n'a pas, dans la loi, un pouvoir d'agrément préalable lors d'un changement de majorité dans le capital de la société vendue. Le contrôle du CSA s'exerce différemment, notamment à travers le conventionnement des chaînes. Le Conseil constitutionnel interprète l'article 42-3 en spécialiste du droit, exigeant du pouvoir législatif une rigueur dans le raisonnement juridique. En conséquence, puisque le CSA n'a pas, stricto sensu, un pouvoir d'agrément préalable, le recouvrement de la taxe repose sur une base fausse qui mérite la censure...

Il est un peu dommage que le texte initial de David Assouline ait été réécrit, car, au Sénat, le texte prévoyait d'introduire précisément l'obligation pour tout éditeur de chaîne de solliciter l'agrément du CSA en cas de modification de 1 % ou plus de son capital. Autrement dit, aucun mouvement capitalistique dans le PAF n'aurait pu échapper au CSA. Dès lors, la taxation de 5 % lors des reventes de fréquences aurait reposé sur une base juridique solide. Conclusion : les "grosses têtes" de Bercy ont planté la taxe Bolloré. Le CSA n'a pas été doté du pouvoir d'agrément préalable. Tout est à refaire. Vincent Bolloré, lui, échappe à toute taxation : l'année 2011 finit assez bien pour le milliardaire breton...

Le Point.fr - Publié le 28/12/2011

mardi 27 décembre 2011

Maternités : économies de quelques nuits


Xavier Bertrand et la CNAM souhaitent réduire le nombre de jours passés à la maternité pour les mères après l’accouchement.
A la place, des sages-femmes libérales feront deux visites à domicile. C’est le programme PRADO : Projet d’aide au Retour A Domicile des parturientes.

En France, les femmes restent en moyenne un peu plus de 4 jours à la maternité après l’accouchement. La CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) et le ministre de la Santé souhaitent réduire ce nombre sous la barre des trois jours, selon une méthode déjà expérimentée dans 3 départements français. Xavier Bertrand a assuré ce matin sur RTL qu'"il ne s'agissait pas de faire des économies pour des économies", mais de répondre à des demandes des familles. Ce dont on peut légitimement douter. Car que la mère reste deux jours, comme c’est déjà souvent le cas en Ile de France, ou cinq jours, l’acte d’accouchement est facturé le même prix. Tandis qu’une visite de sage-femme libérale n’est facturée que 42,20 euros, ce qui est bien plus avantageux pour la CNAM que trois jours de maternité.

Concernant cette mesure, l’Organisation Nationale des syndicats de Sages-femmes(ONSSF) reste prudente. D’autant que ce syndicat dénonce le fait qu’il n’a pas été associé au programme : « Dans l’intérêt des femmes et de leurs enfants, la prise en charge d’une grossesse ne peut être morcelée de cette façon, avec une considération uniquement comptable au mépris de la qualité. » Et d’expliquer : « Le constat actuel est que les surveillances à domicile en cas de sortie précoce de maternité existent depuis plusieurs années, que ce sont toujours les sages-femmes (prise en charge médicale de la mère et de l’enfant) qui les assurent… »

Publié par l'Humanité

mercredi 21 décembre 2011

CHER FOOT / BECKHAM : 600 SMICS PAR MOIS


David Beckham, la star planétaire du ballon rond" (37 ans) aurait signé un contrat d'un an et demi au PSG, selon des informations révélées par Le Parisien. Un moment historique pour le football français, toujours selon Le Parisien.

Le fiancé de l'ex-Spice Girl Victoria Beckham aurait dit "oui" au Paris Saint Germain la semaine dernière. Une information qui n'a toujours pas été confirmée par l'intéressé lui-même. Et pour cause, le joueur, sous contrat avec le Los Angeles Galaxy (dans le prestigieux championnat des États-Unis) jusqu'au 31 décembre, ne peut signer aucun contrat avant le 1er janvier.

La vie cruelle des footballeurs : seulement quelques millions pour vivre

En plus de son salaire annuel, qui n'est pas encore fixé (les rumeurs parlent de 800.000 euros bruts mensuel), David Beckham pourrait toucher jusqu'à 17 millions d'euros de bonus ("lié au marchandisage", précise Le Parisien).

17 millions pour 18 mois de contrats, de quoi permettre au couple d'écumer toutes les boutiques parisiennes et de s'habiller au top de la mode.

Mais en cette période de crise, il faut savoir se poser les véritables questions. David Beckham, 37 ans, va-t-il pouvoir tenir tout un match (90 minutes), dans un championnat plus physique que technique ?

L’auteur
La rédaction du Post

vendredi 16 décembre 2011

Hébergement d'urgence: le 115 ne répond presque plus


Plus de 40% des demandes d'hébergement faites au 115, le numéro d'accueil et d'aide aux personnes sans abri, n'ont pas été satisfaites en 2010 et cela concerne surtout les couples avec enfants. C'est ce que révèle ce vendredi le premier rapport annuel de l'Observatoire national du 115.

Voici ici les tristes chiffres les plus emblématiques de cette situation plus que préoccupante déjà dénoncée l'été dernier par les personnels du 115.

+75% de demandes entre 2001 et 2010
"Malgré l'augmentation du nombre de places, (+58% entre 2004 et 2010), la capacité d'accueil du dispositif d'hébergement ne parvient pas à suivre la progression des besoins (+75% entre 2001 et 2010)", note le rapport rendu public par la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), qui pilote l'Observatoire national du 115. "Le constat est partout le même : un grand nombre de réponses négatives aux demandes d'hébergement", avec "plus de 40% et jusqu'à 65% des demandes (qui) ne donnaient pas lieu à l'attribution d'une place d'hébergement".

95% des demandes visent de l'hébergement
En 2010, "plus d'1,2 million d'appels ont été décrochés par les écoutants du 115" sur un échantillon de 20 départements (représentant plus de 55% de l'activité nationale du 115). Parmi ces appels, 95% concernent des demandes d'hébergement, le reste des demandes d'information.
Symbole de l'incapacité du gouvernement, la page web d'information consacrée au 115 sur le site service-public.fr n'existe plus

50% des demandes émanent de familles
Les demandes ont concerné en 2010 pour moitié des familles (75% à Paris). Si elles se voient attribuer en moyenne trois fois plus de nuitées que les hommes seuls, 37% d'entre elles ont été systématiquement hébergées en 2010 et 31% ne l'ont jamais été. Les jeunes de 18 à 25 ans représentent également 20% des personnes ayant sollicité le 115. 85% de leurs demandes d'hébergements ont été satisfaites en 2010.

43% d'appels sans solution de logement
"L'absence de places disponibles est le principal motif de non attribution". Sur les 20 départements étudiés pour 2010, cela concernait "43% des demandes d'hébergements n'ayant pas donné lieu à un hébergement". Le rapport constate également "une forte variation saisonnière des attributions de place". Ainsi, "en période de grand froid, les non-attributions baissent avec le renforcement temporaire des dispositifs d'hébergement", mais "la tendance repart à la hausse à partir du mois d'avril" et de la reprise des expulsions après la fin de la trêve hivernale.

53% des appels vont vers des centres d'urgence
En moyenne, en 2010, parmi les nuitées attribuées aux personnes sans abri (hors Paris), 53% ont été attribuées dans un centre d'hébergement d'urgence, 40% en hôtel, et 7% dans d'autres structures (hébergement de stabilisation, maison relais, ...).

1 nuité proposée seulement dans 55% des cas
Le nombre moyen de nuitées attribuées par le 115 est de 20, mais 55% des demandes n'ont donné lieu qu'à une seule nuit.

Des conclusions accablantes. "Non seulement les associations sont en difficulté pour assurer l'accueil inconditionnel des personnes à la rue", mais "le système démontre son incapacité à sortir les personnes de l'urgence pour les accompagner vers le logement", conclut le rapport, rappelant que "deux tiers des personnes qui ont sollicité le 115 en 2010, étaient déjà connues du dispositif d'urgence". Jeudi, la Cour des comptes a publié un rapport dénonçant les insuffisances et incohérences de la nouvelle politique lancée en 2009 pour l'hébergement des sans-abri, dont la population est passé en dix ans de 85.000 à 150.000 personnes.

Publié par l'Humanité

vendredi 9 décembre 2011

Huit millions de Français n'ont pas les moyens de se chauffer

"

Huit millions de personnes souffrent du froid parce qu'elles n'ont pas les moyens de chauffer leur logement": la campagne d'hiver de la Fondation Abbé Pierre alerte cette année sur la "précarité énergétique", en réclamant "une action massive" des pouvoirs publics.

A l'occasion du lancement de sa campagne d'affichage hivernale, jusqu'au 14 décembre, la Fondation réclame la création d’"un bouclier énergétique capable d’assurer à tous une capacité minimum à se chauffer". "En France, aujourd'hui, 3,8 millions de ménages souffrent de précarité énergétique, soit un ménage sur six, correspondant à 8 millions de personnes. Des personnes qui ne peuvent se chauffer et s’éclairer normalement, et parfois qui ne peuvent se chauffer du tout", explique-t-elle dans un communiqué. Parmi elles, "les ménages modestes vivant dans des maisons individuelles", dont "plus d'un million de propriétaires occupants", selon l'édition 2011 du rapport de la fondation sur le mal-logement.

