Par Nathalie Birchem (La Croix) le 22/06/11
Au 1er janvier dernier, le gouvernement a supprimé l'allocation équivalent retraite (AER) destinée aux chômeurs proches de la retraite. Alors que la réforme entrant en vigueur le 1er juillet a repoussé l'âge légal de départ à 62 ans, plus de 30 000 demandeurs d'emploi âgés seraient privés de ressources.
À la fin du mois de juillet, les revenus de René Némoz, Villeurbannais de 58 ans, vont connaître un gros trou d'air. À cette date, cet ancien menuisier du bâtiment, qui a plus de 41 années de travail derrière lui, aura épuisé ses trois années de droit au chômage et il ne pourra plus toucher ses 1300 € d'indemnisation mensuelle. Jusqu'ici, il pensait avoir droit à l'allocation équivalent retraite (AER), une aide financée par l'État de 33 € par jour, soit un peu moins de 1000 € par mois.
Mais cette prestation a été supprimée par le gouvernement le 1er janvier dernier. Créée en 2002, elle permettait justement aux demandeurs d'emploi ayant leurs annuités, mais pas encore l'âge de départ, d'attendre la retraite. René devra donc se contenter des 461 € mensuels de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), le minima social des chômeurs en fin de droits. Et il devra s'en contenter plus longtemps, puisque la réforme des retraites promulguée à l'automne repousse, à partir du 1er juillet 2011, l'âge légal de départ, qui passera de 60 ans aujourd'hui à 62 ans en 2018.
dimanche 31 juillet 2011
jeudi 28 juillet 2011
LIBYE : COMRENDRE CE CONFLIT !
Quatre mois après l’engagement de l’offensive militaire occidentale en Libye, et alors qu’une majorité écrasante de parlementaires français – à la notable exception des élus communistes et PG – vient d’accorder le feu vert à sa poursuite, quelles leçons peut-on aujourd’hui tirer de cette guerre et, par voie de conséquence, pour quel type d’issue doit-on, d’urgence, se mobiliser?
En premier lieu, même pour qui a estimé justifiée, au départ, l’intervention militaire, en raison des menaces terrifiantes proférées par Kadhafi contre les insurgés de Benghazi, force est de constater que le principe de la « Responsabilité de protéger » (consacré en 2005 par un vote unanime de l’Assemblée générale de l’ONU, et, à ce titre, hautement respectable) a été très rapidement usurpé, en particulier par la France et la Grande-Bretagne.
L’opération « protectrice » s’est muée -sous le commandement de l’OTAN- en une implication ouverte dans une guerre civile opposant -par delà le cas de Kadhafi- une partie de la population libyenne à une autre, l’une traditionnellement fidèle au « guide », l’autre engagée dans la résistance au régime. Bilan actuel : 10000 à 12000 morts (chiffres de l’OTAN) ; un pays dévasté ; des plaies ancestrales rouvertes ; un risque de partition sinon de chaos à la somalienne. Un désastre dont le régime de Kadhafi porte assurément une lourde responsabilité. Est-il le seul ? L’intervention de l’OTAN a-elle atténué ou bien attisé le conflit ?
La « coalition », et notamment sa figure de proue, Nicolas Sarkozy, ont fait preuve d’un manichéisme digne de George W. Bush. D’un côté, des insurgés irréprochables conduisant le peuple à une victoire facile sous le parapluie des bombardiers occidentaux. De l’autre, un tyran isolé qu’un soulèvement populaire allait renverser comme un château de cartes. La réalité s’est révélée plus complexe.
Ainsi, la presse informait-elle à la mi-juillet sur le « bombardement à l’arme lourde de la localité d’al-Assaba » par la rébellion, tandis que l’organisation américaine de droits de l’homme Human Rights Watch publiait un rapport accablant sur les exactions commises par ces mêmes rebelles dans quatre villes conquises. On apprenait aussi la fuite précipitée des 15 000 habitants d’Aweinya dévastée : leur crime était d’appartenir à une tribu restée fidèle au régime.
