vendredi 29 août 2025

L’équitation française, un art de monter à cheval, troisième sport national


L’équitation est le fruit de plusieurs siècles d’histoire et fait partie du patrimoine immatériel de l’humanité. Alors que les Journées européennes du patrimoine mettent le sport à l’honneur, retour sur cette pratique sportive élevée au rang d’art.

Le cheval, un élément essentiel de l’histoire de France

« Le cheval a vraiment été un animal qui a façonné l’histoire de France, raconte Honorine Tellier, responsable du fonds patrimonial et d’archives à l’Institut français du cheval et de l’équitation. Il a permis de protéger le pays pendant les guerres et a structuré les territoires dans les secteurs de l’industrie, du transport et de l’agriculture jusqu’au début du XXe siècle. »

C’est à partir de la Renaissance que l’équitation connaît un rayonnement particulier en France. Le cheval ne représente plus seulement un moyen de locomotion : il devient un art. « On peut aussi le faire danser », remarque Pascal Marry, président de la commission Culture et Patrimoine de la FFE. Au XVe siècle, l’aristocratie française s’inspire notamment du Royaume de Naples, sous le règne d'Alphonse V d'Aragon, pour introduire l’équitation à la cour du roi de France. Une démonstration de puissance pour les monarques de l’époque. « Selon Antoine de Pluvinel, l’un des théoriciens de l’équitation, sa pratique est une préparation à l’art de gouverner », poursuit Honorine Tellier.

La recherche de la légèreté

L’équitation dite de tradition française s’est inspirée de cette maîtrise de soi et de l’animal au fil des siècles et ne cesse d’évoluer. Elle ne peut se réduire à la seule pratique sportive car elle est aussi un art, voire une philosophie fondée sur l’écoute et la compréhension mutuelle. Son objectif : la légèreté. « On cherche à avoir un couple cavalier-cheval très harmonieux, dans le respect de l’animal. Le cheval doit avoir l’air de se mouvoir de lui-même, sans que son cavalier n’exerce la moindre pression », précise Honorine Tellier.

Cette reconnaissance au patrimoine culturel immatériel de l’humanité inscrit les cavaliers dans un héritage national. « C’est une chance énorme car cela invite les professeurs et les élèves à réfléchir au lien qu’ils veulent entretenir avec l’animal », estime Pascal Marry. La France a d’ailleurs été très proactive dans ce sens. « La réglementation de la Fédération française d’équitation évolue depuis trente ans en faveur de relations de douceur envers le cheval, au lieu de l’utilisation de la force », conclut-il.

Aujourd’hui : l’équitation, troisième sport national

L’amour des Français pour l’équitation ne se dément pas. Le pays compterait aujourd’hui près de trois millions de cavaliers réguliers (pratiquant au moins une fois par semaine) et occasionnels (au moins une fois par an). Avec ses 670 000 licenciés en 2021, la Fédération française d’équitation (FFE) se place d’ailleurs à la troisième place des fédérations sportives de l’Hexagone, derrière le football et le tennis.

Source Ministère de l'Agriculture 

jeudi 28 août 2025

La section du PCF d'Ajaccio se mobilise pour sauver une ferme cisjordanienne



Manon Perelli  pour Corse Net Infos

La section du PCF d’Ajaccio et son secrétaire Marc-Antoine Leroy ont lancé une tribune relayée par l’Humanité pour alerter sur la situation en Cisjordanie et défendre la ferme Hakoritna, à Tulkarem, menacée de destruction par l’État israélien. Soutenu par plus de deux cents signataires, le texte appelle la France à se prononcer clairement contre la colonisation et à protéger la famille Taneeb, propriétaire des lieux depuis près de soixante-dix ans. 

Ils aspirent à sensibiliser à la situation en Cisjordanie, et notamment au cas de la ferme Hakoritna, située dans la ville de Tulkarem. Le 18 août dernier, la section du Parti Communiste Français d’Ajaccio et son secrétaire, Marc-Antoine Leroy, ont initié une tribune relayée par le journal l’Humanité. « L’objectif premier est d’interpeller les gens et de mettre l’accent sur la colonisation en Cisjordanie. Aujourd’hui, on entend beaucoup parler de Gaza, parce qu’il y a un drame humain qui se déroule là-bas. Mais en parallèle, la colonisation illégale d’Israël en Cisjordanie s’accélère aussi énormément », souligne Marc-Antoine Leroy en mettant en exergue la situation que vit au quotidien la famille Taneeb, propriétaire de la ferme Hakoritna aujourd’hui menacée de destruction par l’État israélien. Selon le secrétaire de la section du PCF d’Ajaccio, le 7 août dernier, les forces israéliennes ont en effet ordonné la destruction de la ferme.  
 
« La famille Taneeb, propriétaire des lieux depuis près de 70 ans, a découvert des documents placardés sur les serres et les bâtiments de l’exploitation familiale, ordonnant sa démolition sous 20 jours pour des raisons de « sécurité » », explique la section du PCF d’Ajaccio dans sa tribune en précisant que « le prétendu risque sécuritaire vient en réalité de la proximité de la ferme avec le « mur de la honte » qui traverse la Cisjordanie ». « Cette ferme est coincée entre une usine chimique israélienne et le mur de démarcation. Ce mur, qui a été construit en 2003, a fait perdre la moitié de son terrain à la ferme. La famille Taneeb a quand même réussi à aménager ce petit terrain pour continuer à produire », précise quant à lui Marc-Antoine Leroy en ajoutant : « Avec cette tribune, nous voulons interpeller le ministère des Affaires étrangères pour que la France se positionne clairement contre la colonisation illégale en Cisjordanie, et pour donner un coup de main à cette famille pacifique afin que sa ferme ne soit pas détruite ».
  

