lundi 28 février 2011

Annie Girardot touchée par la maladie d'Alzheimer


L'actrice française Annie Girardot avait annoncé qu'elle était atteinte par la maladie d'Alzheimer ce qui n'était pas courant pour une personnalité. Alzheimer touche 25 millions de personnes dans le monde et 860.000 en France.
A l'annonce de cette maladi à 75 ans, cette personnalité du cinéma français avait tourné dans "Le temps de porte-plumes", de Daniel Duval et avait plein de projets en tête.

Biographie Comme au Cinéma.com"
Annie Girardot était née le 25 octobre 1931 à Paris.
Elle avait d'abord suivi des études d'infirmière à Caen jusqu’à ce qu’elle se découvre une véritable vocation pour la comédie. Elle intègra ainsi l'école de la Rue Blanche, puis le Conservatoire - d'où elle sorti avec un double premier prix ! Elle entre à la Comédie Française en 1954, et la quitte en 1957 pour se consacrer au cinéma.

Ses débuts se firent avec Treize à Table d'André Hunebelle, et elle obtient son premier grand rôle au cinéma dans Rocco Et Ses Freres, où elle joue une prostituée et partage la vedette avec Alain Delon.
1962 marque un tournant dans sa vie privée, elle épousa l'acteur italien Renato Salvatori en et donna naissance à sa fille Guilia le 5 juillet. Dès lors, elle mèna une double carrière en France et en Italie (Le Gitan, de José Giovanni).

Annie Girardot a reçu moult récompenses tout au long de sa prolifique carrière.
Elle reçut le prix d'interprétation du Festival de Venise en 1965, pour Trois Chambres à Manhattan de Marcel Carné. Elle avait également reçu le César de la Meilleure Actrice pour Docteur Francoise Gailland, deux César du Meilleur Second Rôle Féminin pour Les Misérables (1996) et pour La Pianiste(2002), un Molière de la Meilleure Comédienne 2002 pour Madame Marguerite et un Molière d'Honneur la même année.

En 2005, elle était à l’affiche de Je Préfère Qu'On Reste Amis aux côtés de Gérard Depardieu et de Jean-Paul Rouve, et de Caché de Michael Haneke présenté en sélection officielle au festival de Cannes 2005.
En 2006, elle donna à nouveau la réplique à Jean-Paul Rouve et Anne Brochet dans Le Temps Des Porte-plumes. Le 20 septembre 2006, son avocat Maître Emmanuel Asmar annonca à la presse que l’actrice, âgée de 74 ans, est atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Elle s'est éteinte entourée par sa famille, dans la sérénité à 79 ans le 28 février 2011.

vendredi 25 février 2011

FEMME LIBRE : ZAHIA ZIOUANI


Série E-Mosaique, spécial 08 Mars, femmes libres (Zahia Ziouani, Marie George Buffet, Sophie de La Roche Foucault…)

« Je brûle de la présenter à qui ignore l’étonnante saga qu’elle est en train de faire naître. « elle » ? C’est Zahia Ziouani jeune et talentueuse chef d’orchestre à qui une réalisatrice, a eu l’idée lumineuse de consacrer un film « Zahia Ziouani : une chef d’orchestre entre Paris et Alger »…C’est dire la perspective qui attend la brillante et modeste chef d’orchestre entre Paris et Alger. Merci Zahia :que votre exemple serve de leçon à qui veut unir vraiment le peuples et les cultures des deux rives de « notre mer ». » Francis Wurtz, député honoraire au Parlement européen, dans l’Humanité Dimanche.
Zahia ZIOUANI : 31 ans, chef de l’orchestre symphonique Divertimento et de l’Orchestre national symphonique d’Algérie, directrice de l’école de musique et de danse de Stains.
« J‘ai commencé l’orchestre très jeune, à 16 ans. On me disait que ce n’était pas un métier de femme (il est exercé à 99,99 % par des hommes). Dans l’orchestre de Vienne, par exemple, les musiciennes ne sont pas acceptées, sauf les harpistes ! A l ‘école de musique de Stains, j’encourage beaucoup les jeunes filles à pratiquer les instruments dits “d’homme”. »

Entretien dans Elle


BIOGRAPHIE Zahia ZIOUANI
Zahia Ziouani est née en 1978. Elle est actuellement un Chef d’Orchestre de renom.
Titulaire de plusieurs premiers prix de conservatoire et diplômée en Musicologie à l’Université Paris IV Sorbonne, elle a été sélectionnée pour étudier la direction d’orchestre auprès du célèbre Maestro Sergiù Celibidache.