La "précarité énergétique" n'a cessé de se développer ces dernières années. En cause: des loyers "qui ont bondi de 50% en 10 ans" et une "hausse dramatique des charges (gaz, électricité, fuel)". "Alors que l’hiver arrive, un tel phénomène n’est tout simplement pas acceptable et doit faire l’objet de toute l’attention des pouvoirs publics. Et d’une action massive et concrète. Sans attendre", plaide la Fondation Abbé Pierre. "Les mesures actuelles (tarifs sociaux, aide aux impayés...) sont beaucoup trop faibles. Elles n’allègent qu’une partie du public concerné et ne compensent pas les diverses augmentations subies par les familles les plus modestes", analyse-t-elle. "La période d’austérité budgétaire qui s’annonce ne peut affaiblir davantage les ménages touchés par la pauvreté ou la précarité", estime-t-elle.

Les affiches diffusées jusqu'à la mi-décembre dans toute la France montrent deux personnes âgées dans leur appartement aux murs défraîchis, dans les bras l'une de l'autre, enroulées dans une couverture, ou une femme et son fils dans un lit, sous les couvertures. "Ils s'aiment mais ce n'est pas ce qui les rapproche. Huit millions de personnes souffrent du froid parce qu'elles n'ont pas les moyens de chauffer leur logement. Agissons !", peut-on lire au bas des affiches.

Spectaculaire lancement, jeudi, à Paris, de la campagne hivernale de la Fondation Abbé-Pierre : deux militants ont passé toute la journée dans un appartement de trois mètres sur quatre, avec des trous béants à la place des fenêtres, reconstitué devant la fontaine des Innocents. Leur but ? Sensibiliser l’opinion à la précarité énergétique dont souffrent 8 millions de personnes, dans 3,7 millions de logements qualifiés de « passoires énergétiques ».

vendredi 2 décembre 2011

De 2003 à 2011 dans l’éducation : 14,4% de postes en moins


Les commissions des Finances et de l’Education du Sénat, dans leurs rapports respectifs sur le budget 2012 de l’Education nationale, ont sévèrement critiqué la politique menée, mettant en avant que le ministère avait perdu 165437 postes, soit 14,4% des effectifs.

Les crédits de l'enseignement scolaire pour 2012 devaient être examinés jeudi soir en séance au Sénat, et la majorité de gauche devait voter contre. Dans son rapport, la commission des Finances évoque "une logique d'affichage qui ne permet pas de lutter efficacement contre l'échec scolaire", "une gestion des ressources humaines qui a échoué à revaloriser le métier d'enseignant", "des élèves trop nombreux par classe et un taux d'encadrement médiocre".

"La vérité des chiffres" de 2003 à 2011, c'est "une baisse nette des effectifs du ministère de l’Education nationale" de "165437 ETP (emploi temps plein), soit 14,4% des effectifs". "Il s'agit de données sur le nombre de postes, en partie exercés à temps partiel, et non d'emplois temps plein travaillé (ETPT)", précise le rapport. Et entre 2007 et 2009, 93424 emplois de personnels techniciens, ouvriers et de service (TOS) ont été transférés aux collectivités locales.

"Les dépenses relatives aux heures supplémentaires (1,31 milliard d'euros en 2010-2011) représentent l'équivalent de 40000 d'emplois temps plein travaillé", selon les rapporteurs qui "recommandent de ne plus imposer d'heures supplémentaires qui alourdissent la charge de travail des enseignants qui ne le souhaitent pas, en augmentant parallèlement le nombre de postes offerts aux concours".

Le 17 novembre, lors de la discussion générale sur le budget, le rapporteur général de la commission des Finances, Nicole Bricq (PS), citait ce rapport en évoquant les "méfaits de la RGPP" (Révision générale des politiques publiques). Elle souligne aussi que les heures supplémentaires "tendent à devenir une variable d'ajustement de plus en plus utilisée pour combler la désorganisation du service public qui résulte de la suppression de 66000 postes depuis 2007".

La commission de la Culture et de l’Education a critiqué l'"absence d'ambition éducative", "une politique financière décorrélée des enjeux ", "une évolution des crédits en trompe-l'oeil", "un schéma d'emploi intenable après l'épuisement des leviers d'optimisation".

Conséquences de ce manque d’effectif, selon les rapports: "un système éducatif déboussolé" et "des performances insuffisantes et des personnels fragilisés".

Publié par l'Humanité

vendredi 25 novembre 2011

Patrimoine des Français : la "Belle époque" des plus riches


Selon la nouvelle enquête de l’Insee, les inégalités de patrimoine se sont accrues en France entre 2004 et 2010. Malgré la crise, les hauts patrimoines se portent très bien et restent détenus par une minorité d'héritiers, une concentration amplifiée par les allégements fiscaux sur les successions et que la suppression de l'impôt sur la fortune devrait encore aggraver.

Les riches toujours plus riches en matière de patrimoine, selon l'enquête de l'Insee sur le patrimoine des Français entre 2004 et 2010, le revenu disponible des 10% des ménages les plus modestes étant 4,2 fois moins élevé que celui des 10% les plus aisés. Quand les 10% les mieux lotis possèdent au moins 550.000 euros de patrimoine, les 10% les moins bien lotis n'ont pas plus de 2.700 euros chacun, soit 205 fois moins. Quant au 1% des ménages les plus riches, ils détiennent chacun 1,8 million d'euros d'avoirs financiers, immobiliers ou professionnels. "Les inégalités de patrimoine sont beaucoup plus marquées que celles des revenus", reconnaît l'Insee

Pour l'économiste Thomas Piketty, spécialiste de la fiscalité et des hauts revenus, cette enquête confirme que "les patrimoines se portent très bien. Il faut revenir à la Belle époque pour trouver un niveau aussi élevé". Le patrimoine global des ménages s'élève à près de 10.000 milliards d'euros. A ses yeux, "le problème n'est pas son niveau, mais sa répartition". Ainsi, les 10% les plus riches possèdent à eux seuls la moitié du patrimoine total et ont en moyenne plus de 1 million d'euros chacun. A l'inverse, les 50% les plus pauvres ont en moyenne 30.000 euros, ce qui correspond à une "voiture et deux/trois trois mois d'avance sur leur compte en banque". Et s'ils sont propriétaires de leur appartement, ils ont contracté un emprunt si bien que leur patrimoine net est très faible.

"consacrer toutes les marges de manoeuvre disponibles à ceux qui n'ont que le revenu de leur travail"

Autre enseignement de l'enquête: "il n'y pas de fuite des patrimoines importants hors de France", souligne M. Piketty. Une étude récente de la banque Crédit Suisse a d'ailleurs montré que la France comptait plus de millionnaires que n'importe quel pays européen. Pour l'économiste, cette concentration du patrimoine a été aggravée par la loi TEPA de 2007, qui a exonéré d'impôts 95% des successions, en attendant que se fassent sentir les effets de la refonte récente de la fiscalité du patrimoine, qui a divisé par deux l'ISF.

A rebours de la politique actuelle, "la priorité, c'est d'alléger au maximum l'impôt sur le revenu et d'augmenter les impôts sur le patrimoine", plaide M. Piketty, qui estime qu'il faut "consacrer toutes les marges de manoeuvre disponibles à ceux qui n'ont que le revenu de leur travail" et n'arrivent pas à accumuler un peu de patrimoine.

L'héritage ne bénéficie pas à ceux qui en auraient le plus besoin

Pour Thibault Gajdos, du CNRS, cette enquête illustre le rôle déterminant de l'héritage dans la constitution du patrimoine. Ainsi, le patrimoine médian des ménages héritiers est de 241.300 euros, contre 63.100 euros pour les non-héritiers. A ses yeux, ce n'est donc pas la hausse des prix de l'immobilier qui est responsable de cette "dérive des inégalités", mais "la simple transmission du patrimoine" opposant les héritiers, qui ont pu accéder à la propriété, à ceux qui ne disposent pas d'un patrimoine initial. En outre, relève-t-il, du fait du vieillissement de la population, "on hérite plus vieux". L'héritage ne bénéficie pas à ceux qui en auraient le plus besoin. L'écart entre le patrimoine des 20/29 ans et celui des 60-69 ans est de 1 à 10.

mercredi 16 novembre 2011

L'EMPLOI, A L'ABANDON !


L'emploi, une préoccupation totalement délaissée par le tandem Sarkozy-Fillon

Obnubilés par le triple A des agences de notation et les plans d'austérité successifs qui en découlent, Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon ne parlent plus du tout d'emploi ni de lutte contre le chômage. Pourtant, ils devraient, au vu des plans de licenciements de grande ampleur qui s'annonce chez Peugeot, la Société générale ou Paru Vendu, pour ne citer que les derniers en date.

Les dernières statistiques révélées ce mardi ne sont pas engageantes pour la France sur le front du chômage. L'emploi salarié stagne désormais, avec des créations d'emploi nettes quasiment nulles au troisième trimestre, sans perspective d'amélioration du marché du travail dans les semaines à venir, selon des économistes. A peine 7.400 postes ont été créés entre juillet et septembre dans les secteurs marchands non agricoles, après 78.300 au premier trimestre puis 33.000 au deuxième, selon les estimations de l'Institut national de la statistique et des études économiques publiées mardi.