Une situation qui touche particulièrement le responsable de la section du PCF d’Ajaccio qui s’est rendu sur place en 2022 avec une délégation officielle du mouvement Jeunes Communistes de France. « Nous avons été hébergés plusieurs jours dans cette ferme, où justement, on a pu voir le travail remarquable que fait Fayez, le chef de famille », raconte-t-il en dévoilant que la famille Taneeb accueille des voyageurs venus d’horizons divers et voyage à travers le monde pour parler de souveraineté alimentaire. Or, ce n’est pas la première fois que sa ferme est dans le viseur des forces israéliennes selon le PCF qui ne déplore pas moins de cinq attaques majeures depuis 1999. « Ces attaques ont notamment entraîné l’incendie d’une partie des cultures, la destruction des systèmes d’irrigation et des routes d’accès par des bulldozers, ainsi que des tirs à balles réelles contre les agriculteurs. Ces menaces de destruction interviennent dans un contexte où la colonisation en Cisjordanie s’intensifie et devient de plus en plus violente. Les membres de la famille Taneeb sont inquiets, mais ils n’abandonnent pas et ont prévu d’aller en justice pour défendre leurs droits. Néanmoins, ils n’ont aucune confiance dans une justice chapeautée par un gouvernement d’extrême droite, qui a toujours été un fervent soutien des colons et de la colonisation illégale », fustigent les militants du PCF dans la tribune. Un texte qui compte déjà plus de 200 signataires parmi lesquels Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, une vingtaine de députés et de sénateurs, des maires et élus locaux de l’ensemble du pays, mais aussi de nombreuses personnalités et responsables d’associations nationales et insulaires à l’instar de Léo Battesti, du collectif a Maffia nò, a Vita iè, d’André Paccou, de la Ligue des Droits de l’Homme, de Thomas Santoni, le président de l’association Corsica Palestina, ou encore de Jacques Casamarta de Per a Pace. 
 

« Cette mobilisation large et transpartisane montre l’importance de la défense de la ferme Hakoritna qui n’est pas seulement un lieu de production agricole, mais un symbole de résistance pacifique et d’espoir pour l’avenir du peuple palestinien », note Marc-Antoine Leroy. « À une heure où on caricature la résistance palestinienne, qu’on la résume au Hamas et à la violence, il est assez important de montrer qu’il y a des démarches pacifistes comme celle de cette ferme », insiste-t-il encore en dévoilant avoir en outre écrit au ministère des Affaires étrangères et également transmis la tribune à la préfecture de Corse. 

 

mercredi 27 août 2025

Lettre de Fabien Roussel à François Bayrou sur la loi Duplomb

 


Monsieur le Premier Ministre,

Les débats autour de la loi Duplomb et sa censure partielle par le Conseil constitutionnel montrent l’urgence d’une politique ambitieuse de la France qui conjugue santé, environnement et souveraineté alimentaire.

Nos concitoyens sont profondément inquiets et nos agriculteurs ne parviennent plus à vivre dignement de leur travail. C’est le résultat de la concurrence déloyale de pays ne respectant pas les mêmes règles que les nôtres et de décennies de démantèlement des filets de sécurité publics (prix garantis, quotas laitiers et sucriers, signature de traités de libre-échange...).

Il faut en finir avec la mise en concurrence internationale d'agriculteurs vivant des réalités très différentes. Comment pouvez-vous accepter que la France continue d’importer des produits traités à l’acétamipride quand, ce pesticide est désormais interdit dans notre pays ?

C’est la raison pour laquelle, pour protéger autant la nature et la santé des Français que l’activité de nos agriculteurs, nous vous demandons d’interdire l’entrée en France de produits, betterave, sucre et noisette venant de pays utilisant ce pesticide désormais interdit.

Dans le même temps, il est urgent de réunir dès à présent les acteurs des filières noisette, betteravière et sucrière et d’autre part qu’un débat se tienne au parlement sur les mesures qui permettront de protéger nos agriculteurs et l’ensemble de nos concitoyens face à l’ouverture des marchés agricoles.

Ce débat doit aussi être l’occasion de définir un vrai accompagnement des producteurs dans la transformation agro-écologique : investissement massif dans la formation agricole publique et la recherche agronomique, financements, conseil technique personnalisé.

En outre, l’été a aussi très difficile pour nombre d’éleveurs en prises avec l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui a conduit à des abattages de cheptels entiers, avec des effets économiques et psychologiques très graves pour les éleveurs et éleveuses concerné- es.

Pour limiter l’exposition des cheptels aux épidémies, il faut des stratégies territoriales de prévention des risques sanitaires.

Enfin, les traités de libre-échange et les politiques de l’Union européenne ne protègent pas notre agriculture. Au contraire, ils aggravent la situation, tant par la frénésie du libre-échange que par une Politique agricole commune (PAC) qui encourage la course au gigantisme des exploitations et la spécialisation des producteurs comme des régions agricoles, sans se soucier de garantir des prix rémunérateurs aux agriculteurs, de préserver la biodiversité et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce cadre, je souhaite dès à présent vous faire part de premières propositions :

  • La mise en place d’un régime public d’assurance et de gestion des risques qui sont de plus en plus prégnant dans le contexte de réchauffement climatique,
  • Activer systématiquement les clauses de sauvegarde dès qu’une production française fait face à une distorsion de concurrence en matière sanitaire ou environnementale, et exiger le respect de la réciprocité des normes pour tous les produits entrant sur le marché français,
  • Garantir la traçabilité par l’étiquetage de l’origine pour tous les produits agricoles en imposant l’obligation de la mention d’origine des produits alimentaires pour tous les produits bruts ou transformés,
  • Définir des calendriers d’importation pour protéger les productions françaises en fonction de leur saisonnalité et leur arrivée sur le marché face à des productions importées moins-disantes,
  • Assurer une répartition des aides de la PAC selon d’autres critères permettant d’assurer le maintien et le développement des exploitations familiales et de petite taille : plafonnement et dégressivité des aides en soutenant prioritairement les premiers hectares et en les couplant avec les premiers volumes de production,
  • Garantir un travail rémunérateur aux agriculteurs en instaurant des offices publics qui, production par production, seront chargés d’établir un prix plancher, soit un prix minimum versé au producteur,
  • Des aides financières et technique pour la transformation agro écologique (polyculture- élevage, agroforesterie, allongement des rotations, etc.),
  • Le développement de l’ANSES à l’inverse du décret publié par la ministre de l’Agriculture le 10 juillet 2025 qui remet en question son indépendance scientifique et la construction d’un grand service public vétérinaire et sanitaire.