Durant l’année 2007, Zahia Ziouani a été nommée chef d’orchestre principal invitée de l’Orchestre National Symphonique d’ Algérie.

La renommée et le talent de Zahia ZIOUANI lui permettent de se produire dans de prestigieux lieux à Paris et sa région : Salle Gaveau à Paris, Basilique de Saint-Denis, Sénat, Ministère de la Justice, Auditorium Xenakis à Stains…Elle se produit à de nombreux concerts à l’étranger : Russie, Espagne, Allemagne, République tchèque, Pologne, Belgique, et Algérie.

Zahia ZIOUANI collabore aux côtés de grandes personnalités du monde musical français et international : Raphaël Pidoux, Sophie Koch, Ferruccio Furlanetto, Jean-Marc Philips-Varjabédian…
Lors de ses invitations à de nombreux Festivals, elle a été invitée à diriger des orchestres symphoniques et chœurs venant de Russie, Roumanie, République Tchèque, Pologne, Ukraine, Espagne, Allemagne, France, Australie, Algérie, Egypte et Chine.
Elle a notamment dirigé l’Orchestre pour la Paix, l’Orchestre Symphonique du Caire, l’Orchestre Symphonique National d’Algérie, l’Ensemble Instrumental DensitéS, l’Orchestre de chambre Dionysos, l’orchestre du Festival de Musique Contemporaine Encre Fraîche, et l’Orchestre du Festival Eurochestries de Jonzac en Charente-Maritime, l’Orchestre du festival 70 ans de Jazz français en Seine Saint-Denis ….


A la ville de Stains en Seine-Saint-Denis, Zahia Ziouani est Directrice de l’École Municipale de Musique et de Danse. Elle y encadre une équipe pédagogique importante et dynamique, et s’y investit très fortement pour sensibiliser tous les publics à la Musique et la Danse, et former les jeunes stanois aux activités artistiques.


Le 21 décembre 2006, Zahia ZIOUANI a été récompensée pour son parcours, au Sénat, dans le cadre des « Trophées de la réussite au Féminin ».
Le 17 juillet 2007, Zahia ZIOUANI a reçu le Premier Prix de Musique du Président de la République Algérienne pour la récompenser de toute son activité et investissement artistique à la tête de l’Orchestre National Symphonique Algérien.
Le 6 décembre 2008, elle a été promue Chevalier de l’Ordre National du Mérite Français

lundi 21 février 2011

EXPOSITION LUCAS CRANACH A PARIS



Les séduisantes ambiguïtés de Lucas Cranach

Le Musée du Luxembourg a rouvert ses portes, mercredi 9 février, avec une exposition consacrée au peintre de la renaissance allemande et des débuts de la Réforme

Cranach et son temps Musée du Luxembourg, Paris

Qui était donc Lucas Cranach ? Difficile de le dire, tant sa peinture contient d’ambivalences et sa vie de paradoxes. Né en 1472 à Kronach (Allemagne), actif à Vienne dans le cercle des humanistes autour de 1500, Cranach est engagé comme peintre officiel à la cour du prince électeur de Saxe en 1505. Clin d’œil de l’histoire, c’est la même année qu’entre dans les ordres un certain Martin Luther…

Artiste accompli, fin politique et entrepreneur avisé, Cranach trouve à la cour de Wittenberg un espace de création et d’influence. Il y excellera dans la peinture des aristocrates et des mœurs de la cour, offrira son pinceau aux débuts de la Réforme, mais ne l’éloignera jamais d’une approche humaniste et intime de la vie, comme en témoignent ses célèbres nus féminins.