Les plans sociaux vont s'accélérer

L'évolution est de 0,0% par rapport au deuxième trimestre (+1,0% sur un an), alors que l'emploi salarié était en hausse depuis début 2010. "Les signaux du côté du marché du travail suggèrent que la dynamique va probablement encore s'infléchir et que le point haut d'amélioration est derrière nous", a commenté Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis AM. Dans le langage de monsieur Tout-le-monde, les annonces de licenciements ou de plans sociaux vont s'accroître.

Sur un an, les effectifs salariés auraient augmenté de 159.500 emplois, selon les estimations de l'Insee et du ministère du travail, dont la majorité - quelque 158.200 emplois - dans le tertiaire. Pour les experts, il en faudrait davantage pour faire reculer de façon décisive le chômage alors que la population active augmente d'environ 140.000 personnes par an, qui doivent désormais travailler plus longtemps. En juillet, l'âge du départ à la retraite a enregistré un premier recul de quatre mois. dans le même temps, la croissance de l'économie a connu un coup d'arrêt. "L'emploi réagit toujours avec un ou deux trimestres de retard", souligne Hervé Boulhol, responsable France à l'OCDE. Pour compléter le sombre tableau prévisionnel, un analyste de Natixis ajoute qu'au vu des chiffres de l'emploi et de l'investissement, "on voit bien que les chefs d'entreprises ont réagi très vite à un environnement qui s'est dégradé. (...) On sent bien ce choc d'incertitude qu'on a eu au cours de l'été.".

2,78 millions de chômeurs en France. Le nombre des demandeurs d'emploi sans activité a atteint en septembre un niveau inégalé en près de douze ans, à 2,78 millions, avec, qui plus est, un accroissement du chômage de longue durée et des seniors. Le gouvernement est mal parti pour tenir sa promesse de refaire passer le taux de chômage sous la barre des 9% de la population active, malgré une diminution de 0,1 point lors du deuxième trimestre (9,1%).

vendredi 11 novembre 2011

Souffrance au travail: la crise pourrait mener à un pic de suicide


Alors que nos dirigeants n'ont d'yeux que pour les sautes d'humeurs des marchés, la crise frappe durement les travailleurs. Le stress et la peur de perdre son emploi font craindre à un pic de suicide à venir.


Souffrance au travail et crise forment un cocktail dangereux: c'est en substance ce qu'ont souligné des experts lors d'une journée nationale de l'écoute organisée cette semaine à Paris par S.O.S Amitié, certains allant jusqu'à redouter un "pic de suicides". Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à regarder ce qui se passe en Grèce, pays qui subit la crise de plein fouet, et où le nombre de suicides a augmenté de 40% au premier semestre 2011 comparé aux six premiers mois de 2010, selon une étude du Lancet. Étude qui note une augmentation des suicides dans l'ensemble des pays d'Europe depuis 2008. (voir à ce sujet : Une étude dénonce les ravages de la crise sur la santé des Grecs)

L'ex-médecin urgentiste Philippe Rodet, aujourd'hui reconverti dans le conseil aux entreprises, s'est dit "assez inquiet, parce qu'on va avoir une intersection entre deux phénomènes pour la première fois à ma connaissance dans notre Histoire: deux crises qui vont se superposer". Selon ce spécialiste du stress, une crise entraîne "une véritable souffrance" dont l'expression "est maximale trois ans après", ce qui a notamment été observé après la crise de 1929, avec des "pics de suicides en 1932".

"En 2011, trois ans après 2008, on traverse une phase très difficile et il y a de nouveau une crise qui apparaît, et j'ai très peur de l'intersection de ces deux phénomènes" s'inquiète-t-il. "Le point culminant, je pense qu'il est devant nous, qu'il est proche, et qu'il va demander une vigilance particulière", a-t-il insisté. .Philippe Rodet précise par ailleurs que les suicides ne sont que "la partie émergée de l'iceberg" des problèmes de souffrance au travail. "Si on compte le nombre d'infarctus dans les entreprises où il y a beaucoup de suicides, ces entreprises sont mal parties".

Tout en soulignant qu'il y a un "fort investissement des Français en entreprise", Jean-Claude Delgènes, directeur du cabinet Technologia qui a notamment travaillé sur la vague de suicides à France Télécom, a relevé que le travail était "de plus en plus maltraitant, de plus en plus subi". L'expert dit observer l'apparition de "suicides quasiment militants", en référence aux cas récents d'immolation et prévient en outre qu'"on va vers des homicides en entreprise".

Et c'est d'autant plus préoccupant que de nombreuses entreprises jugent que la lutte contre les risques psychosociaux (stress, violences, suicides...) sont moins une priorité en temps de crise. Selon lui, la France a l'un des taux de suicide les plus élevés d'Europe avec quelque 10.500 cas par an, et 15.000, si l'on compte les suicides "maquillés".

Article publié par l'Humanité

lundi 7 novembre 2011

RETRAITE, SANTE, EMPLOIS : DANS LE COLLIMATEUR DE FILLON


Fillon vient d’annoncer le deuxième volet de son plan de rigueur. Et ce n’est qu’une petite étape devant rapporter 7 milliards d’euros, dans un plan global de 65 milliards d’ici 2016. Et c’est une nouvelle fois la solidarité qui est attaquée.


Accélération de la réforme des retraites. L'application du passage de l'âge légal de départ en retraite à 62 ans devrait être avancée d'un an, soit 2017, ce qui a pour but de diminuer de 4,4 milliards d'euros les déficits des caisses retraites entre 2012 et 2016. Les générations nées entre 1952 et 1956 devront travailler quelques mois supplémentaires. Ce devrait être 8 mois de plus pour les salariés nés en 52.

Gel de l’indexation de l’augmentation de prestations sociales. Autrement dit, l’augmentation de certaines prestations sociales ne sera plus indexée sur l’inflation. Ce ne sera que de 1% l'an prochain, soit le niveau de la croissance, ce qui entraînera une nouvelle baisse du pouvoir d’achat. Ce sont les prestations familiales et les aides au logement qui seront touchées. L'augmentation aurait du être de 2,3% au premier janvier.

Un nouveau rabot est annoncé sur les dépenses de santé et de nouvelles niches fiscales seront supprimées. Sept cents millions d'euros d'économies supplémentaires seront réalisées sur les dépenses de santé et les "niches" fiscales seront réduites de 2,6 milliards supplémentaires.

Côté recettes, le taux réduit de la TVA sera porté de 5,5% à 7%, cela concernera la restauration, l'hôtellerie et les travaux du logement, mais non les produits de première nécessité, dont l'alimentation. Le gain estimé serait de 1,8 milliard d'euros. L'impôt sur les sociétés sera quant à lui majoré de 5% pour les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros. De même, le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) sur les dividendes et les intérêts porté de 19% à 24%.

Enfin, mesurette symbolique, Fillon a annoncé le gel du salaire du président de la République et des ministres. Le plafond de remboursement des dépenses de campagnes électorales a également été réduit de 5%.


Et la réplique de Jean-Luc Mélenchon à cette nouvelle rigueur, en vidéo




Jean-Luc Mélenchon au 13h de France 2 par lepartidegauche

mercredi 2 novembre 2011

Quand on pouvait représenter Mahomet


Depuis l’inadmissible attentat contre Charlie Hebdo, on lit un peu partout dans la presse que « l’Islam interdit la représentation du prophète ». Et bien ce n’est pas le cas. Et si on veut éviter que les thèses extrémistes se généralisent, autant éviter de les présenter comme des vérités.

Dans le Coran, rien sur la représentation de Mahomet. Les seules lignes qui pourraient y faire allusion concernent idolâtrie, ce qui est pour le coup fortement condamné par l’Islam. Le Coran regarde avec mépris ces « païens » qui adorent des images ; « Que signifient ces statues que vous adorez avec tant d'ardeur ? […]Honte sur vous et sur ce que vous adorez à l'exclusion de Dieu ! » Avant d’appeler à brûler les idoles. Pour consulter le passage complet, se reporter aux versets 50 à 70 de la sourate 21 du Coran.
La destruction des idoles fut édictée en loi temporelle en 721 et respectée dans le cadre de l’Islam, principalement, car les musulmans sont restés globalement respectueux des images religieuses chrétiennes. Une règle que tente de durcir sérieusement au XIIIème siècle l’école Chaféite (une des quatre écoles de pensée du Sunnisme), en promulguant un texte très austère qui interdit l’utilisation et la création de toute représentation figurée. Sur n’importe quel support, pour n’importe quel usage, ni fleur, ni animal et encore moins d’être humain. Cette représentation est « interdite en toute circonstance, parce qu'elle implique une copie de l'activité créatrice de Dieu ». Loi qui a été, on s’en doute, globalement peu respectée avant de tomber en désuétude, mais qui en attendant a permis à de nombreux artistes d’exceller en calligraphie.

