jeudi 29 septembre 2011
Dans la tête des Français : l'emploi, l'emploi, et encore l'emploi
Deux sondages, l'un effectué par LH2, l'autre par TNS-Sofres, montrent que l'emploi et la crainte du chômage occupent les premiers rangs des préoccupations des Français. Une angoisse qui se double d'un mécontentement grandissant, souligne TNS-Sofres.
Dans un contexte de crise, alors que le gouvernement vient de présenter un budget dont la priorité affichée est la réduction des déficits, coûte que coûte, les deux sondages publiés coup sur coup par LH2 et TNS-Sofres montrent où se situent les préoccupations des Français... et quelles sont les thématiques qui pourraient peser sur leur choix au moment de mettre leur bulletin dans l'urne pour la prochaine présidentielle.
Le premier, effectué pour la société Dom Plus et publié mercredi, montre que plus de 8 sondés sur dix placent l'emploi et la situation financière de leur foyer en tête d'une liste de sujets de préoccupation de la vie quotidienne. "Les Français ont placé, en écho au contexte de crise actuel, des thématiques économiques en premier lieu", se déclarant à 82% préoccupés par l'emploi - le leur ou celui de leurs proches - et leurs ressources, souligne le baromètre LH2/Dom Plus.
72% de ceux qui se disent préoccupés par les finances du foyer s'inquiètent notamment de la part qu'occupent dans leur budget les dépenses indispensables comme le logement ou l'alimentation. L'échantillon représentatif de 959 personnes, interrogées début septembre par téléphone, s'était vu proposer une liste de sujets potentiels de préoccupation, comportant aussi "état de santé", "retraite", "prise en charge d'un proche dépendant", "logement" et "équilibre entre vie privée et vie professionnelle". 79% ont indiqué que leur santé les préoccupait au quotidien, 72% mentionnant la retraite ainsi que la prise en charge d'un proche dépendant.
L'impression de vivre moins bien qu'avant
Parmi toutes ces thématiques, c'est encore l'emploi qui pour 72% des sondés devra être "abordé de façon prioritaire" dans la campagne présidentielle de 2012. Mais pour un Français sur deux (et 57% des 50-64 ans) un autre sujet à traiter pendant la campagne est celui des retraites "preuve que la réforme récente n'a pas clos ce chantier", soulignent les auteurs du baromètre.
Le deuxième sondage, effectué par TNS-Sofres par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 980 personnes, avait été commandé par l'Association des maires des grandes villes de France ; il a été publié ce jeudi par L'Humanité. Il montre que la crainte du chômage frappe 76% des ouvriers et 70% des cadres français. L'enquête précise que, globalement, 66% des Français ressentent le risque du chômage pour eux ou l'un de leurs proches.
En outre, 75% des Français ont l'impression que depuis quelques années, ils ont l'impression de vivre moins bien qu'avant, un taux en progression de 25 points depuis 1981, date où la question a été posée la première fois. L'inquiétude sociale des Français se double d'un mécontentement grandissant: 14% (+4 points sur 2009) jugent nécessaire de "radicalement transformer la société", 37% (+11 points) voudraient "la réformer en profondeur", soit une majorité de 51%, tandis que 25% (-7) souhaitent "l'aménager sur quelques aspects, mais sans toucher à l'essentiel".
Publié par TF1
vendredi 16 septembre 2011
ILS POSENT NUS POUR DEFENDRE L'ECOLE !
La maîtresse n'est même pas en maillot de bain, elle est nue. Pour protester contre "le dépouillement de l'école", des profs sont allés plus loin que cette comptine coquine "Hauts les mains, peau de lapin, la maîtresse...", un temps populaire dans les cours de récré, en faisant tomber leurs vêtements. Le temps d'une photo pour un calendrier. A l'origine de cette action, le "Collectif contre le dépouillement de l'école", un groupe d'enseignants syndiqués ou pas, "qui se battent pour une école publique de qualité".
Dans le manifeste publié sur leur site, ils dénoncent une "école nue", "abandonnée", "dégarnie", "dépouillée". Le champ lexical du dépouillement est étayé de maints exemples et moult causes. Au centre de leur colère principalement, les suppressions de postes décidées par le gouvernement, les classes surchargées, le manque de formation des jeunes profs (Lire notamment à ce sujet nos articles : "Formé nou plusse !" ou "On ne nous a même pas appris à apprendre !"). Si on devait résumer pour eux l'équation, cela donnerait : "école abandonnée" + "professeurs démunis" = "élèves appauvris, dépecés".