L’exposition « Cranach et son temps » qui rassemble 75 tableaux et gravures au Musée du Luxembourg, met bien en évidence cette complexité. Du peintre officiel, on pourra notamment admirer de magnifiques gravures représentant des scènes de tournoi, où cavaliers et chevaux s’entremêlent dans des volutes inextricables ou le portrait d’un Jeune prince de Saxe, saisi sur le seuil de sa vie publique, à mi-chemin entre l’enfance et le sérieux exigé par le pouvoir.

Premier peintre de la Réforme, Cranach offre à la postérité de célèbres portraits de Luther et des toiles à fort contenu théologique, comme dans le très pédagogique tableau La Loi et la Grâce, qui synthétise le message paulinien et résume toute la controverse de la Réforme. Diplomate habile, Cranach n’hésitera pourtant pas à travailler pour le cardinal Albert de Brandebourg, adversaire notoire de Luther…
Beaucoup de malice

Fidèle à l’esprit de la Renaissance, Cranach ne se cantonne pas aux thèmes théologico-politiques. Il sera le premier à peindre un nu féminin – autre qu’Ève – au nord des Alpes. Chez Cranach, la femme est souple, les jambes immenses, presque sans hanches, le haut du dos parfois légèrement voûté. Silhouette molle, presque reptilienne, ce corps exhale une séduction évidente et un magnétisme inquiétant. Le visage n’est guère plus rassurant : yeux en amandes mi-clos, fines lèvres au sourire énigmatique invitent à la convoitise et au péché de chair.

Mais le peintre n’oublie pas les bonnes mœurs. Un peu sournoisement, il joue avec le désir du spectateur, lui offrant la contemplation d’une peau laiteuse, tout en le mettant en garde : Fontis nympha sacri somnum ne rumpe quiesco, dit l’inscription en haut à gauche du tableau de La Nymphe de la source (« Je suis la nymphe de la fontaine sacrée, ne trouble pas mon sommeil, je me repose »), identifiant le spectateur au satyre de la légende…


C’est également avec beaucoup de malice que Cranach recouvre ses nus d’un voile quasi invisible, aussi transparent qu’inutile…
Coiffée de chapeaux à plumes
L’ambiguïté de la femme ne s’efface pas quand celle-ci est vêtue. Couverte de velours aux rouges profonds et de fourrures moelleuses, ornée de bijoux, parfois coiffée de chapeaux à plumes, elle se manifeste alors dans toute sa puissance inquiétante.


Elle est celle qui tourne l’homme en ridicule (Hercule chez Omphale), trompe sa fidélité (La Bouche de la vérité), voire cause sa mort (Salomé tenant la tête de Jean-Baptiste).

Même Lucrèce, l’héroïne vertueuse de la Rome antique, qui préfère mettre fin à ses jours que de survivre au déshonneur d’un viol, apparaît sous le pinceau de Cranach plus courtisane que spirituelle. Seins offerts, pommettes roses et boucles soyeuses, est-elle vraiment innocente de son triste sort ?

Elodie MAUROT, La Croix

dimanche 20 février 2011

ALIMENTATION : ALERTE ROUGE POUR LES PAYS PAUVRES


Les prix alimentaires proches de "la cote d'alerte", avertit la Banque mondiale
La flambée des prix alimentaires est en train d'atteindre la cote d'alerte et accroît l'instabilité politique, a averti le président de la Banque mondiale Robert Zoellick.

La hausse des prix des produits alimentaires va encourager une hausse de l'offre agricole, mais dans les deux prochaines années "il pourrait aussi y avoir une masse de troubles, les gouvernements pourraient tomber et les sociétés basculer dans le désordre", a affirmé M. Zoellick.

La hausse continue des prix des denrées alimentaires, nourrie par la flambée des cours des matières premières agricoles, est une des causes des bouleversements en cours au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

La communauté internationale doit se tenir prête à réagir rapidement pour aider des pays comme la Tunisie, où le président Zine El Abidine Ben Ali a été renversé après une révolte populaire, qui a donné le coup d'envoi d'autres mouvements de protestation à travers tout le Moyen-Orient et le Maghreb.

La hausse des prix alimentaires a fait tomber entre juin et décembre 44 millions de personnes dans le monde sous le seuil de l'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale.