Ce qu’il en reste est qu’il ne faut pas « adorer » une représentation, et que l’image sert avant tout comme distraction ou décoration. Et donc qu’effectivement, on ne rigole pas au quotidien avec le prophète. Mais aujourd’hui, les écoles de pensée de l’Islam ne se sont toujours pas mises d’accord sur une règle concernant la représentation. Seules deux règles semblent plus ou moins unanimement respectées au fil des siècles et aujourd’hui encore : on ne dessine pas dans les mosquées, et on n’illustre pas le Coran. Et ce, on le répète, pour éviter l’idolâtrie et ne pas distraire les fidèles de la prière.


Mais sur l’image de Mahomet, rien n’est dit. On peut d’ailleurs trouver au cours de l’histoire plusieurs représentations du prophète, effectuées par des artistes musulmans du monde entier. En voici quelques exemples des XV, XVI et même XIXème siècle dans la collection du Metropolitan Museum de New York. Mahomet est ainsi représenté dans des histoires du monde, des biographies illustrées qui lui sont consacrées (comme ci-contre, une représentation de Mahomet arrivant à La Mecque, datée du XVIème siècle, issue d'une exposition de la BNF). On le retrouve aussi représenté dans de nombreuses histoires de Prophètes, dont les Perses (en Iran) et les Indiens étaient très friands.
Enfin notons que de nombreux Chiites ne se sont pas encombrés de tels interdits et utilisent au quotidien de très belles icônes, notamment d’Ali.

Il serait donc de bon ton qu’on arrête de donner comme vérité l’interprétation étrange des plus extrémistes, parce que vraiment là, de plus en plus de gens y croient…

P.M., l'Humanité

lundi 31 octobre 2011

Marie-George Buffet. L'ex-ministre passe à table à Morlaix


Candidate du Parti communiste en 2007 lors des présidentielles, Marie-George Buffet était hier à Morlaix afin de soutenir les candidats du Front de gauche aux législatives. L'occasion d'un tour d'horizon de l'actualité.


Buffet et le Front de gauche. Pour la première fois depuis belle lurette, il n'y aura pas de candidat étiqueté PCF lors des présidentielles de 2012. De quoi faire enrager la communiste Marie-George Buffet, qui n'avait recueilli que 1,93% des voix en 2007? «Pas du tout. C'est d'ailleurs nous qui avons initié ce Front de gauche. On sent que cette démarche plaît et que les gens reviennent vers nous. Jean-Luc Mélenchon n'est pas membre du parti, mais nous le soutenons. En 2012, il faudra aller chercher un score à deux chiffres».

Buffet et les présidentielles. «Les citoyens veulent chasser Sarkozy. Il y a un très fort rejet de sa politique», note l'ancienne ministre, âgée de 62 ans. «Le Front de gauche peut être utile pour le battre. Nous voulons réussir en appliquant une véritable politique de gauche. Or, les propositions de Hollande ne vont pas vraiment dans ce sens».

Buffet et la primaire socialiste. François Hollande, justement, recueille-t-il les faveurs de celle qui fut secrétaire nationale du PCF de 2001 à 2010? «Je n'ai pas voté à la primaire socialiste. Parce que nous avons notre candidat. Et parce que le programme adopté par le PS ne permet pas de sortir de la crise».

Buffet et la crise. Ah, la crise... «Tant que l'Union européenne continuera à apporter les mêmes réponses, on ne sortira pas de la récession». Voilà l'opinion de Marie-George Buffet. «Si on veut relancer la croissance, il faut que les banques redonnent des crédits aux entreprises. Cela passe notamment par des nationalisations, de la Société Générale par exemple. Dans la solution apportée par l'Europe, une nouvelle fois la Banque centrale européenne ne jouera aucun rôle. Or, elle pourrait prendre en charge une partie de la dette et devrait aider les investissements de l'Etat. Avec la crise du pouvoir d'achat, il faut relancer les salaires. Nous n'avons rien entendu de tout cela chez Sarkozy. Comme si le mot salaire était tabou. Nous, nous proposons une hausse du Smic de 20%, soit 1.700 € brut».

Buffet et Douillet. «David Douillet? C'est le cinquième ministre des Sports depuis cinq ans... Il va exercer trois-quatre mois avec un budget peau de chagrin. De grands stades privés se construisent. Et il n'y a rien pour les petits équipements. C'est extrêmement grave pour la pratique sportive», juge l'ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports de 1997 à 2002.

Buffet et l'argent dans le sport. «Comme le dit Michel Platini, on va vers une crise des subprimes dans le sport. On ne peut plus continuer avec ces clubs endettés. Il faut contrôler les salaires des sportifs. Et que les équipes nationales reprennent le pas sur les clubs. Sinon on revivra encore des scènes comme le bus des footballeurs à Knysna en Afrique du Sud».

Buffet et les jeunes Morlaisiens. «L'âge n'est pas un problème. C'est une question de motivation et d'engagement», soutient Marie-George Buffet en évoquant la jeunesse du candidat du Front de gauche aux législatives de juin sur la circonscription de Morlaix (Ismaël Dupont, 32ans) et de sa suppléante (Marie Huon, 22 ans). «Il y a beaucoup d'énergie dans ce duo. Voir des jeunes s'engager, avec une autre histoire que la nôtre, c'est bien car ça nous bouscule».

Buffet et la Bretagne. «Je suis Bretonne d'adoption depuis 40 ans», sourit Marie-George Buffet, habituée à venir dans la région. Et encore plus depuis qu'elle possède une maison au Pouldu, à Clohars-Carnoët.

Ronan Tanguy, le Télégramme

jeudi 20 octobre 2011

Millionnaires en Europe : La France arrive en tête


Selon une étude annuelle de la banque helvétique Crédit Suisse, la France compte plus de millionnaires que les autres pays européens.

En France il n'y a pas que Liliane Bettencourt ou Bernard Arnault qui sont riches. Outre ces milliardaires, l'hexagone compte un certain nombre de millionnaires, 2,6 millions pour être précis. C'est le Crédit Suisse qui le révèle dans la dernière de son étude annuelle où les fortunes ne sont pas comptées en euro mais en dollar. En comparaison, le Royaume-Uni n'en « compte que » 1,6 million, et les Suisses 622.000. On apprend à la lecture du rapport que la fortune moyenne (financière, immobilière moins la dette) détenue par les ménages français est de 90.271 dollars. Mais également que le niveau des prix de l'immobilier reste très élevé, et représente les deux tiers des avoirs des ménages français. Enfin, « seulement » 12% des ménages seraient endettés.

Perspectives pour 2016 dans le monde

C'est la deuxième année qu'est publié un tel rapport. En un an, la progression de la richesse mondiale est de 18,4%, grâce à l'Afrique du Sud, l'Inde, l'Australie, le Chili et Singapour. La richesse moyenne par adulte dans le monde serait de 51.000 dollars, si l'on en croit au rapport. Les perspectives prévoient une hausse de 50% de la fortune mondiale à l'horizon 2016, année ou la Chine devrait devenir le deuxième pays le plus riche du monde à la place du Japon, mais derrière les États-Unis, qui garderaient la première place. Sur les cinq prochaines années, on observera vraisemblablement une grande amélioration de la position des économies émergentes. « En Chine comme en Afrique, la fortune devrait gagner plus de 90%, tandis que l’Inde et le Brésil feront probablement encore mieux, avec une fortune personnelle qui devrait plus que doubler d’ici à 2016 » analyse ainsi Michael O'Sullivan du Crédit Suisse.

Les pays les plus riches seraient donc cette année, avec une fortune moyenne supérieure à 100.000 dollars par adulte, situés en Amérique du Nord, en Europe occidentale, en Asie-Pacifique et au Moyen Orient. Mais la Suisse reste en tête, seul pays au monde, dont la fortune moyenne de ses habitants dépasse le seuil de 500.000 dollars par adulte.

Publié par France Soir

dimanche 16 octobre 2011

Les mutuelles vont augmenter en moyenne leurs tarifs de 4,7% en 2012


L’alourdissement de la taxation par le gouvernement des contrats de santé des mutuelles va pousser ces dernières à augmenter en moyenne leurs tarifs de 4,7% en 2012, a indiqué hier la Mutualité française.

Selon les explications données à la presse par le président de la Mutualité française Etienne Caniard, la taxe sera répercutée sur les cotisations des mutualistes à hauteur de 3,2% auxquels il faudra ajouter 1,5% correspondant à "l’évolution tendancielle des dépenses de santé" et à une "extrapolation des économies" décidées dans le cadre du budget de la Sécu, notamment des déremboursements de certains médicaments.

Le gouvernement a décidé dans le cadre de son plan de rigueur de doubler de 3,5% à 7% la taxe sur les contrats de santé "solidaires et responsables" des complémentaires santé (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance). Cette recette nouvelle doit rapporter 1,1 milliard en 2012 à la Sécurité sociale. La Mutualité a entrepris une intense campagne pour faire revenir le gouvernement sur sa décision de doubler la taxe sur les contrats de santé. Le doublement de la taxe est combattu par la gauche au Parlement.