Inversement, du côté du pouvoir en place, voilà qu’on découvre (dans Le Monde) qu’ « avant d’entrer en guerre », la Libye était devenue « l’un des plus grands chantiers de la planète, après la fin des sanctions internationales en 2003″: 600 000 logements en construction ainsi que « des postes, des écoles, des jardins, des routes, des villes entières. » Une « tentative de transformation de la Libye » financée par les revenus tirés du pétrole. Mégalomanie? Démagogie? Peut-être. En tout cas, la base sociale du régime et sa capacité à l’entretenir ont été sous-estimée, du moins dans les régions qui lui sont traditionnellement attachées: la Tripolitaine à l’ouest et le Fezzan au sud.
Dans ce contexte beaucoup plus contrasté que ne l’ont imaginé l’hôte de l’Elysée et son conseiller spécial BHL, la solution, à coup sûr, n’est pas dans un surcroît de bombes sur Tripoli. Elle est ni dans la capitulation ni dans l’humiliation. « Dans une guerre civile, il ne peut y avoir ni perdant ni gagnant », insiste Patrick Haimzadeh, ancien diplomate en poste en Libye et fin connaisseur du pays. « Il faut rechercher une issue négociée (incluant) les conditions d’un cessez-le-feu, la protection des zones « libérées », les modalités de mise en oeuvre de la transition politique vers une Libye démocratique dont un modèle fédéral ou confédéral serait le plus adapté à la culture et à la tradition du pays. » La Libye: l’autre guerre qu’il faut « savoir terminer ».
Francis Wurtz, député Européen honoraire
mercredi 27 juillet 2011
Algues vertes, un fléau que l’État laisse pourrir
Des associations ont déversé des algues sur une aire de repos des Côtes-d’Armor pour dénoncer « l’incurie » des pouvoirs publics face à leur prolifération, très forte cet été.
Une grande marée n’a pas satisfait les vacanciers amateurs de pêche à pied. En ce début d’été, les côtes bretonnes ont été submergées par un raz-de-marée d’algues vertes. Au 18 juillet, 32 000 m3 de laitue de mer ont été ramassés sur les plages, contre 28 271 m3 à la même époque, l’an dernier.
Ces algues, qui prolifèrent sous le double effet du soleil et des azotes issus des engrais agricoles, « sont aussi apparues dans des baies dont elles étaient jusqu’ici absentes, comme à La Baule ou à Mesquer (Loire-Atlantique) », alerte André Ollivro, porte-parole d’Urgence marées vertes, collectif regroupant des associations de toute la Bretagne.
La mobilisation contre ce fléau estival ne faiblit pas non plus. Des militants ont déversé samedi des algues vertes sur une aire de repos en bordure d’une route nationale, à Yffiniac, dans les Côtes-d’Armor. Cette action symbolique visait à dénoncer la saturation, début juillet, de la seule usine de traitement d’algues vertes existante, à Launay-Lantic, et de la plate-forme de stockage créée à Ploufragan. La veille, un rassemblement avait été organisé à Binic pour commémorer la mort, deux ans plus tôt, d’un chauffeur qui assurait le transport des algues vertes de la côte jusqu’aux aires de stockage. Officiellement décédé d’un arrêt cardiaque, il a été, pour ses proches, intoxiqué par les algues vertes. Le danger pour l’homme des gaz issus de ces algues en putréfaction a été officiellement reconnu après la mort d’un cheval en 2009.
« À la suite de la visite du premier ministre, un plan d’action a été adopté. Mais seul le volet ramassage a été lancé. Aucun plan de prévention visant à faire baisser le taux de nitrate dans les nappes phréatiques n’a été mis en œuvre », regrette André Ollivro.Au contraire. « Les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie ont préparé une circulaire modifiant les règles d’épandage », poursuit l’activiste, en prenant en compte la surface par hectare « et non plus seulement les terres labourées ou utilisables ». Le calcul a été vite effectué par Jean-François Piquot, militant d’Eaux & Rivières de Bretagne, cité par le Canard enchaîné : de 170 kilos d’azote par hectare, les agriculteurs vont pouvoir épandre jusqu’à 212 kilos.