L'institution a réalisé cette estimation grâce à des statistiques sur les revenus et dépenses des ménages réalisées dans les pays à revenus bas à moyens.

Le seuil de l'extrême pauvreté est défini par des dépenses de 1,25 dollar par jour et par personne. D'après les dernières estimations en date de la Banque mondiale, 1,2 milliard de personnes dans le monde sont sous ce seuil.

"Les prix de l'alimentation continuent à augmenter dans le monde. L'indice des prix alimentaires de la Banque mondiale a augmenté de 15% entre octobre 2010 et janvier 2011, et n'est que 3% en dessous de son pic de 2008", a indiqué l'institution dans un communiqué.

samedi 19 février 2011

Des affiches pour sortir le fret du placard


Aux grands maux les grands remèdes. Le conseil central d'entreprise (CCE) de la SNCF, en lien avec celui du fret SNCF, a lancé depuis lundi une grande campagne d'affichage. Des placards de 4x3 mètres ont fleuri sur 1900 panneaux un peu partout à travers le pays. L'objectif: sensibiliser les Français a la casse progressive du transport de marchandise par rail.

Le CCE SNCF explique cette initiative inhabituelle pour lui: " Entre 2000 et 2009, la part du fret ferroviaire a été divisée par deux, passant de 55,4 milliards de tonnes kilomètre (GTK) à 26,5 milliards de tonnes kilomètre (GTK). Entre 2008 et 2010, les effectifs dédiés à Fret SNCF sont passés de 14 933 à 11 793 cheminots. En 2010, cette branche a connu une baisse de ses effectifs de 18,6 %. Quelle entreprise serait en mesure d’encaisser un tel plan social ? Avec une part modale de l’ordre de 15 % (contre plus de 80 % pour la route), le fret ferroviaire en France est en déclin constant, bien loin de pays comme l’Allemagne (33 %), l’Autriche (37 %) ou la Suisse (40 %)."

Dans ce plan social qui ne dit pas son nom, les gares de triage de Somain, Villeneuve-Saint-Georges, Sotteville et Miramas sont menacées car la direction de la SNCF arrête petit à petit l'usage des "wagons isolés", qui assurent pourtant 60% du trafic. "Dans un tel contexte, l’objectif annoncé lors du Grenelle de l’environnement, de porter, d’ici 2022, à 25 % le volume des marchandises transportées en mode alternatif (fluvial et ferroviaire), sera difficile à atteindre", poursuit le CCE SNCF qui, en plus de ses affichages, de son site internet sauvonslefret.fr, interpelle en direct les élus locaux, les pouvoirs publics et la direction de la SNCF, autour de leurs propositions alternatives.
Publié par le journal l'Humanité

jeudi 17 février 2011

FEMMES DU 6EME ETAGE

Cinéma

Le maître très coincé et la soubrette accorte

La jolie et réussie comédie de Philippe Le Guay sort dans nos salles. Les Femmes du 6e étage, de Philippe Le Guay. France. 1 h 46.

Il y eut un temps, dans les années 1930, où le cinéma français, comme le théâtre, était plein de soubrettes et de domestiques. Dans les hôtels particuliers des riches comme dans la Règle du jeu, de Renoir. Mais aussi dans des milieux moins fortunés, voire le Paris des films de René Clair, quand on pouvait encore parler de mixité. Les immeubles n’avaient pas d’ascenseur et la ségrégation sociale se faisait verticalement. Les possédants occupaient les étages nobles, ceux hauts de plafond aux cheminées de marbre chevauchées de miroirs, tandis que la pipelette, revêche par convention, invectivait les couche-tard depuis sa loge et que les boniches se faufilaient jusqu’aux étages élevés par l’escalier de service, celui non doté d’un tapis. On ne se croisait guère mais quand même, davantage que du jour où, RER aidant, la ségrégation horizontale allait remplacer la verticale. Un film comme celui de Philippe Le Guay ne serait pas envisageable en le faisant se dérouler aujourd’hui. C’est d’ailleurs avec toute la nostalgie qui s’impose, celle issue de la promiscuité des petites gens due aux toilettes sur le palier et au point d’eau dans le couloir, qu’il nous oblige à nous remémorer les années 1960. Nous sommes à une époque où le mot chômage n’épouvante pas et où on peut converser simplement sans se traiter de noms d’oiseaux composés de mots américains de quatre lettres.