Une majorité de Français contre la nouvelle taxe sur les mutuelles

Selon un sondage Harris Interactive pour la Mutualité Française publié le 13 octobre, 86% des personnes interrogées estiment que cette mesure va entraîner une baisse du pouvoir d’achat, 84% qu’elle va avoir pour effet de pousser certaines personnes à ne plus prendre de mutuelle, 81% qu’elle constitue une atteinte au modèle français de protection sociale et 81% également que, même en période de crise économique, le secteur de la santé ne devrait pas être concerné par les hausses de taxe.

lundi 10 octobre 2011

Les salariés malades sont une nouvelle fois visés


La diminution des indemnités journalières versées pour arrêt maladie va se traduire par des pertes de salaire.

L’augmentation des cotisations mutualistes ne suffit pas au gouvernement. Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012, il s’attaque aujourd’hui aux indemnités journalières. Actuellement, l’indemnisation des salariés par le régime général de la Sécurité sociale est de 50 % du salaire brut en cas de maladie. À compter du 1er janvier 2012, il serait fixé à 60 % du salaire net, ce qui reviendrait à 47,1 % du brut, soit une baisse de 3,7 %. L’exécutif justifie ce choix par la « dynamique » des arrêts maladie (6,6 milliards de dépenses en 2010, en hausse de 3,8 % par rapport à 2010, après une augmentation de 5,1 % en 2009). Une réponse qui hérisse la CGT. « Le gouvernement se fait le relais du patronat, pour qui “les salariés s’arrêtent par plaisir et les médecins rédigent des arrêts de complaisance” », dénonce le syndicat, rappelant que ce sont bel et bien « l’organisation et les situations de travail » qui « sont très souvent la cause de pathologies ».

Le gouvernement, qui vise, à travers cette mesure, une économie de 220 millions d’euros, passe d’ailleurs habilement sous silence l’impact concret de cette décision pour les malades. Sauf que, pour un salarié au smic (1 365 euros brut, 1 071 euros net), l’indemnisation mensuelle par la Sécurité sociale passerait donc de 680 euros à 640 euros. Sachant que près de 30 % des salariés, principalement des non-cadres, ne disposent d’aucun complément pour compenser cette chute de revenus. Pour les trois quarts des salariés qui bénéficient d’un complément de l’employeur, ce changement devrait être indolore, selon le gouvernement. C’est oublier que la baisse des indemnités journalières impactera mécaniquement les contrats complémentaires et induira des hausses de charges pour les entreprises.

Au passage, le gouvernement a également supprimé la disposition qui prévoit que les personnes ayant au moins trois enfants à charge bénéficient d’une majoration et touchent 66 % de leur salaire brut, soit 85 % de leur salaire net. Ce qui revient à baisser de 30 % leurs revenus futurs ! Cette mesure pour 2012 s’ajoute au changement du mode de calcul des mêmes indemnités journalières intervenu au 1er janvier 2011. Auparavant, elles étaient calculées sur un salaire journalier égal au 360e du salaire annuel. Depuis, elles le sont sur le 365e du salaire annuel. Cette mesure, restée très discrète, a diminué les indemnités journalières, donc le revenu des salariés malades de –1,4 %. Au final, si le projet passe, le gouvernement aura baissé, en l’espace de treize mois, les indemnités journalières de plus de 7 %.

Pas plus que les syndicats et les organismes sociaux, qui n’ont pas été conviés à discuter de cette mesure, les parlementaires n’auront leur mot à dire : cette mesure sera mise en œuvre par décret !

Alexandra Chaignon, l'Humanité

lundi 3 octobre 2011

ENVIRONNEMENT : TROU INQIUETANT SUR L'ARTIQUE


Un trou équivalent à cinq fois la surface de l'Allemagne s'est ouvert dans la couche d'ozone, au-dessus de l'Arctique.

C'est un trou d'une taille record, provoqué par un froid exceptionnel au Pôle Nord qui inquiète les scientifiques. Ce trou s'est déplacé durant une quinzaine de jours au-dessus de l'Europe de l'Est, de la Russie et de la Mongolie, exposant parfois les populations à des niveaux élevés de rayonnements ultra-violets

"Pour la première fois, la diminution a été suffisante pour qu'on puisse raisonnablement parler de trou dans la couche d'ozone en Arctique", estime l'étude publiée dimanche dans la revue scientifique britannique Nature.

Habituellement, le trou dans la couche d'ozone est beaucoup plus important en Antarctique qu'en Arctique : il y fait beaucoup plus froid. Le froid intense reste le facteur principal de la destruction de l'ozone. Les relevés effectués jusqu'alors au Pôle Nord indiquent que la diminution d'ozone est très variable et bien plus limitée que dans l'hémisphère sud. Le responsable est un phénomène connu sous le nom de "vortex polaire", un cyclone massif qui se forme chaque hiver dans la stratosphère arctique et qui l'an dernier est né dans un froid extrême, a expliqué Gloria Manney, du Jet Propulsion Laboratory, en Californie.

Des valeurs particulièrement basses ont été observées "durant 27 jours en mars et au début du mois d'avril, sur une surface d'environ deux millions de km2, soit à peu près cinq fois l'Allemagne ou la Californie", précise la scientifique. Un chiffre équivalent à la destruction de l'ozone en Antarctique au milieu des années 80.
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Courant avril, le vortex s'est déplacé au-dessus de régions plus densément peuplées de Russie, de Mongolie et d'Europe de l'Est durant une quinzaine de jours. Des mesures effectuées au sol ont montré "des valeurs inhabituellement élevées" d'ultra-violets avant que le vortex ne se dissipe, selon Mme Manney.

jeudi 29 septembre 2011

Dans la tête des Français : l'emploi, l'emploi, et encore l'emploi


Deux sondages, l'un effectué par LH2, l'autre par TNS-Sofres, montrent que l'emploi et la crainte du chômage occupent les premiers rangs des préoccupations des Français. Une angoisse qui se double d'un mécontentement grandissant, souligne TNS-Sofres.

Dans un contexte de crise, alors que le gouvernement vient de présenter un budget dont la priorité affichée est la réduction des déficits, coûte que coûte, les deux sondages publiés coup sur coup par LH2 et TNS-Sofres montrent où se situent les préoccupations des Français... et quelles sont les thématiques qui pourraient peser sur leur choix au moment de mettre leur bulletin dans l'urne pour la prochaine présidentielle.

Le premier, effectué pour la société Dom Plus et publié mercredi, montre que plus de 8 sondés sur dix placent l'emploi et la situation financière de leur foyer en tête d'une liste de sujets de préoccupation de la vie quotidienne. "Les Français ont placé, en écho au contexte de crise actuel, des thématiques économiques en premier lieu", se déclarant à 82% préoccupés par l'emploi - le leur ou celui de leurs proches - et leurs ressources, souligne le baromètre LH2/Dom Plus.

72% de ceux qui se disent préoccupés par les finances du foyer s'inquiètent notamment de la part qu'occupent dans leur budget les dépenses indispensables comme le logement ou l'alimentation. L'échantillon représentatif de 959 personnes, interrogées début septembre par téléphone, s'était vu proposer une liste de sujets potentiels de préoccupation, comportant aussi "état de santé", "retraite", "prise en charge d'un proche dépendant", "logement" et "équilibre entre vie privée et vie professionnelle". 79% ont indiqué que leur santé les préoccupait au quotidien, 72% mentionnant la retraite ainsi que la prise en charge d'un proche dépendant.


L'impression de vivre moins bien qu'avant

Parmi toutes ces thématiques, c'est encore l'emploi qui pour 72% des sondés devra être "abordé de façon prioritaire" dans la campagne présidentielle de 2012. Mais pour un Français sur deux (et 57% des 50-64 ans) un autre sujet à traiter pendant la campagne est celui des retraites "preuve que la réforme récente n'a pas clos ce chantier", soulignent les auteurs du baromètre.

Le deuxième sondage, effectué par TNS-Sofres par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 980 personnes, avait été commandé par l'Association des maires des grandes villes de France ; il a été publié ce jeudi par L'Humanité. Il montre que la crainte du chômage frappe 76% des ouvriers et 70% des cadres français. L'enquête précise que, globalement, 66% des Français ressentent le risque du chômage pour eux ou l'un de leurs proches.

En outre, 75% des Français ont l'impression que depuis quelques années, ils ont l'impression de vivre moins bien qu'avant, un taux en progression de 25 points depuis 1981, date où la question a été posée la première fois. L'inquiétude sociale des Français se double d'un mécontentement grandissant: 14% (+4 points sur 2009) jugent nécessaire de "radicalement transformer la société", 37% (+11 points) voudraient "la réformer en profondeur", soit une majorité de 51%, tandis que 25% (-7) souhaitent "l'aménager sur quelques aspects, mais sans toucher à l'essentiel".

Publié par TF1

vendredi 16 septembre 2011

ILS POSENT NUS POUR DEFENDRE L'ECOLE !


La maîtresse n'est même pas en maillot de bain, elle est nue. Pour protester contre "le dépouillement de l'école", des profs sont allés plus loin que cette comptine coquine "Hauts les mains, peau de lapin, la maîtresse...", un temps populaire dans les cours de récré, en faisant tomber leurs vêtements. Le temps d'une photo pour un calendrier. A l'origine de cette action, le "Collectif contre le dépouillement de l'école", un groupe d'enseignants syndiqués ou pas, "qui se battent pour une école publique de qualité".