Plus fondamentalement, il faut remettre en cause les traités de libre-échange et ne pas ratifier le MERCOSUR.

Parallèlement, la France doit proposer de nouveaux accords de coopération agricole, pour en finir avec les importations de produits alimentaires provenant de pays qui ne respectent pas les mêmes normes sanitaires et environnementales que celles exigées à nos producteurs.

Je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l'expression de ma haute considération.

Fabien Roussel

Secrétaire national du PCF

samedi 23 août 2025

Municipales 2026 : les communistes veulent faire basculer des villes à gauche et s’inquiètent de la stratégie de LFI


À l’occasion des universités d’été du PCF, ce vendredi 22 août dans l’Hérault, les communistes ont avancé leurs pions pour les municipales, tandis que certains militants s’alarment des appétits de LFI, notamment en banlieue parisienne.

Un scrutin après l’autre. Alors que la question de la présidentielle a sans surprise largement animé les universités d’été des autres partis de gauche – écologistes et insoumis -, les communistes, réunis du 22 au 24 août au Corum de Montpellier (Hérault), ont appelé à « ne pas enjamber les municipales » de 2026. « Si nous gagnons des villes, ce scrutin sera le meilleur tremplin pour 2027 », avait tranché en amont le secrétaire national du PCF Fabien Roussel. « Les mairies de gauche sont souvent le dernier filet de sécurité pour les gens, après bientôt dix ans de macronisme et de néolibéralisme », abonde Assan Lakehoul, dirigeant des Jeunes communistes.

Reconnecter avec les classes populaires

Dans l’Hérault, les communistes, qui constituent la deuxième force de gauche au niveau communal en termes d’élus, après le PS, ont consacré plusieurs ateliers à la question avec un mot d’ordre : « L’objectif c’est de gagner » partout où des municipalités de droite peuvent tomber – Nîmes et Sète reviennent souvent dans les bouches militantes, sur la seule région Occitanie. Et de conserver les communes gouvernées par le PCF (Montreuil, Bobigny, Gennevilliers, Vénissieux, Saint-Amand-les-Eaux…) ou dans lequelles il fait partie de la majorité (Paris, Montpellier…)

« Si les très grandes villes sont à gauche, cela ne doit pas nous faire oublier que la majorité des villes de plus de 20 000 habitants sont à droite, rappelle le « Monsieur Élections » du PCF, Pierre Lacaze. Par ailleurs c’est une élection de proximité qui doit nous permettre de reconnecter avec les classes populaires » dans le cadre plus large de la ligne stratégique de Fabien Roussel. À date, le parti a désigné des chefs de file dans la moitié de ces communes, avec l’objectif de conduire des listes d’union, soit en en prenant la tête, soit en soutenant des têtes de listes socialistes ou écologistes.

Programme, élus sortants et proximité

Avec quelle campagne ? « Je ne crois pas à la force du grand programme qui seul nous permettrait de l’emporter », prévient Cécile Cukierman. La présidente des sénateurs communistes appelle à « s’appuyer sur les élus sortants et les liens de proximité, à partir du terrain et des besoins des habitants, en fonction de chaque territoire. » Le PCF s’est toutefois doté d’une boîte à outils à destination des militants et d’une plateforme programmatique, lancée au début de l’été, où figurent certaines mesures que les communistes entendent incarner dans la campagne. « Partout où on sera, on défendra par exemple le fait de tendre vers la gratuité des transports », avance Pierre Lacaze, citant-là une mesure-phare de la ville de Montpellier, impulsée par les communistes alliés au maire PS Michaël Delafosse. La création de centres de santé communaux sera aussi au cœur de la campagne « nationale » des municipales.

Les dangers de la stratégie de la LFI

Dans les travées du Corum, une inquiétude parcourt toutefois les militants, notamment ceux venus de banlieue parisienne (Aubervilliers, Montreuil…). Elle a un nom : La France insoumise. On s’interroge : comment contrecarrer les ambitions de LFI, qui entend faire fructifier les scores élevés réalisés aux européennes dans les quartiers populaires et effectuer une percée en nombre d’élus en mars 2026 ? Les cadres insoumis ne font pas mystère de leur ambition de réinvestir, pour ce faire, les collectivités historiquement communistes de la « banlieue rouge ». Quitte à la jouer agressive, en témoigne la municipale partielle à Villeneuve-Saint-Georges et les huées réservées à Fabien Roussel lors de leurs propres universités d’été. « Affaiblir les communistes, ça n’a jamais fait du bien à la gauche », grince un militant au T-Shirt rouge.

« La percée de la gauche au détriment de la gauche, c’est un jeu à somme nulle, soupire en écho le maire de Villejuif, Pierre Garzon. D’autant que nulle part un parti de gauche ne gouverne des villes seul, ce sont toujours des majorités plurielles. LFI serait plus utile en aidant à reconquérir des villes de droite. » Mais l’édile du Val-de-Marne note « une différence entre la quête d’hégémonie dans les discours de LFI et ce que disent leurs militants sur le terrain, qui bien souvent veulent plus aider qu’en découdre. »

« Un remède à la défiance »

Pierre Lacaze cherche, lui, à rassurer les troupes sur la potentialité électorale de LFI, convoquant là encore l’exemple de Villeneuve-Saint-Georges, où Louis Boyard a refusé toute alliance et échoué à se faire élire maire : « cela nous démontre encore une fois qu’il n’y a pas d’automaticité du vote entre les scrutins nationaux et le local ». « Nous communistes sommes bien placés pour le savoir, abonde Cécile Cukierman, nous dirigeons des villes où les gens votent pour nous puis élisent un député RN lors des législatives… » L’extrême droite est la principale préoccupation des communistes, qui rappellent qu’ils seront « en première ligne » à gauche, dans les villes où le RN entend étendre son influence : dans le Nord, le Pas-de-Calais ou les Bouches-du-Rhône par exemple. Et Pierre Garzon de conclure : « Ce scrutin comporte un enjeu de revitalisation démocratique et républicaine. Nous devons en faire un remède à la défiance, à l’idée qu’on ne peut rien faire. » Ce dans un cadre budgétaire de plus en plus contraint, que le projet de loi de finances de François Bayrou ne manquera pas d’aggraver.