"Faisons de l'économie, pas des économies"
Et parce qu'un petit dessin vaut mieux qu'un long discours, le calendrier réalisé par les profs en tenue d'Eve et d'Adam illustre de manière courte et efficace leurs revendications. Chacun pose sur son estrade, son anatomie dissimulée par un bureau, un double-millimètre, un ouvrage. Sur le tableau derrière, un message écrit à la craie. "La princesse de Clèves... sans chemise", pour la prof de lettres modernes ; "Faisons de l'Economie, pas des économies", pour l'enseignant de Sciences économiques et sociales, "Mieux vaut classe bien faite que classe bien pleine", estime un autre professeur de lettres, "la fonction éducation est décroissante", dit celle en mathématiques...
Au total douze messages pour douze mois et un appel pressant aux "responsables politiques français, pour qu'ils agissent résolument contre le dépouillement de l'Education nationale". Ils sont prévenus, la maîtresse grondera plus fort encore le 27 septembre prochain lors d'une grande journée de mobilisation.
Par Amélie Gautier, TF1
mardi 13 septembre 2011
CANTINE INTERDITE POUR ENFANTS DE CHOMEURS !
La cantine scolaire est réservée en priorité aux enfants de la commune dont les deux parents travaillent." La phrase se retrouve dans nombre de réglements d'établissements d'enseignement. Seulement, restreindre l'accès des enfants à ce service en fonction de l'activité professionnelle de leurs parents ou de leur commune de résidence constitue une discrimination aux yeux de la loi. Et ces décisions municipales sont régulièrement retoquées par les tribunaux administratifs en vertu du principe d'égalité devant le service public.
Une rapide recherche sur Internet montre que de nombreux services de restauration scolaire utilisent ces critères pour restreindre l'accès, arguant du manque de places. Le journal L'Humanité annonce en avoir identifié plus de soixante-dix. Le Monde.fr a répertorié sur une carte quelques cantines contrevenant à ces dispositions, notamment dans des grandes villes.
A Bordeaux, par exemple, on trouve, dans le règlement intérieur de la restauration scolaire de Bordeaux, cette précision sur l'accès au réfectoire : "Le service municipal de la restauration scolaire est prioritairement réservée aux enfants dont les deux parents travaillent".
En regardant de plus près les règlements et conditions d'accès à la cantine, on peut distinguer ceux qui évoquent explicitement la question du chômage. Ainsi la mairie de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) propose-t-elle l'élaboration d'un "planning sur justificatifs (pdf)" qui autorise l'accès à la cantine aux enfants de demandeurs d'emploi quelques jours par semaine seulement. "Le bénéfice du service est maintenu pendant un mois" si l'un des parents perd son emploi. À Quincy-Voisins (Seine-et-Marne), en revanche, il est précisé que "les demandeurs d'emploi sont considérés comme actifs".
Dans la majorité des cas, l'inscription est déclarée "ouverte à tous", avec cependant, à cause de places limitées, un ordre de priorité selon les situations familiales. Le fait que les deux parents travaillent est souvent en tête de liste. Avec, en creux, l'idée que les enfants de chômeurs auraient moins de difficultés à déjeuner chez eux le midi.
DES RÈGLEMENTS ILLÉGAUX CASSÉS PAR LA JUSTICE
Interrogé par Le Monde.fr, Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), demande aux parlementaires de "faire valoir dans la loi ce que les tribunaux administratifs condamnent". La FCPE a lancé lundi 12 septembre un appel en ce sens.
La FCPE affirme avoir systématiquement gagné devant les tribunaux administratifs. Et déplore l'inaction des préfets qui laissent passer ces reglèments votés en conseil municipal, en sachant très bien qu'ils sont illégaux.
Jacques Pélissard, maire UMP de Lons-le-Saunier (Jura) et président de l'Association des Maires de France (AMF) est plus mesuré. Selon lui, il "une loi d'exclusion serait un échec", et il vaut mieux avoir "une approche plus constructive". Il va lancer un "état des lieux" permettant de connaître le nombre de cantines concernées et de trouver des solutions.
Le manque de place n'est pas une excuse selon Jean-Jacques Hazan. "Une fois que l'interdiction est levée, il n'y a plus de problème de place" et les cantines acceptent tous les enfants.