Dans le manifeste publié sur leur site, ils dénoncent une "école nue", "abandonnée", "dégarnie", "dépouillée". Le champ lexical du dépouillement est étayé de maints exemples et moult causes. Au centre de leur colère principalement, les suppressions de postes décidées par le gouvernement, les classes surchargées, le manque de formation des jeunes profs (Lire notamment à ce sujet nos articles : "Formé nou plusse !" ou "On ne nous a même pas appris à apprendre !"). Si on devait résumer pour eux l'équation, cela donnerait : "école abandonnée" + "professeurs démunis" = "élèves appauvris, dépecés".

"Faisons de l'économie, pas des économies"


Et parce qu'un petit dessin vaut mieux qu'un long discours, le calendrier réalisé par les profs en tenue d'Eve et d'Adam illustre de manière courte et efficace leurs revendications. Chacun pose sur son estrade, son anatomie dissimulée par un bureau, un double-millimètre, un ouvrage. Sur le tableau derrière, un message écrit à la craie. "La princesse de Clèves... sans chemise", pour la prof de lettres modernes ; "Faisons de l'Economie, pas des économies", pour l'enseignant de Sciences économiques et sociales, "Mieux vaut classe bien faite que classe bien pleine", estime un autre professeur de lettres, "la fonction éducation est décroissante", dit celle en mathématiques...

Au total douze messages pour douze mois et un appel pressant aux "responsables politiques français, pour qu'ils agissent résolument contre le dépouillement de l'Education nationale". Ils sont prévenus, la maîtresse grondera plus fort encore le 27 septembre prochain lors d'une grande journée de mobilisation.

Par Amélie Gautier, TF1

mardi 13 septembre 2011

CANTINE INTERDITE POUR ENFANTS DE CHOMEURS !


La cantine scolaire est réservée en priorité aux enfants de la commune dont les deux parents travaillent." La phrase se retrouve dans nombre de réglements d'établissements d'enseignement. Seulement, restreindre l'accès des enfants à ce service en fonction de l'activité professionnelle de leurs parents ou de leur commune de résidence constitue une discrimination aux yeux de la loi. Et ces décisions municipales sont régulièrement retoquées par les tribunaux administratifs en vertu du principe d'égalité devant le service public.

Une rapide recherche sur Internet montre que de nombreux services de restauration scolaire utilisent ces critères pour restreindre l'accès, arguant du manque de places. Le journal L'Humanité annonce en avoir identifié plus de soixante-dix. Le Monde.fr a répertorié sur une carte quelques cantines contrevenant à ces dispositions, notamment dans des grandes villes.

A Bordeaux, par exemple, on trouve, dans le règlement intérieur de la restauration scolaire de Bordeaux, cette précision sur l'accès au réfectoire : "Le service municipal de la restauration scolaire est prioritairement réservée aux enfants dont les deux parents travaillent".

En regardant de plus près les règlements et conditions d'accès à la cantine, on peut distinguer ceux qui évoquent explicitement la question du chômage. Ainsi la mairie de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) propose-t-elle l'élaboration d'un "planning sur justificatifs (pdf)" qui autorise l'accès à la cantine aux enfants de demandeurs d'emploi quelques jours par semaine seulement. "Le bénéfice du service est maintenu pendant un mois" si l'un des parents perd son emploi. À Quincy-Voisins (Seine-et-Marne), en revanche, il est précisé que "les demandeurs d'emploi sont considérés comme actifs".

Dans la majorité des cas, l'inscription est déclarée "ouverte à tous", avec cependant, à cause de places limitées, un ordre de priorité selon les situations familiales. Le fait que les deux parents travaillent est souvent en tête de liste. Avec, en creux, l'idée que les enfants de chômeurs auraient moins de difficultés à déjeuner chez eux le midi.

DES RÈGLEMENTS ILLÉGAUX CASSÉS PAR LA JUSTICE

Interrogé par Le Monde.fr, Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), demande aux parlementaires de "faire valoir dans la loi ce que les tribunaux administratifs condamnent". La FCPE a lancé lundi 12 septembre un appel en ce sens.

La FCPE affirme avoir systématiquement gagné devant les tribunaux administratifs. Et déplore l'inaction des préfets qui laissent passer ces reglèments votés en conseil municipal, en sachant très bien qu'ils sont illégaux.

Jacques Pélissard, maire UMP de Lons-le-Saunier (Jura) et président de l'Association des Maires de France (AMF) est plus mesuré. Selon lui, il "une loi d'exclusion serait un échec", et il vaut mieux avoir "une approche plus constructive". Il va lancer un "état des lieux" permettant de connaître le nombre de cantines concernées et de trouver des solutions.

Le manque de place n'est pas une excuse selon Jean-Jacques Hazan. "Une fois que l'interdiction est levée, il n'y a plus de problème de place" et les cantines acceptent tous les enfants.

Parmi les solutions possibles, Jacques Pélissard évoque la possibilité de proposer deux services chaque midi, comme dans sa propre commune, ou encore l'extension des locaux. Il est persuadé que le groupe de travail au sein de l'AMF pourra faire preuve d'un peu d'imagination et trouver des mesures adaptées qui respectent à la fois "le principe d'égalité et le principe de réalité".

Publié par le Monde

vendredi 9 septembre 2011

LES GENTILS ET LES MECHANTS


Une étude américaine relayée par le Wall Street Journal révèle que les travailleurs "aimables" touchent près de 20% de moins que leurs collègues "désagréables".

Les chercheurs ont analysé les données collectées sur près de 20 ans par trois enquêtes différentes, impliquant 10 000 travailleurs représentatifs d'un large éventail de professions, de salaires et d'âges. Ces trois enquêtes ont évalué l'amabilité de trois façons différentes. Pour des résultats identiques : les hommes dont l'amabilité était en dessous de la moyenne ont gagné environ 18% de plus (9772$ annuels) que les gentils. Les femmes désagréables, quant à elles, n'ont gagné que 5% (1828$) de plus.

Les chercheurs ont aussi invité 460 étudiants en cursus commercial à agir comme les responsables des ressources humaines d'une entreprise fictive. Ils leur ont présenté des candidats à un poste de consultant en utilisant des descriptions relativement courtes et explicites. Résultat : Là encore, les hommes décrits comme agréables étaient moins susceptibles d'obtenir le poste.

Pour les hommes, être agréable pourrait ne pas correspondre "aux attentes d'un comportement masculin", écrivent les chercheurs. D'autant que les gentils pourraient aussi moins s'impliquer dans les négociations salariales. "Le problème est que de nombreux gestionnaires ne réalisent pas qu'ils récompensent les gens déplaisants", conclue Beth A. Livingston, co-auteure de l'étude.

D'autres recherches pointent la dangerosité des comportements agressifs au travail. Comme cette étude, publiée il y a quelques jours lors de la réunion annuelle de l'American Psychological Association, qui a constaté que 86% des 289 travailleurs de trois entreprises étudiées ont rapporté des cas d'incivilité au travail : insultes, humiliations... ce qui, pour les chercheurs, est finalement nocif pour l'entreprise. Surprenant !

Mais... qu'en pensent les agences de notation ?

Publié par : Les mots ont un sens

mercredi 7 septembre 2011

Austérité : le rapport qui accuse


La conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced, organisme de l’ONU) a publié son rapport 2011 intitulé "L’enjeu des politiques publiques d’après crise dans l’économie mondiale".

La Cnuced estime que "passer d’une politique de relance à la rigueur budgétaire irait à l’encontre du but recherché, en particulier dans les pays les plus développés qui ont été durement touchés par la crise financière. Dans un tel contexte une politique d’austérité budgétaire pourrait freiner la croissance du PIB et des recettes budgétaires, et serait contre productive sur le plan de l’assainissement budgétaire".

Le rapport, qui revient sur les cause des déséquilibres budgétaires, rappelle que ces derniers n’ont pas été un élément moteur de la crise, mais plutôt une de ses conséquences".

"C’est la crise qui a provoqué une importante détérioration des comptes du secteur public, les opérations de sauvetage des institutions financières menées par les pouvoirs publics ayant contribué pour une grande part au déficit".

Le rapport balaie l’argument qui justifie l’austérité par la "nécessité d’obtenir la confiance des marchés financiers."

Pour en savoir plus, le site de la Cnuced

jeudi 1 septembre 2011

LIBYE-FRANCE : ACCORD PETROLE/SOUTIEN REBELLION


La France aurait conclu un accord secret avec le Conseil national de transition lui attribuant 35% du pétrole libyen en échange de son soutien à la rébellion, écrit jeudi le quotidien français Libération.

Le journal affirme s'être procuré une lettre du CNT envoyée le 3 avril dernier à l'émir du Qatar dans laquelle le Conseil indiquait avoir signé "un accord" attribuant 35% du total du pétrole brut à la France en échange du soutien "total et permanent" à l'organe politique suprême de la rébellion libyenne.

Dans une interview accordée jeudi à la radio RTL, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré "ne pas avoir connaissance d'une telle lettre". Dans le même temps, le chef de la diplomatie française a jugé "logique" que les pays ayant soutenu les rebelles soient privilégiés dans la reconstruction de la Libye.