Journaliste banni, tacles envers les anciens partenaires du NFP… La France insoumise organise une rentrée seule contre tous


À Valence, dans la Drôme, la France insoumise marque sa rentrée en se rassemblant autour de Jean-Luc Mélenchon autant qu’en chargeant journalistes et anciens partenaires du NFP.

Anthony Cortes, l'Humanité
 

Charles Consigny est dans les bouchons et les Insoumis s’impatientent. Dans l’amphithéâtre Louise-Michel, ce vendredi 22 août, l’ex-candidat « Les Républicains » (LR) aux législatives dans les Yvelines doit croiser le fer avec Manuel Bompard, coordinateur national de LFI.

Les minutes s’écoulent, toujours rien, fichue circulation. Alors, on se chauffe comme on peut. On discute, beaucoup, en particulier des journalistes, ces « membres » d’un « système », cette « élite » qui a le mouvement « dans le pif ».

Faut les voir, dit-on, montrer les camarades comme des « sectaires hypnotisés » par « le vieux », comme s’en désolent deux militants sexagénaires auprès de l’un de ces journaleux. Et puis on chante, beaucoup. L’Internationale, bien sûr, mais aussi quelques vacheries.

Contre un communiste, Fabien Roussel, et les socialistes dans leur ensemble. Leur point commun : « tout le monde (les) déteste », entonnent-ils gaiement. Qu’importe qu’il y a seulement quelques mois, tous se présentaient aux Français sous une seule étiquette : le Nouveau Front populaire (NFP).

La « classe médiatique » visée

Les temps changent, souvent trop vite. La France insoumise et son fondateur, Jean-Luc Mélenchon, en sont une illustration. En 2010, dans l’essai « Qu’ils s’en aillent tous », celui-ci brandissait toutes ses ambitions pour la presse et sa liberté qu’il chérissait.

« Nous avons le droit et même le devoir de nous en mêler », écrivait-il alors, « il est impossible de mener une révolution citoyenne sans qu’elle n’entre de plain-pied dans les médias pour les émanciper ».

Quinze ans plus tard, en 2025, les Amfis, événement annuel de LFI, créent l’événement par une entrave à son exercice : un refus d’accréditation à un journaliste du Monde. Le tort du journaliste en question, Olivier Pérou : avoir commis un livre-enquête critique sur sa formation (La Meute, co-écrit avec Charlotte Bélaïch, journaliste à Libération). Des méthodes dénoncées par plusieurs journalistes présents, de l’AFP, Mediapart ou l’Humanité, par communiqué publié sur X. « Il n’est pas acceptable qu’un parti politique choisisse ses journalistes », peut-on y lire.

Lors de sa prise de parole, en toute fin de journée, Jean-Luc Mélenchon est allé plus loin encore, dénonçant à trois reprises la « classe médiatique », en particulier le journal Libération, coupable de diaboliser LFI sur tout un ensemble de sujets. Et ce malgré « le triomphe intellectuel absolu des insoumis », en particulier sur les sujets internationaux.

Tous les journalistes ne sont cependant pas vilipendés : soixante-dix d’entre eux, venus du monde entier, sont présents, dit-il. « Remercions les professionnels de l’info, sourit-il devant un public amusé. Parce que ça nous aide davantage que ça nous dessert ».

Pour ce qui est des partenaires politiques des insoumis, le ton n’est pas vraiment plus apaisé. À la mi-journée, la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Clémence Guetté, chargeait le Parti socialiste (PS) comme Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, dont « l’habitude des renoncements et des trahisons n’est pas une page tournée ».

Mais aussi les communistes, en particulier Fabien Roussel, encore lui, hué par la salle pour son « discours sur le travail » qui imposerait une « grille qui hiérarchise (…) ceux qui travaillent et les assistés ».

D’autres, non identifiés, sont accusés de mener une « analyse ouvriériste » particulièrement « blanche » et « passéiste », en plus de faire fausse route en se concentrant sur certaines explications « territoriales ». On pense à un ancien insoumis : François Ruffin.

Une gauche « qui rechigne à un minimum de théorisation »

Autant de forces qui, selon elle, représentent une « gauche qui rechigne à un minimum de théorisation » pour aller vers une « double approche matérialiste et intersectionnelle » que la France insoumise s’emploierait à faire sienne.

À gauche, seuls les verts ont été épargnés. Parmi les rares membres des autres partis du NFP présents, deux siègent dans le groupe écologiste à l’Assemblée nationale : Sandrine Rousseau, jeudi, et Benjamin Lucas, ce vendredi. 2027 n’est pas si loin, mais les divisions n’ont jamais été si visibles.

« Nous serons toujours du côté de la solution. On s’est toujours mis du côté de la solution !, se défend Jean-Luc Mélenchon sur le sujet, provoquant les hourras de la foule. Mais il y a une chose qu’on ne fera pas, c’est la combine. Nous ne rabattrons pas une ligne du programme et vos applaudissements sont un mandat politique que vous nous donnez ! ».

Faut-il y voir une promesse définitive de cavalier seul ? Quoi qu’il en soit, avant tout cela, celui-ci annonce d’autres rendez-vous : la journée de mobilisation du 10 septembre, que la FI entend « accompagner ». Et la « chute de François Bayrou », qu’elle entend provoquer. Ses seuls bras ne suffiront pourtant pas.

vendredi 22 août 2025

Mafalda, l’enfant curieuse et indignée de Buenos Aires qui défiait les adultes


Le dessinateur Quino a créé un personnage intemporel sous les traits d’une petite fille argentine. Cette fan des Beatles est une indignée avant l’heure, révoltée par les guerres, les injustices… et la soupe.