Au risque de priver encore longtemps de baignade les vacanciers sur certaines plages de Bretagne...
Une vingtaine de sangliers ont été découverts morts sur le site des Côtes-d'Armor. C'est un site sur lequel dix autres sangliers avaient trouvé la mort depuis début juillet. Une autopsie aura lieu pour déterminer si la cause de la mort est l'asphyxie liée aux algues vertes ou une intoxication. Le site en question est la plage de Morieux et dans l'estuaire de la rivière Gouessant qui y débouche. Cette année, environ 1.000 tonnes d'algues vertes ont été ramassées sur cette plage.
Publié par l'Humanité
mardi 26 juillet 2011
Un candidat du Front National publie une apologie de Breivik
Sur son blog, un candidat FN aux cantonales publie un texte présentant le terroriste d’Oslo auteur de la tuerie de près de cent personnes comme un « visionnaire », le « nouveau Charles Martel ».
Jacques Coutela assure de son côté qu’il n’est pas l’auteur de ces lignes, qu’il les a "trouvées sur Internet et publiées sur le blog pour informer". Ca ne devrait pas changer grand-chose aux yeux de la loi. Le MRAP a aujourd’hui confirmé son intention de porter plainte pour "incitation à la haine raciale".
Et les propos sont violents. Le premier billet sur le blog était titré : "Le premier défenseur de l'Occident. Appelez-le Charles Martel ". Et de poursuivre : "La raison de l'action terroriste du nationaliste norvégien: combattre l'invasion musulmane", "Faisons de ce résistant une icône".
Ce billet a été enlevé par l’auteur du blog après la menace de procès. A sa place, un texte d’explication au ton guère plus apaisé, cette fois-ci bel-et-bien signé de Jacques Coutela. Les fautes d’orthographes dans les citations n’ont pas été corrigées, par souci d’authenticité. " Ce n'est pas une icône, mais simplement un visionnaire face à la montée de l'islamisation de l'Europe, avec la complicité de nos gouvernants et de bruxelle. […] Le seul moyen d'éviter ce genre de chose et surtout de ce qui vas se passer très bientôt, est de remplir les bateaux avec toute les personnes que nous avons acueilli à bras ouvert et qui nous chient dans nos baskets. Refouler ces mécréants qui veullent nous imposer le hallal, les mosquées, la pédophilie, et l'ocupation de nos rues."
Avant de faire référence à la guerre d’Algérie… Le titre même du blog, « la valise ou le cercueil », est directement tiré de slogans utilisés dans les années 50 par le FLN, puis détournés par l’OAS. L’auteur a été candidat FN aux cantonales de mars 2011 à Saint-Florentin dans l’Yonne. Il y a obtenu 18,8 % des suffrages.
Publié par l'Humanité
dimanche 24 juillet 2011
La voix soul d'Amy Winehouse s'est éteinte
La chanteuse Amy Winehouse a été retrouvée morte dans son appartement dans le nord de Londres, samedi après-midi. Agée de seulement 27 ans, la chanteuse à la voix incroyablement soul se battait depuis plusieurs années avec des problèmes d'alcool et de drogue. Elle était sortie récemment d'une cure de désintoxication, avant de tenter un retour dans le cadre d'une tournée estivale de concerts, qu'elle avait dû annuler.
"La police a été appelée par le Service londonien des ambulances à une adresse à Camden Square peu avant 16 heures, à la suite d'informations faisant état d'une femme trouvée morte", a déclaré la police dans un communiqué. "A leur arrivée, les agents de la police ont trouvé le corps d'une femme de 27 ans, dont la mort a été déclarée sur place. L'enquête sur les circonstances de la mort continue. A cette étape des investigations, elle est considérée comme inexpliquée", ajoute le texte.