La France a été le premier Etat occidental à recevoir les représentants du Conseil national de transition, formé par la rébellion anti-Kadhafi à Benghazi, ainsi qu'à le reconnaître en tant que seule autorité légitime du pays.

mardi 30 août 2011

RENTREE SOCIALE : L'OPINION DE LA CGT


Pour nous, la note, ce n'est pas un Triple A, c'est un Triple Zéro».

Bernard Thibault, qui a fait sa rentrée devant la presse, a livré en ces termes l'évaluation faite par la CGT de la politique gouvernementale face à la crise.

Par Yves Housson, pour l'Humanité

Pour le secrétaire général de la première centrale syndicale française, qui doit être reçu lundi après midi par François Fillon, le paquet de mesures de «rigueur» annoncé mercredi «s'inscrit dans la droite ligne des réformes précédentes», telles celle des retraites ou la Révision générale des politiques publiques.

Il rejoint les plans adoptés ailleurs en Europe, une Europe «plongée dans la pire des situations depuis plusieurs décennies avec plus de 23 millions de chômeurs», et où «la seule réponse des dirigeants repose sur l'adoption de mesures d'austérité, la pression sur les salaires, la réduction des services publics, de la sécurité sociale, des pensions, un durcissement des conditions de travail et de vie».
«Il ne peut y avoir de consensus sur de telles bases», a tranché le leader de la CGT, évoquant les mesures Fillon, qu'il s'agisse d'une taxation des plus riches relevant «uniquement de la symbolique politique», du maintien du dogme de la suppression d'emplois dans la fonction publique, de l'accès aux mutuelles santé rendu plus onéreux... «Il peut y avoir «front commun» pour s'attaquer aux marchés financiers, ajoute-t-il, mais certainement pas pour leur obéir et faire passer la pilule auprès des salariés».
Quant à la «règle d'or» de l'équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voudrait voir inscrite dans la Constitution, ce n'est rien d'autre qu'une «supercherie qui se transformerait en règle de plomb pour amplifier les réformes antisociales».

Au demeurant, pour la CGT, qui récuse ainsi l'analyse de fond de la situation faite par le gouvernement, la crise ne trouve pas son origine dans un «dérapage des dépenses publiques», mais dans «l'effondrement des recettes». Il y aurait d'ailleurs, si on le voulait, «beaucoup de ressources supplémentaires à collecter» pour l'Etat, fait valoir Bernard Thibault.
Une réforme «en profondeur» de la fiscalité, sur le revenu comme sur les sociétés, fait partie de la dizaine d' «exigences» portées par le syndicat en cette rentrée, et qui devraient être «autant d'axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires» (voir encadré).
Car, pour la CGT, la mobilisation des salariés est, bel et bien, d'ores et déjà à l'ordre du jour. «Le monde ne s'arrête pas de tourner parce qu'il y a des élections présidentielles dans 9 mois», «la situation appelle une intervention forte des salariés» a noté le leader du syndicat.

Avant d'indiquer que, «à l'unanimité», les responsables des fédérations professionnelles et des unions départementales, réunies jeudi en assemblée générale, se sont prononcés «pour que l'intersyndicale s'oriente sur l'organisation d'une journée de mobilisation interprofessionnelle au début octobre avec l'organisation de manifestations et la mise en débat de grèves décidées dans les entreprises avec les salariés».

L'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) doit se réunir le 1er septembre. Bernard Thibault estime qu'il y a «de fortes probabilités» pour que cette réunion débouche sur la décision d'une action commune. Il y a des «contacts réguliers», «les avis progressent», a-t-il noté.

Les 10 exigences pour la rentrée
1. «Conditionner toute aide publique au respect de critères portant sur l'emploi, les politiques salariales des entreprises et donner des moyens d'intervention aux salariés sur le bienfondé et l'usage de ces aides».
2. «Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures suppoémentaires».
3. «Agir sur les salaires dans le privé et dans le public. Nous revendiquons l'iouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires par anticipation au titre de 2012».
4. «Développer les politiques publiques et notamment donner les moyens indispensables aux politiques d'éducation, de santé, de recherche.»
5. «Stopper les suppressions d'emplois, voire créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics».
6. «Contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements en élargissant les pouvoirs d'intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voir leur filière d'activité».
7. «Réformer la fiscalité en profondeur. Améliorer la progressivité de l'impôt sur le revenu, créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus. Augmenter l'Isf. Supprimer les niches fiscales inutiles. Taxer et/ou soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction (...). Transformer l'impôt sur les sociétés. Il pourrait augmenter pour les entreprises qui utilisent leurs bénéfices pour capitaliser ou verser de gros dividendes et baisser pour les entreprises qui embauchent, augmentent les salaires, investissent dans l'outil de travail, la recherche, la préservation de l'environnement...»
8. «Créer un pôle financier pubvlic et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l'investissement productif».
9. «Au plan européen et international, taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux».
10. «Mettre en place un fonds européen de solidarité sociale et de développement économique».

dimanche 28 août 2011

LE NOUVEAU PARTI COMMUNISTE / PIERRE LAURENT


Le numéro un du PCF publie un livre dans lequel il précise sa stratégie vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon en vue de 2012.

Pierre Laurent ne ménage pas ses ambitions. Élu secrétaire national en juin 2010, il veut débarrasser le Parti communiste français des oripeaux du XXe siècle pour en refaire «un acteur majeur de la vie politique nationale». Le successeur de Marie-George Buffet publie un livre, Le Nouveau Pari communiste. Comme celui de Jean-Luc Mélenchon, Qu'ils s'en aillent tous, qui fut un succès…

Laurent voudrait bien faire mentir ceux qui voient le PCF se dissoudre dans l'alliance avec Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, désigné par les militants communistes comme leur candidat au sein de la coalition du Front de gauche. Ne pas avoir de candidat issu de ses rangs est un lourd défi à relever pour un parti qui a réalisé moins de 2% en 2007. Son université d'été, aux Karellis (Savoie) ce week-end, en même temps que celle du PS à La Rochelle, coïncide aussi avec celle du Parti de gauche qui se tient non loin de là, à Grenoble. Même si deux meetings communs sont prévus, vendredi soir et dimanche matin, chacun conserve son pré carré.

«L'humain d'abord»

Récemment désigné président du conseil national de campagne du Front de gauche, Pierre Laurent doit donc rappeler ses forces militantes: 130.000 adhérents revendiqués et 10.000 élus locaux. Et préciser que la campagne présidentielle se fera conjointement avec celle des législatives. Le PCF, souligne-t-il, prévoit de «revenir à la prééminence des élections parlementaires en les démocratisant». Une évolution qui serait rendue possible par la refonte des institutions dans une VIe République.

Dans son livre, Pierre Laurent s'en prend vivement à Nicolas Sarkozy. «Un second mandat Sarkozy serait un cauchemar», juge-t-il. Pour autant, il ne voit pas la partie gagnée, malgré les sondages. «Déloger Nicolas Sarkozy et les siens, et surtout sa politique, ne sera pas facile», écrit-il. Laurent espère donc que la gauche sera à la hauteur. En particulier pour «la première grande bataille avant 2012», celle contre la «règle d'or» voulue par le chef de l'État. Si elle devait être adoptée, ce serait «l'austérité à perpétuité et les pleins pouvoirs aux marchés financiers». Objectif, donc: «que pas une voix de gauche ne manque pour rejeter ce projet» alors que Laurent voit déjà qu'au PS certains «ont les genoux qui flanchent»

«L'humain d'abord et plus les marchés financiers»: tel est le titre du programme «partagé» du Front de gauche, qui sera présenté à la Fête de l'Humanité, les 17 et 18 septembre.

Pierre Laurent, Le Nouveau Pari communiste, Cherche Midi, 120 pages, 10 €

Publié par le Figaro

jeudi 25 août 2011

CHOMAGE RECORD EN FRANCE


Le chômage en France a poursuivi en juillet la remontée amorcée en mai, pour retrouver un niveau sans précédent depuis plus de 11 ans, montrent les statistiques publiées par le ministère du Travail et Pôle Emploi.

Le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A (ceux n'ayant exercé aucune activité au cours du mois) en France métropolitaine a augmenté de 36.100 (+1,3%) le mois dernier pour s'établir à 2.756.500.

Il s'agit du chiffre le plus élevé enregistré pour cette catégorie depuis février 2000, selon les statistiques du ministère.

Sur un an, le nombre de chômeurs en catégorie A progresse de 2,8%.

En ajoutant les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), la hausse du nombre de demandeurs d'emploi est ramenée à 0,6%, soit 24.300 personnes de plus en un mois, pour atteindre 4.128.000. En rythme annuel, la progression pour ces trois catégories confondues est de 4,3%.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand a reconnu que les chiffres étaient "mauvais comme l'ont été ceux des deux mois précédents".

lundi 22 août 2011

Une rentrée universitaire toujours plus chère


L'enquête de l'UNEF rendue public déplore un coût de la rentrée universitaire 2011 en hausse de 4,1%, une augmentation deux fois plus importante que le taux d'inflation.

Depuis l'an 2000 l'UNEF calcul le coût de la rentrée universitaire dans son "panier de la rentrée". Si la facture augmente chaque année, c'est la première fois depuis 4 ans qu'elle est si importante. Ces quatre dernières années les hausses étaient contenues à moins de 3,5%.