Cathy Dos Santos, l'Humanité
 

Elle a 6 ans à tout casser, et elle les aura toujours. Avec sa bouille ronde, ses yeux en forme de point, une boule en guise de nez et sa lourde tignasse qu’elle dompte difficilement grâce à un gros ruban, on lui donnerait presque le bon Dieu sans confession.

Presque, car l’apparence sage de cette fillette en robe courte et socquettes est trompeuse. Ses reparties sont aussi cinglantes que philosophiques. Curieuse à l’envi, elle bombarde son entourage de questions désarmantes. Elle a toujours de la suite dans les idées et elle le fait savoir. Elle, c’est Mafalda, une gosse de Buenos Aires née du génie visionnaire de Joaquin Salvador Lavado Tejon, dit Quino.

Mafalda, de la presse argentine au succès mondial


Elle a failli ne jamais voir le jour. Au début des années 1960, le dessinateur est approché par une agence publicitaire qui souhaite créer une bande dessinée pour promouvoir des produits électroménagers de la marque Mansfield. D’où l’idée d’un prénom commençant par un M.

La campagne publicitaire finira dans un tiroir (et ce n’est pas plus mal). Mais très vite, Quino ressort son personnage des cartons pour la presse argentine. La môme à l’humour décapant fait sa rentrée des classes dans l’hebdomadaire Primera Plana en septembre 1964 puis migre vers le quotidien El Mundo qui publiera les strips jusqu’en 1973. Le succès est rapide et planétaire.

Le coup de maître de Quino tient à l’esprit constamment en éveil d’une gamine aussi touchante que déstabilisante. C’est une avant-gardiste qui aborde des sujets comme l’écologie, d’une incroyable modernité pour l’époque. Elle adore les Beatles autant qu’elle déteste la soupe, allégorie de l’armée qui a fait de l’Amérique latine le royaume de ses terreurs.

Une critique sociale à hauteur d’enfant

Le recours à cette image permet au dessinateur d’échapper à la censure car son personnage hypersensible a une conscience de classe bien aiguisée. Rien ne la laisse indifférente, au grand dam de ses parents. Sous des traits fins et simples, Quino a construit un univers à hauteur d’enfant qui parle aussi aux grands.

Dans un premier temps, Mafalda évolue dans son cercle familial, confronté aux difficultés quotidiennes qui taraudent la classe moyenne argentine. Le salaire du père peine à couvrir les factures, l’inflation lancinante mine le pouvoir d’achat. La mère est une femme au foyer qui a abandonné ses études pour s’occuper de sa progéniture.

Ce que lui reproche cruellement Mafalda qui jure qu’elle ne suivra pas le modèle maternel. La petite est une féministe assumée. Elle s’affronte souvent avec ses amis qui vont peu à peu faire leur apparition dans le comic. Il y a sa copine Susanita, une bêcheuse égoïste, au look prétendument bourgeois, qui rêve de fonder une famille après un mariage fortuné. Figure de la réaction conservatrice, Manolito, fils de commerçant, est un capitaliste en herbe qui aspire à transformer l’épicerie familiale en multinationale.

Une petite fille humaniste, précoce et indignée

Il y a aussi Miguelito, une sorte d’anarcho-libertarien avant l’heure, qui a une sainte horreur des impôts et voue une admiration au Duce sous l’influence de son grand-père. Le doux rêveur de la bande, c’est Felipe, fan de cow-boys et grand angoissé de la vie.

Chantre de la gauche, Libertad (Liberté) dont le prénom dit beaucoup, incarne les classes laborieuses et populaires. Plus tard, naît Guille, le petit frère de Mafalda, qui lâchera sa tétine à mesure qu’il découvre le monde et adoptera un parler parfois aussi franc que celui de sa sœur.

Le monde et son avenir, c’est justement la grande préoccupation de Mafalda. Elle voue une attention toute particulière à sa mappemonde et n’hésite pas à chiper les crèmes de beauté de sa mère pour pommader son globe avili par les atrocités des puissants de la planète. « Sais-tu pourquoi ce monde est beau ? demande-t-elle à son ours en peluche en montrant son planisphère. Parce que c’est une maquette. L’original est désastre ! » Elle tient les guerres en horreur.

Une fillette visionnaire qui savait pointer les injustices

Alors, quand elle sera grande, Mafalda s’imagine haute fonctionnaire aux Nations unies, voire interprète, pour tronquer délibérément les propos incendiaires des dirigeants qui pourraient provoquer de nouveaux conflits. La pauvreté et les injustices la révoltent.

« Incroyable, l’importance de l’index », se dit-elle en pointant son doigt d’un air menaçant. « Un patron met son index comme ça, poursuit-elle, et trois mille ouvriers sont à la rue ! AHHHHHH ! Ainsi les chômeurs, c’est comme les livres… on les met à l’index ! »

Neuf ans après la naissance de Mafalda, et malgré sa popularité, Quino a préféré poser le crayon. Pour ne pas lasser son public. Pour préserver aussi cette petite fille humaniste et précoce, indignée et malicieuse qui regardait ses semblables avec gravité, ironie et compassion.

Mafalda – Intégrale 60 ans, Quino, préface de Claire Latxague, Glénat, 648 pages, 35 euros. Dernier ouvrage paru : Mafalda et l’enfance, Quino, Glénat, 208 pages, 18 euros.

 

mercredi 20 août 2025

Israël confronté à une émigration inédite : "Nous avons perdu l'espoir de changer notre pays"


Depuis l'attaque du 7-Octobre et le déclenchement de la guerre à Gaza, Israël fait face à une émigration accrue. Parmi celles et ceux qui choisissent l'exil, des militants de gauche, las de la guerre, inquiets de la dérive illibérale de leur pays. Ils se sont confiés à France 24.

vendredi 15 août 2025

Menace directe à l'encontre de Marwan Barghouti dans sa cellule d'un ministre Israélien d'extrême droite


Itamar Ben Gvir, ce ministre du gouvernement Netanyahou a diffusé vendredi matin sur les réseaux sociaux une vidéo où il prend à partie et sermonne, dans sa cellule, Marwan Barghouti, leader palestinien emprisonné depuis 2002 et à l’isolement depuis deux ans. En réponse, Fadwa Barghouti s’est adressée à son époux. L’Autorité palestinienne dénonce un « terrorisme d’État organisé ».