Huée en juin au cours d'un concert en Serbie, où elle était apparue titubante sur scène, incapable de se souvenir des paroles de ses chansons, elle avait dû annuler toute sa tournée estivale, qui prévoyait encore des étapes en Espagne à Bilbao, en Suisse à Locarno et Nyon, au festival de Lucca en Italie, à Wiesen en Autriche et en Pologne.
Révélée en 2006 par la chanson Rehab, la chanteuse accoutumée aux annulations de concert au dernier moment, avait connu les honneurs en 2008 en remportant quatre Grammys, dont ceux du meilleur album et de la meilleure nouvelle artiste. Des ennuis judiciaires l'avaient cependant empêchée d'assister à la remise des prix.
lundi 18 juillet 2011
AFGHANISTAN : COMPRENDRE CE CONFLIT !
Afghanistan: "Tout doit être présenté comme une victoire"
Avec 17 soldats tués en six mois, dont six la semaine dernière, la France connaît des pertes militaires considérables en Afghanistan. Georges Lefeuvre, ancien diplomate, anthropologue et aujourd’hui directeur de l’Af-Pak Research, explique pourquoi cet été pourrait être encore plus meurtrier.
17 soldats français ont été tués en six mois en Afghanistan, et vous annoncez un été meurtrier pour nos troupes. Pourquoi ?
Georges Lefeuvre. Le contexte actuel fait effectivement craindre le pire. A la mi-décembre, un 51ème soldat français a été tué ; en ce début juillet, on atteint un total de 70 morts, soit 17 militaires tués en un peu plus de six mois, contre 60 en 10 ans. Les soldats français sont décédés pour la plupart dans le district de Tagab, où est installée la base française. C’est avec celui d'Alasay l’un des districts de la province de Kapisa (à l’est de l’Afghanistan) où les combats sont les plus intenses et les plus meurtriers. Cette situation est le fruit des décisions américaines et de la stratégie des insurgés dans cette région. Des groupes composés de talibans pakistanais du Waziristan de type TTP (Tehrik-e-Taliban Pakistan), proches d’Al Qaida et du réseau Haqqani, mènent, depuis l'agence tribale pakistanaise de Bajaur et depuis environ 2 ans, des offensives régulières dans ces zones afghanes du nord-est dont ils contrôlent désormais trois provinces : le Nuristan, le Laghman et le Kunar. Or, dans cette dernière, la vallée de Korengal avait été abandonnée par l’Otan durant l’été 2010. Dès septembre, les Etats-Unis se sont aperçus que des camps d’entraînement d’insurgés y avaient été déployés. De même, en février 2011, les Etats-Unis ont décidé d'abandonner leur poste militaire de la vallée de Pech qui assure la communication entre le Kunar et le Laghman. Les insurgés ont pu s’engouffrer dans toute cette zone, située aux portes de Kapisa.
La France est donc aujourd’hui en première ligne ?
Georges Lefeuvre. Les insurgés visent le dispositif militaire français de Kapisa. Ils y voient le dernier obstacle avant la jonction avec les poches de résistance qui sont dans le nord de l’Afghanistan (régions du de Baghlan et de Kunduz). De là ils peuvent aussi harceler la base militaire américaine de Bagram qui est à quelques kilomètres plus au sud, et éventuellement Kaboul. Cette stratégie des insurgés n’a pas pour but de prendre le pouvoir. Le TTP, les réseaux Haqqani, et les réseaux exogènes d’Al-Qaida, sont là pour déstabiliser les Etats-nations, les frontières, les capitales, avec l’objectif d'ouvrir l'espace à l'instauration d'un Khalifa. Dans cette optique, Kapisa est un enjeu majeur, et on assiste actuellement aux premières offensives de l’été.
Pour quelles raisons Nicolas Sarkozy, dès son arrivée au pouvoir, a-t-il décidé de s’installer dans une zone si dangereuse ?