À l’étage noble vit Jean-Louis Joubert, agent de change dans une étude à l’austérité balzacienne, accaparé par son métier. Fabrice Luchini vampirise goulûment le rôle pour notre plus grand bonheur, quoique davantage dans la réserve que d’habitude, ainsi que l’exige le scénario. Chez lui, on trouve sa femme Suzanne (Sandrine Kiberlain), modèle de conformisme bourgeois ayant la haute main sur son cher et tendre, deux gamins à qui on flanquerait volontiers des baffes tant ils exaspèrent avec leurs petits costumes cravates de pensionnaires dans l’enseignement privé et une domestique que nous verrons peu car cela tourne vinaigre avec Madame. Il faut donc lui trouver une remplaçante et c’est là que le film commence. L’heure étant aux bonnes espagnoles, voici Maria (Natalia Verbeke) retenue. Cette dernière vit dans l’immeuble même, au sixième étage, avec une joyeuse tripotée de congénères dont sa tante Conception (Carmen Maura). Très vite, le film prend ses marques en opposant la chaleur latine et la fraternité des employées de maison, au-delà de leurs divergences (l’une a la fibre syndicale, une autre est une grenouille de bénitier…), à l’ordonnancement étriqué des bourgeois français. Comme il se doit, Jean-Louis va être attiré par la liberté de Maria.

Philippe Le Guay, assisté de Jérôme Tonnerre à l’écriture, est parvenu à construire là une comédie populaire sans une once de vulgarité, chose devenue rare (on n’en n’avait pas vu depuis, disons, l’Arnacœur). C’est en effet un peu de Sous les toits de Paris ou du Crime de monsieur Lange qui ressurgit. Tant mieux.

Jean Roy, pour l'Humanité

Avis ACTUSe : Excellent film ***

mardi 15 février 2011

PARADIS FISCAUX EN FRANCE


Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Polynésie française... Des noms qui font rêver pour leurs plages. Et leur régime fiscal ? Le Sénat a adopté ce lundi une proposition de loi organique visant à approuver quatre conventions en matière fiscale entre l'Etat et ces collectivités territoriales d’Outre-mer. Une proposition de loi déposée par Louis Constant Fleming et Michel Magras, respectivement sénateurs UMP de Saint Martin et de Saint Barthélemy.
Une loi que dénonce le groupe CRC (à majorité communiste) du Sénat. « Ces deux éminents parlementaires, (…) issus des familles les plus anciennes et les plus aisées de ces deux îles, entendent en faire de véritables paradis fiscaux », dénonce un communiqué du groupe. Pour les sénateurs communistes, le projet de loi « institutionnalise une fiscalité dérogatoire du droit français dans ces deux collectivités ». Les sénateurs « appellent à la plus grande vigilance » à l'égard de tels « petits arrangements législatifs entre amis ».

« Les paradis fiscaux ne sont pas des paradis pour tous »
« Quand on ne paie pas d’impôt sur la fortune, lorsqu’on paie 10 % de moins d’impôt sur le revenu, lorsqu’il n’y a pas de taxe sur le salaire, il y a quand même des choses qui sont aberrantes », dénonce encore Thierry Foucaud, sénateur du Parti de gauche, membre du groupe (voir la vidéo). Il dénonce le coût pour l’Etat : « Saint-Barthélémy, c’est moins 6 millions d’euros et Saint-Martin, c’est moins 6 millions. Ce qui fait 12 millions d’euros. Je préfère que ça aille dans des politiques à l’égard de la population en général que dans les poches des 25 familles les plus riches d’un côté et les 70 de l’autre ». Dans l’hémicycle, Thierry Foucaud continue son offensive : « Les paradis fiscaux ne sont pas des paradis pour tous ».