Pierre Barbancey, l'Humanité
 

Itamar Ben Gvir, ministre d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, en charge de la « sécurité nationale », s’est rendu dans la prison de Ganot, là où se trouve, à l’isolement, le leader palestinien Marwan Barghouti, 66 ans, emprisonné depuis 23 ans maintenant. Ben Gvir, s’en est pris à Barghouti comme le montrent des images publiées (mais non datées) sur le compte X. Il est accompagné de deux autres personnes, dont un gardien pénitentiaire. « Vous ne nous vaincrez pas. Quiconque fait du mal au peuple d’Israël, quiconque tue des enfants, quiconque tue des femmes (…) nous l’effacerons », lance, en hébreu, le ministre fasciste. Le leader du parti Fatah et membre élu du Conseil législatif palestinien (le parlement) tente alors de parler, mais Ben Gvir l’interrompt sans ménagement : « Non, vous devez le savoir, et ce, tout au long de l’histoire. »

Ce sont les premières images de Marwan que l’on voit depuis plusieurs années. Fadwa Barghouti, l’épouse de Marwan, lui a écrit directement en réponse à la vidéo : « Je ne t’ai pas reconnu, ni tes traits, et peut-être qu’une partie de moi refuse d’admettre tout ce que ton visage et ton corps expriment, de ce que toi et les prisonniers endurez. Marwan, ils te poursuivent encore et encore, même après 23 ans de prison et même dans la cellule d’isolement où tu te trouves depuis deux ans. Je sais que la seule chose qui te blesse, c’est l’incapacité à protéger les enfants palestiniens. »

Sur Instagram, son fils, Arab Barghouti, à posté une photo de son père en tenue de prisonnier, prise peu après son procès il y a plus de vingt ans, et écrit: “Même à l’intérieur d’une petite cellule, ils te ciblent et veulent montrer qu’ils sont supérieurs. Oh père, comme ils sont délirants. Ne savent-ils pas qu’il y a 50 ans, un jeune adolescent s’est tenu devant eux en prison pour la première fois, est devenu un leader aimé, et est maintenant toujours debout – malgré la faim, les agressions, 23 ans de prison et deux ans d’isolement cellulaire. Debout face à l’oppression et au fascisme d’aujourd’hui. Je sais que ce qui te tracasse, ce sont les enfants palestiniens, et notre peuple bien-aimé de Gaza. La lumière au bout du tunnel arrive, et nous allons célébrer une Palestine libre avec toi.Je t’aime plus que tu ne peux l’imaginer
Dieu, protège mon père et tous les Palestiniens s’il te plaît.”

Dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a dénoncé « une provocation sans précédent » et qualifié l’incident de « terrorisme d’État organisé ». Il a ajouté que l’Autorité palestinienne prendra la menace au sérieux et assurera le suivi avec le Comité international de la Croix-Rouge, les États concernés, la communauté internationale et ses organisations et conseils spécialisés. Pour l’Autorité palestinienne, le ministre Ben Gvir a « pris d’assaut » la cellule de Barghouti. Elle tient le gouvernement israélien « directement responsable » de la vie de Marwan Barghouti.

Hussein Al Sheikh, Vice-Président de l’Autorité palestinienne, a souligné que les menaces proférées étaient l’apogée d’un terrorisme psychologique, moral et physique contre les prisonniers, qualifiant ce geste de rupture sans précédent dans la politique israélienne vis-à-vis des détenus palestiniens. Il a également souligné une violation des conventions internationales et humanitaires. L’Office d’information des prisonniers palestiniens (Palestinian Prisoners’ Information Office) a vivement condamné l’attitude de Ben-Gvir, estimant que son invasion de la cellule dénote une logique de vengeance et d’incitation au sein du système carcéral israélien.

Selon le site Israelnews, cette « visite » de Ben Gvir aurait eu lieu le jeudi 14 août. Ce 15 août, Ben Gvir a continué sa provocation et ses menaces. « Je vais le répéter encore et encore sans m’excuser : quiconque s’en prend au peuple d’Israël, quiconque tue nos enfants, quiconque tue nos femmes, nous l’effacerons. Avec l’aide de Dieu. »

Marwan Barghouti, condamné à cinq peines de prison à perpétuité, reste le leader palestinien le plus populaire. C’est sans doute pour cela que Ben Gvir, ministre raciste, a tenté de l’humilier et, de surcroît, a fait filmer la scène. Ce qui montre bien les véritables motifs de cette extrême droite israélienne et, par voie de conséquence, ceux du gouvernement de Netanyahou. Ils affirment vouloir éradiquer le Hamas. Or, Marwan Barghouti est aujourd’hui le seul capable de battre l’organisation islamique par les urnes. Ben Gvir et sa clique, en réalité, ne veulent plus aucune expression du peuple palestinien. D’où le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et à Jérusalem-est.

Ben Gvir a déjà été sanctionné par le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Norvège en raison d’incitations répétées à la violence. En juillet, la Slovénie est devenue le premier pays de l’UE à déclarer Ben Gvir (ainsi que son acolyte, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui se définit comme « suprémaciste juif ») persona non grata, en raison de leurs propos jugés « génocidaires », de leur soutien aux colonies illégales en Cisjordanie et de leur incitation à la violence envers les Palestiniens Qu’attend la France pour faire de même ?