Georges Lefeuvre. Pendant sa campagne, alors qu'un humanitaire français, Éric Damfreville, était otage des talibans, Nicolas Sarkozy avait indiqué qu'il se désengagerait d’Afghanistan. Mais une fois élu, dans un souci personnel de s’imposer sur la scène internationale, et à l'occasion du sommet de l'OTAN à Bucarest en avril 2008, le président a décidé d'augmenter les effectifs français de 700 soldats et voulu montrer qu’il était plus que d'autres capable de déployer nos soldats là où aucune autre armée ne souhaitait plus rester! Mais quand les militaires français ont pris la relève de la 101ème division aéroporté américaine, dans la province de Kapisa en août 2008, ils ont été «accueillis» par une embuscade qui a fait dix morts. Désormais positionnée sur une zone hautement stratégique, la France a eu pour mission de «pacifier» la région et de construire une route permettant un meilleur ravitaillement de la grosse base américaine de Bagram en provenance du Pakistan, mais aussi des postes avancés dans le nord du pays, sans avoir à passer par Kaboul. Des responsables militaires avaient pourtant pointé des incohérences stratégiques.
Quel regard portez-vous sur les récentes annonces de retrait faites par la France, les Etats-Unis et la Grande Bretagne ?
Georges Lefeuvre. En France comme aux Etats-Unis, la désinformation a débuté face aux échéances électorales de 2012. La guerre, le retrait : tout doit être présenté comme une victoire, quitte à travestir la réalité pourtant sans appel. Il n’y aucune réconciliation nationale en Afghanistan. J’étais contre une occupation de l'Otan au delà de l'intervention militaire de 2001, mais aujourd’hui, il est tout aussi criminel de partir dans de telles conditions. Sur place, les Afghans se préparent déjà à une guerre civile. ll n’y a pas eu aucune avancée sur un traitement politique des vraies causes insurrectionnelles. Même à Kaboul, l’Assemblée nationale afghane est en guerre ouverte contre le président Karzaï, sur fond de compétitions ethniques de pouvoir entre Pachtounes, Tadjiks, Hazaras, Ouzbeks, qui peut vite dégénérer. Comme en Tunisie où l’on disait : «c’est Ben Ali ou les islamistes», en Afghanistan, on fait comme si la seule alternative était entre l’Otan et les talibans. Ce qu’il faut, c’est s’attaquer au problème essentiel : la question pachtoune (les 45 millions de Pachtouns sont éclatés entre le Pakistan (15%) et l'Afghanistan, où ils représentent 50% de la population totale, ndlr). Elle est le véritable terrain fertile des talibans qui sont eux-mêmes le terrain fertile des réseaux terroristes du type Al Qaida.
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samedi 16 juillet 2011
Le grand retour de Joan Baez à la Fête de l’Humanité
Samedi 17 septembre, on célébrera les quarante ans du premier concert de Joan à La Courneuve. L’amazone pacifiste réinvestira la grande scène.
Joan Baez incarne plus d’un demi-siècle d’engagement artistique et politique. Elle fait partie de ces créateurs exceptionnels, capables de faire rimer richement l’artistique et le politique, sans que l’un ne porte ombrage à l’autre. En septembre, nous célébrerons de grandes retrouvailles à la Fête de l’Humanité, où elle s’était produite en 1971.
Elle y avait interprété la chanson antimilitariste de Maxime Le Forestier, Parachutiste, ainsi que la Ballade de Sacco et Vanzetti. « Des moments inoubliables », commentait un de nos lecteurs sous le pseudo de Pat de Panic, après la publication de l’interview de la chanteuse. Lui qui avait assisté au concert de Joan à La Courneuve rajoutait : « Cette femme, qui ne se veut pas donneuse de leçon, est un exemple. » (A lire: Joan Baez, "mon engagement n'a pas été un sacrifice").
Elle traque les nuages et caresse le ciel
Joan Baez est colombe de paix et de liberté. Sa voix aérienne, qui s’envole au ciel avec une humble majesté, incarne à merveille la dualité de l’amazone pacifiste : résistante et lumineuse comme le cristal, elle traque les nuages et caresse le ciel.