L'UNEF déplore cette augmentation qui creuse encore un plus l'écart entre les différents milieux sociaux « Aujourd’hui, la possibilité de faire des études et de les réussir dépend largement de son origine sociale et familiale ». Principale cause de cette augmentation, le logement qui se flambe de 8,9% dans la capitale et de 1,9% en province. Tandis que l'aide, elle, n'a augmenté que de 1,1%. Le transport fait aussi parti des bêtes noires du budget de l'étudiant, sachant que cette année l'Etat a décidé de supprimer l'aide de 153 euros allouée aux boursiers.

Les frais d'inscription à l'Université, à la sécurité et les tickets du restaurants universitaires (RU) sont également en hausse. En juillet, le premier syndicat étudiant, avait dénoncé les fortes augmentations "illégales" des frais d'inscription pratiquées par 28 universités qualifiées de "hors la loi".

Une rentrée toujours plus chère... et un dixième mois de bourse toujours en attente. Promis par le gouvernement en 2009, versé partiellement en 2010, les boursiers ne sont toujours pas sûrs de percevoir leur aide en septembre.

Laurent Wauquiez, nouveau ministre de l'enseignement supérieur, indiquait fin juillet qu'il manquait toujours 80 millions d'euros pour financer la totalité de cette mesure.

Publié par l'Humanité

vendredi 19 août 2011

Rentrée Littéraire : La révolution numérique aura-t-elle lieu?



La rentrée littéraire 2011 marquera-t-elle l’avènement du livre numérique ? Alors que plus de 650 ouvrages sont attendus en librairie dans les semaines à venir, de nombreux observateurs considèrent cette rentrée 2011 comme le point de départ d’une véritable révolution numérique: "C’est une rentrée historique sur le plan du livre numérique, commente Christine Ferrand, rédactrice en chef de Livre Hebdo, au micro de France Inter. Pour la première fois, les principaux éditeurs de littérature publient en papier et en format numérique les nouveautés de la rentrée."


Pourtant, seuls 40 nouveaux romans issus de la rentrée littéraire sont, à ce jour, disponibles en téléchargement sur les plateformes de vente en ligne. Ce départ encourageant sera-t-il suffisant pour véritablement basculer dans une révolution numérique ? En effet, ces chiffres semblent assez loin des éditions précédentes où le taux de titres disponibles était passé de 7% en 2009 à 15% en 2010.
1% du chiffre d’affaire des éditeurs
Si la demande s’accentue auprès du public, les livres numériques, bien que 10 à 20% moins cher seulement qu’un livre papier, restent encore peu répandus dans l’hexagone – environ 1% du chiffre d’affaire des maisons d’éditions - notamment à cause des prix élevés des tablettes et liseuses.

Une bonne nouvelle pour le directeur des éditions P.O.L, Paul Otchakovsky-Laurens, pour qui le livre papier n’a pas encore de raisons d’être inquiété par le format numérique : "Entre le réseau de librairies d’une part, le prix unique de l’autre, la concurrence "déloyale" que pourrait exercer le numérique sur le papier n’a pas lieu, analyse-t-il sur France Inter. C’est un support qui s’installe progressivement sans créer de dommages." Révolution ou simples réaménagements? Première réponses dans quelques semaines…
O.S, pour MyBoox

mardi 16 août 2011

Warren Buffett, l'homme qui voulait payer plus d'impôts

Par Pierre Haski | Rue89


Le milliardaire, qui paie relativement moins d'impôts que ses employés, appelle Obama à « arrêter de cajoler les riches ».

Certains le traiteront d'hypocrite, d'autres de doux rêveur, certains penseront qu'il est en train d'acheter sa place au paradis… Warren Buffett, l'un des hommes les plus riches au monde, vient de prendre sa plume pour demander à… payer plus d'impôts.

Ce financier américain, qui fêtera dans quelques jours ses 81 ans et qui pèse au bas mot 50 milliards de dollars (34 milliards d'euros), a publié dans le New York Times une tribune pour se plaindre que ses impôts, et ceux de ses « amis super-riches » comme il les décrit lui-même, ne sont pas assez élevés alors que la classe moyenne et les plus pauvres souffrent des conséquences de la crise financière.

Il donne des chiffres : sa dernière feuille d'imposition fait apparaître qu'il a dû payer plus de six millions de dollars (4 millions d'euros) au Trésor américain. Une somme coquette, mais dont il fait observer qu'elle ne correspond qu'à 17,4% de son revenu imposable, grâce à des tas d'exemptions fiscales et de déductions parfaitement légales. Avec ce résultat très paradoxal :

« C'est moins que ce que payent les vingt autres personnes de mon bureau. Leur imposition va de 33 à 41% de leurs revenus, avec une moyenne à 36%. »

Il ajoute ce commentaire qui en dit long sur la place de la finance dans le capitalisme d'aujourd'hui :

« Si vous faites de l'argent avec de l'argent, comme le font certains de mes amis super-riches, votre pourcentage pourra même être encore plus bas que le mien. Mais si vous gagnez votre vie avec un travail, votre pourcentage sera supérieur au mien, et sans doute de beaucoup. »

Il faut augmenter les impôts des plus riches

Une situation qui, selon lui, n'était pas le cas dans les années 80 et 90. Entre 1992 et 2008, alors que les revenus des 400 Américains les plus riches a décuplé, leur taux d'imposition moyen est passé de 29,2% à 21,5%.

Warren Buffett fait donc une proposition au Comité conjoint qui a été récemment décidé par Barack Obama et son opposition républicaine pour trouver des solutions au problème du déficit budgétaire : augmenter les impôts des plus riches.

Il suggère de ne pas toucher à l'imposition de 99,7% des contribuables américains, mais de n'augmenter les impôts que de ceux qui déclarent plus d'1 million de dollars de revenus par an, soit 236 883 personnes en 2009, et plus encore pour ceux qui gagnent plus de 10 millions de dollars par an, et qui étaient quand même 8 274 en 2009.

Sa conclusion :
« Mes amis et moi avons été cajolés pendant trop longtemps par un Congrès ami des millionnaires. Il est temps que notre gouvernement devienne sérieux sur le partage des sacrifices. »

Warren Buffett n'est pas qu'un riche excentrique. Il est l'un des gourous de la finance américaine, avec son fonds Berkshire Hathaway, dont le succès lui a valu le titre de « meilleur investisseur du XX° siècle ». Il est un des personnages emblématiques du capitalisme américain, dont les paroles et les conseils sont suivis aveuglément par les petits porteurs.

Le choix de la philanthropie

Depuis le début des années 80 et sa formidable réussite financière, réalisée à coups d'investissements judicieux, d'une bonne lecture du marché et d'audace récompensée, Warren Buffett est aussi un grand philanthrope, dans la grande tradition américaine.

Il y a un an, Warren Buffett s'était associé à Bill Gates, un de ses grands amis « super-riches » (Gates siège au conseil d'administration de Berkshire Hathaway), pour lancer une initiative sans précédent et sans équivalent au monde : ils ont lancé le « giving pledge », un « engagement de don » par lequel qu'ils s'engagent à donner la moitié de leur fortune à des oeuvres humanitaires. Une quarantaine de milliardaires avaient signé ce « pledge », dont Marc Zuckerberg (Facebook), Larry Ellison (Oracle), ou encore le fondateur de CNN, Ted Turner.

Warren Buffett avait déjà promis 80% de sa propre fortune à la fondation de Bill et Melinda Gates, très active dans la lutte contre le sida et pour la vaccination dans le monde en développement.

La taxation des super-riches comme solution au déficit budgétaire ? Sans doute pas, comme le montrait, chiffres à l'appui, notre blogueur Jean Matouk lorsque la rumeur avait circulé que Bill Gates était « plus riche que l'Amérique »…

Mais la fin de cette injustice déjà choquante en période faste mais carrément inacceptable en temps de crise, du fait que les plus riches payent en pourcentage moins d'impôts que le reste de la population, et que le capital est moins impos que le travail, peut constituer une partie de la réponse, à côté des économies budgétaires et des mesures d'austérité qui sont en train d'être imposées un peu partout.

En France, le débat est d'abord politique


En France, le gouvernement se refuse à aller dans cette direction, se contentant de parler de l'élimination de certaines « niches fiscales », ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

A gauche, Martine Aubry a clairement annoncé la couleur, dans une tribune publiée vendredi dans Le Monde, qui va exactement dans le même sens que les remarques de Warren Buffett : « Les revenus du capital cesseront d'être moins taxés que ceux du travail. »

La candidate à la primaire socialiste s'est néanmoins attirée une attaque en règle de Valérie Pécresse, la ministre du budget, qui a accusé Martine Aubry de préparer des augmentations d'impôts, une antienne qu'on entendra sans doute beaucoup pendant la campagne.

Les super-riches, eux, se taisent. Peut-être que la différence entre les Etats-Unis et la France, c'est qu'ici, ce sont les politiques qui s'écharpent sur les impôts, tandis que de l'autre côté de l'Atlantique, les plus riches devancent l'appel et proposent de participer à l'effort collectif. Allo Liliane (Bettencourt), François (Pinault), Bernard (Arnault) ? …