Ces menaces ne laissent pas d’inquiéter pour la vie de Marwan Barghouti. Les images diffusées montrent que son état physique s’est dégradé. La campagne mondiale pour sa libération et celle de tous les prisonniers palestiniens, lancée symboliquement depuis l’ancienne cellule de Nelson Mandela, en Afrique du Sud, va se poursuivre, notamment lors de la Fête de l’Humanité, au mois de septembre prochain.

jeudi 14 août 2025

À Saint-Raphaël, le PCF dénonce un monument jugé « honteux et insultant » inauguré par le Maire Républicain ami du RN créé par des membres de la Waffen SS Allemande


 À Saint-Raphaël, le PCF dénonce un monument jugé « honteux et insultant »

Le maire LR Frédéric Masquelier, proche des idées d’Éric Ciotti (Union des droites pour la République) et du maire RN de Fréjus David Rachline, annonce l’inauguration prochaine d’un monument dédié aux « victimes du communisme ». L’élu PCF André De Ubeda réagit. 

Le maire LR de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier, a annoncé, dans Var Matin du 9 août, la prochaine inauguration d’un monument en l’honneur des victimes du communisme. Une première en France destinée à « briser un tabou mémoriel », selon la municipalité.

Le communiste André De Ubeda dénonce « une opération politicienne minable » et ajoute : « C’est un service rendu à nos adversaires les plus farouches. » à savoir l’extrême droite. « Les ambitions du RN, ça l’inquiète », ajoute-t-il, en décryptant, selon lui, l’intention du maire de venir « empiéter sur les plates-bandes boueuses du RN ». Et de poursuivre : « Ah, l’anticommunisme ! Quel bon terrain pour plaire à ceux dont le parti a été créé par des Waffen SS, au nom du patriotisme bien sûr ! Voilà qui va enchanter l’ex-attaché parlementaire de Laure Lavalette [candidate RN à la mairie de Toulon Ndlr.], épinglé pour ses propos racistes, homophobes et violents*. »

Pétain avant lui

Sans compter, poursuit-il, le député RN du Var, Philippe Schreck, qui appelle au « soulèvement du peuple » contre les juges qui ont condamné le RN, « ou bien son collègue Frédéric Boccaletti, qui tenait une librairie négationniste et condamné pour violences avec arme ».

André De Ubeda souligne que « ce monument n’est pas, comme le prétend la mairie, le premier en France », puisque « Pétain en avait déjà érigés en 1939 ». La véritable ignominie est de situer la démarche dans la continuité des monuments dédiés aux Justes et à la Résistance. L’occasion de marteler que « parmi ces justes et ces Résistants, il y avait beaucoup de communistes français et étrangers luttant au nom d’un idéal d’émancipation, comme l’a souligné le président de la République lors de la panthéonisation des Manouchian. Où étaient ses amis à ces moments-là ? »

Cette mise au point ne vise pas à justifier les nombreux crimes commis au nom du communisme. André De Ubeda précise que « les dictateurs qui s’arrogeaient mensongèrement le nom de communistes s’en sont pris d’abord, comme Staline, aux communistes ». L’élu toulonnais rappelle que « l’idéal communiste n’est pas une idéologie mortifère mais porte au contraire en soi l’émancipation de tous, la liberté, la démocratie, le bien être, la paix et la concorde ». Des valeurs que « le capitalisme même idéalisé » est en peine de porter aujourd’hui, pour rester dans l’euphémisme, tant « il épuise la planète et les hommes par l’obligation intrinsèque de la recherche du profit maximum, dans le plus court terme possible. Cela conduit au repli sur soi, à l’égoïsme et aux guerres ».

Pour la fédération varoise du PCF, Frédéric Masquelier « sait très bien que les communistes français ont payé un lourd tribut à la lutte contre le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale ». Les communistes varois demandent au préfet « d’interdire cette inauguration honteuse, insultante non seulement pour les communistes, mais pour toute la Résistance. ».

*Nicolas Koutseff, collaborateur parlementaire de la députée RN Laure Lavalette, a été épinglé par le média Les Jours, à l’automne 2024, pour avoir publié des messages à caractère homophobe, raciste et injurieux sur un compte du réseau social X.

Source la Marseillaise 

 

lundi 11 août 2025

Bécassine, simplette et naïve ? Comment l’immigrée bretonne a pris sa revanche sur le racisme


Créé en 1905, c’est l’un des plus anciens personnages féminins de bande dessinée. Symbole de tous les stéréotypes du racisme anti-breton, elle va pourtant réussir à dépasser son statut de bonne naïve et simplette.

samedi 9 août 2025

Ces champignons qui digèrent le plastique

 


Des chercheurs ont identifié plusieurs espèces de champignons capables de décomposer les plastiques les plus polluants. Une avancée scientifique qui pourrait changer la donne dans la lutte contre la pollution plastique.

Et si la solution au fléau des déchets plastiques venait du règne fongique ? Plusieurs espèces de champignons microscopiques, présentes dans les sols tropicaux, les milieux marins ou même les décharges, sont capables de dégrader des plastiques réputés quasi-indestructibles comme le polyéthylène, le polypropylène ou le polyuréthane.

L’un des plus prometteurs est Aspergillus tubingensis, découvert en 2008 au Pakistan. En laboratoire, il est parvenu à décomposer jusqu’à 90 % d’un échantillon de polyuréthane en trois semaines seulement. Ce champignon produit des enzymes spécifiques capables de casser les longues chaînes de polymères, rendant la matière plus simple à absorber ou à recycler.

Des super-pouvoirs fongiques encore peu exploités

Une autre espèce, Pestalotiopsis microspora, découverte en Amazonie en 2011, est capable de digérer du plastique sans oxygène, ce qui ouvre la voie à des applications en décharge ou dans des systèmes fermés. D’autres champignons marins comme Parengyodontium album dégradent les plastiques exposés à la lumière, tandis qu’Engyodontium et Aspergillus terreus réduisent la masse du polypropylène de 27 % en trois mois, si le plastique a été fragilisé par les UV ou la chaleur.

Ces découvertes restent pour l’instant cantonnées aux laboratoires, mais des essais en conditions réelles ont débuté depuis 2024, notamment en Inde, en Allemagne et au Canada. À terme, ces champignons pourraient intégrer des bioréacteurs industriels, voire être utilisés pour le traitement in situ de déchets dans les zones fortement polluées.