Elle ne recule pas, si sa conscience la convainc qu’il faut traverser un terrifiant stratus, prêt à éclater en tempête. Ainsi, malgré les pressions des bellicistes, elle s’était rendue auprès des Nord-Vietnamiens afin de protester contre la guerre et d’exprimer sa solidarité. Le CD-DVD How Sweet The Sound (Proper Records, environ 22 euros) montre, pour la première fois, des images de cette visite. On voit la chanteuse militante prier avec des habitants d’Hanoï, à une occasion cruciale puisqu’il s’agissait de bombardements parmi les plus violents. Pour elle, nul doute, nous devons pratiquer la désobéissance civique, dès lors que la dignité humaine est bafouée.
Le chant de Joan est comme un souffle de libération
Née d’un père mexicain et d’une mère britannique, Joan a grandi dans une famille croyante et ralliée au pacifisme, mouvement qu’elle a tôt rejoint.
À seize ans, elle est allée écouter, dans une université, une conférence de Martin Luther King, qui appelait au boycott des bus en guise de réponse à la discrimination raciale. Elle savait, alors, qu’elle allait dédier sa vie à la lutte pour la paix. Le mouvement hippie se reconnaît en cette douce pasionaria qui donne, à Woodstock en 1969, une prestation mémorable. Joan Baez s’investit dans les grandes causes de son temps, par-delà les frontières, par-delà les barrières idéologiques: le combat contre l’apartheid qui, aux Etats-Unis, refuse de porter ce nom, mais qui en a les caractéristiques, la lutte des femmes, la mobilisation contre la dictature de Pinochet, le soutien à Nelson Mandela, l’action que Joan mène au sein d’Amnesty International depuis 1972…
dimanche 3 juillet 2011
Elections en Thaïlande : changement de majorité
Le parti Puea Thai, de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra aujourd'hui dirigé par sa soeur Yingluck, obtient la majorité absolue aux élections législatives.
Ces élections vont rendre la situation complexe en Thaïlande. Et tout tourne autour de l’exilé Thaskin, homme d’affaire milliardaire et populiste, condamné par contumace à deux ans de prison pour malversation financière. Avec la victoire de son parti à ces législatives, avec 260 élus sur 500 pour son parti Puea Thaï contre 163 au Parti démocrate de l’actuel Premier ministre Abhisit Vejjajiva, il pourrait bien revenir reprendre les rênes du pays. Sa sœur Yngluck (en photo), actuellement à la tête du parti, devrait prendre le poste de Premier ministre, et faire voter une loi d’amnistie qui permettrait le retour de son frère, renversé en 2006 par un coup d'Etat militaire. Le Premier ministre actuel Abhisit Vejjajiva a admis sa défaite invitant le parti de l'opposition à former un gouvernement, et ce, avant même la publication des résultats définitifs.
Le bilan au pouvoir (2001-2006) de Thaskin est mitigé. Et malgré sa condamnation, il conserve un impressionnant soutien populaire. Les fameuses Chemises Rouges, qui ont manifesté et se sont fait violemment réprimés en 2010, demandaient son retour. Ce qui s’explique notamment par le fait que c’est Thaskin qui a instauré un salaire minimum et une sécurité sociale en Thaïlande. D’un autre côté, son mandat est entaché par de sanglantes opérations, dans sa guerre contre la drogue et pour réprimer les manifestations des minorités musulmanes qui ont fait plusieurs milliers de morts. Aujourd'hui si les Chemises Rouges se sont globalement détachées de la figure de Thakshin et sont principalement en lutte pour une meilleure répartition des richesses, certains voient encore l'ancien Premier ministre comme un messi, un sauveur.
En exil depuis Dubaï, Thaskin a déclaré : "J'espère que toutes les parties respecteront la décision du peuple, sinon notre pays ne peut pas parvenir à la paix". D'importantes tensions sont effectivement à craindre.
Voir aussi : L’ONG Human Rights Watch critique l’inertie de Bangkok qui n’a pas poursuivi les responsables d’exactions lors de la répression contre les chemises rouges en 2010 : Meurtres à la thaïlandaise
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