Parmi les solutions possibles, Jacques Pélissard évoque la possibilité de proposer deux services chaque midi, comme dans sa propre commune, ou encore l'extension des locaux. Il est persuadé que le groupe de travail au sein de l'AMF pourra faire preuve d'un peu d'imagination et trouver des mesures adaptées qui respectent à la fois "le principe d'égalité et le principe de réalité".
Publié par le Monde
vendredi 9 septembre 2011
LES GENTILS ET LES MECHANTS
Une étude américaine relayée par le Wall Street Journal révèle que les travailleurs "aimables" touchent près de 20% de moins que leurs collègues "désagréables".
Les chercheurs ont analysé les données collectées sur près de 20 ans par trois enquêtes différentes, impliquant 10 000 travailleurs représentatifs d'un large éventail de professions, de salaires et d'âges. Ces trois enquêtes ont évalué l'amabilité de trois façons différentes. Pour des résultats identiques : les hommes dont l'amabilité était en dessous de la moyenne ont gagné environ 18% de plus (9772$ annuels) que les gentils. Les femmes désagréables, quant à elles, n'ont gagné que 5% (1828$) de plus.
Les chercheurs ont aussi invité 460 étudiants en cursus commercial à agir comme les responsables des ressources humaines d'une entreprise fictive. Ils leur ont présenté des candidats à un poste de consultant en utilisant des descriptions relativement courtes et explicites. Résultat : Là encore, les hommes décrits comme agréables étaient moins susceptibles d'obtenir le poste.
Pour les hommes, être agréable pourrait ne pas correspondre "aux attentes d'un comportement masculin", écrivent les chercheurs. D'autant que les gentils pourraient aussi moins s'impliquer dans les négociations salariales. "Le problème est que de nombreux gestionnaires ne réalisent pas qu'ils récompensent les gens déplaisants", conclue Beth A. Livingston, co-auteure de l'étude.
D'autres recherches pointent la dangerosité des comportements agressifs au travail. Comme cette étude, publiée il y a quelques jours lors de la réunion annuelle de l'American Psychological Association, qui a constaté que 86% des 289 travailleurs de trois entreprises étudiées ont rapporté des cas d'incivilité au travail : insultes, humiliations... ce qui, pour les chercheurs, est finalement nocif pour l'entreprise. Surprenant !
Mais... qu'en pensent les agences de notation ?
Publié par : Les mots ont un sens
mercredi 7 septembre 2011
Austérité : le rapport qui accuse
La conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced, organisme de l’ONU) a publié son rapport 2011 intitulé "L’enjeu des politiques publiques d’après crise dans l’économie mondiale".
La Cnuced estime que "passer d’une politique de relance à la rigueur budgétaire irait à l’encontre du but recherché, en particulier dans les pays les plus développés qui ont été durement touchés par la crise financière. Dans un tel contexte une politique d’austérité budgétaire pourrait freiner la croissance du PIB et des recettes budgétaires, et serait contre productive sur le plan de l’assainissement budgétaire".
Le rapport, qui revient sur les cause des déséquilibres budgétaires, rappelle que ces derniers n’ont pas été un élément moteur de la crise, mais plutôt une de ses conséquences".
"C’est la crise qui a provoqué une importante détérioration des comptes du secteur public, les opérations de sauvetage des institutions financières menées par les pouvoirs publics ayant contribué pour une grande part au déficit".
Le rapport balaie l’argument qui justifie l’austérité par la "nécessité d’obtenir la confiance des marchés financiers."
Pour en savoir plus, le site de la Cnuced
jeudi 1 septembre 2011
LIBYE-FRANCE : ACCORD PETROLE/SOUTIEN REBELLION
La France aurait conclu un accord secret avec le Conseil national de transition lui attribuant 35% du pétrole libyen en échange de son soutien à la rébellion, écrit jeudi le quotidien français Libération.
Le journal affirme s'être procuré une lettre du CNT envoyée le 3 avril dernier à l'émir du Qatar dans laquelle le Conseil indiquait avoir signé "un accord" attribuant 35% du total du pétrole brut à la France en échange du soutien "total et permanent" à l'organe politique suprême de la rébellion libyenne.
Dans une interview accordée jeudi à la radio RTL, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré "ne pas avoir connaissance d'une telle lettre". Dans le même temps, le chef de la diplomatie française a jugé "logique" que les pays ayant soutenu les rebelles soient privilégiés dans la reconstruction de la Libye.
La France a été le premier Etat occidental à recevoir les représentants du Conseil national de transition, formé par la rébellion anti-Kadhafi à Benghazi, ainsi qu'à le reconnaître en tant que seule autorité légitime du pays.
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