Une voie prometteuse s’ouvre donc : celle de la bioremédiation par les champignons, une solution naturelle à un problème global, pour peu que les moyens suivent.

Comment ça marche ?

Les champignons décomposent les plastiques en sécrétant des enzymes comme des estérases, des laccases ou des oxydoréductases. Ces enzymes « coupent » les longues chaînes de polymères en unités plus simples. Ces fragments peuvent ensuite être absorbés comme nutriments par le champignon, ou recyclés biologiquement. Certaines souches n’ont même pas besoin d’oxygène ni de nutriments supplémentaires, ce qui les rend utiles en milieux extrêmes (décharges, sols profonds).

Source Liberté Actus 

jeudi 7 août 2025

Incendies dans l'Aude : « Nous vivons une double catastrophe, écologique et économique » alerte le maire PCF de Camplong-d’Aude


Le mégafeu de Ribaute (Aude), un désastre en lui-même, intervient sur un territoire déjà éprouvé par les crises viticoles et par une sécheresse sans précédent, où les flammes trouvent un terrain d’autant plus favorable.

Olivier Chartrai, l'Humanité
 

Avec le gigantesque incendie qui dévore les Corbières depuis mardi 5 août vers 16 heures, le pays cathare endure un martyre. Camplong-d’Aude, petite commune située au pied du mont Alaric, à un jet de pierre du départ de l’incendie, à Ribaute, a été épargnée de justesse par les flammes.

Mais son maire, Serge Lépine (PCF), joint mercredi matin par l’Humanité, redoute que cette nouvelle catastrophe porte le coup de grâce à ce territoire historique de la viticulture française, déjà en grande difficulté économique.

Votre commune a-t-elle été touchée par l’incendie ?

Serge Lépine

Maire PCF de Camplong-d’Aude (Aude)

Non, nous avons eu de la chance, Camplong a été épargnée. La tramontane, qui souffle terriblement depuis le nord-ouest, a poussé les flammes à toute vitesse directement de Ribaute vers Tournissan et Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, qui ont brûlé. C’est là qu’il y a des victimes.

D’ici je vois l’incendie, c’est très impressionnant. Je dis que nous avons eu de la chance parce que, si le vent avait été au nord, c’est vers nous que l’incendie se serait dirigé, en passant dans une zone où il n’y a que des résineux…

Vous avez eu des contacts avec les autorités, les pompiers ?

Non, pas vraiment, mais c’est normal : nous ne sommes pas touchés et ils se concentrent sur les zones directement concernées. Nous avons mis à disposition notre salle polyvalente, s’il avait par exemple fallu accueillir des réfugiés, mais, pour l’instant, ils n’en ont pas eu besoin. Toutes les communes alentour ont fait de même, d’ailleurs. Notre territoire est très solidaire.

Depuis le début de l’été, votre commune a été en quelque sorte cernée par les incendies…

Oui, en juillet, il y a eu l’incendie de Narbonne et, encore plus près, celui qui est parti de l’autoroute A61 à Douzens, juste au-dessus de nous, de l’autre côté de l’Alaric, qui avait déjà brûlé 500 hectares. Là encore, nous avons eu de la chance, le vent n’était pas orienté vers nous.

Y a-t-il une explication au nombre et à la puissance des incendies dans l’Aude et les Corbières ?

Chez nous, tout est excessif. En 1999, nous avions eu des inondations dévastatrices. Depuis quatre ans, nous vivons une sécheresse sans précédent. Car on parle beaucoup des Pyrénées-Orientales, mais ici c’est la même chose. Cet hiver, nous avons eu en tout et pour tout 200 mm de pluie ! 

Sur la place centrale de Camplong-d’Aude, nous avons une fontaine : elle ne coule plus. Les anciens n’avaient jamais vu ça, même pendant la Seconde Guerre mondiale, où la région avait aussi connu quatre ans de sécheresse. Nous sommes une terre viticole où désormais les vignes meurent à cause du manque de pluie.


À cela s’ajoutent, depuis les années 1990-2000, les campagnes d’arrachage des vignes, la seule solution proposée par les gouvernements et l’Union européenne aux vignerons qui ne parviennent plus à gagner leur vie.

Cette année encore, on a arraché 5 000 hectares. Mais le premier résultat de tout ça, ici, c’est que la cave coopérative des Vignerons de Camplong – une des dernières coopératives indépendantes – n’a pu produire que 5 000 hectolitres en 2024, et le résultat ne sera pas meilleur cette année.

Et, heureusement, nous avons des vignerons des alentours qui lui apportent leur raisin, parce qu’ils savent qu’elle travaille bien. Mais, en temps normal, elle produisait entre 9 000 et 12 000 hectolitres ! Il y a donc en premier lieu un désastre économique.

À cette catastrophe économique s’en ajoute une autre, écologique. Car l’autre résultat des arrachages et de la sécheresse, c’est qu’à la place des vignes, qui font d’assez bons coupe-feu, ce sont des milliers d’hectares de ronces, de pinède, de résineux qui repoussent. Et, face au feu, ce n’est plus du tout la même chose. Dès les années 1990, nos vignerons avaient prévenu qu’à ce rythme, un jour le feu irait des Corbières à la mer : nous y sommes…

Voyez-vous des solutions, des perspectives ?

Il existe un projet de grand parc agri-photovoltaïque, entre Tournissan et Ribaute, conjuguant activités agricoles et production d’électricité.

Cela peut fournir une perspective de revenus à une partie des viticulteurs. De notre côté, avec la communauté de communes de la région lézignanaise, Corbières et Minervois dont je suis vice-président, nous avons budgétisé 204 000 euros pour chercher des forages, sur quelques terres qui donnent encore, afin de pouvoir apporter de l’eau aux vignes qui souffrent le plus. Mais je veux vraiment le souligner : nous vivons une double catastrophe, écologique et économique. Notre pays se meurt !