Selon l’exposé des motifs, le projet de loi exprime pourtant « la volonté commune des parties de collaborer pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ». « C’est justement ce que l’ont veut éviter », insiste en séance l’UMP Christian Cointat.

Les sénateurs du groupe CRC s’appuie aussi sur les propos du président de la commission des finances du Sénat, le centriste Jean Arthuis : « Est-il légitime de maintenir les dispositifs de défiscalisation à Saint-Barthélémy, île prospère ? Quel gâchis d'argent public ! », s’indignait lors de l’examen en commission le sénateur membre de la majorité. Il ajoutait : « Certains observateurs locaux disent que les parkings y sont trop petits tant sont nombreuses les voitures défiscalisées ! »

lundi 14 février 2011

À l’issue de leur congrès pourquoi ils décident de quitter le NPA.


Issu-e-s d’origines et de traditions politiques et militantes diverses, nous avions répondu à l’appel de la LCR de construire un nouveau parti rassemblant le meilleur des traditions du mouvement ouvrier et des différentes histoires de la gauche, pour proposer une alternative à la crise du capitalisme et au social-libéralisme. Mais au lieu d’être un facteur positif dans la recomposition de la gauche de transformation sociale et d’avancer vers une nouvelle force pluraliste et ouverte, le NPA s’est de plus en plus éloigné de cet objectif.

Ce congrès aurait dû être l’occasion de tirer les bilans d’une orientation politique qui, notamment lors des élections européennes et régionales, nous a amené à l’isolement. Il aurait dû permettre d’analyser et de comprendre les raisons de l’importante désaffection militante qu’a subi le NPA depuis son congrès fondateur et qui s’est notamment traduite par sa rétractation sur le seul courant de l’extrême-gauche traditionnelle autour de l’ex-LCR et de petits groupes.

Cela n’a pas été le cas, les bilans n’ont pas été tirés. Si cette analyse avait été menée elle aurait permis, au sortir d’un mouvement social inédit, de comprendre l’attente de dizaines milliers de salarié-e-s, acteur-trice-s du mouvement social, syndical, associatif et politique, hommes et femmes de gauche et des classes populaires.

Face à une majorité présidentielle devenue illégitime dans le pays, à un régime institutionnel de plus en plus décrié, une véritable alternative politique à gauche est attendue et indispensable pour mener la bataille idéologique et politique contre les responsables de la crise économique et de la misère sociale, ceux qui font payer cette crise aux peuples en France, en Europe, comme dans le reste du monde.

Beaucoup n’en peuvent plus de l’éparpillement irresponsable da la vraie gauche qui l’empêche d’incarner une alternative crédible à un parti socialiste dont on sait qu’il ne fera pas autre chose qu’un Papandréou ou un Zapatero, une fois au gouvernement.

Rassembler l’ensemble des forces politiques à la gauche du PS pour défendre en 2012 et après un programme en rupture avec toutes les variantes du libéralisme : telles sont les urgences de la gauche politique.

Les déclarations de dirigeants du NPA pour une candidature « des luttes » ou « du mouvement social » ressemblent plus à une dérobade qu’à une avancée, puisque dans le même temps le congrès du NPA refuse d’engager la discussion pour chercher un accord politique avec les forces rassemblées dans le Front de Gauche ou la FASE. Ce n’est qu’en acceptant d’entrer dans une dynamique unitaire que l’on peut sérieusement engager la discussion sur le programme, et les candidatures les plus à même de représenter le rassemblement. Sans majorité politique à son congrès, le NPA se dirige à nouveau vers la répétition d’une politique isolationniste.

Pour autant, nous considérons toujours que l’expérience accumulée par le NPA ne devrait pas faire défaut à la nécessaire recomposition de la gauche. Mais au regard des échéances sociales et politiques présentes et à venir, la priorité pour nous est désormais de participer à tous les actes concrets qui rapprochent de la constitution d’un front social et politique de la gauche antilibérale et anticapitaliste, qui fasse pièce à la droite sarkozyste comme à la montée de l’extrême droite, et propose une alternative crédible au social-libéralisme.

Le Front de Gauche peut être un premier pas dans ce sens, en passant à une nouvelle étape de son développement, en s’ouvrant à d’autres forces politiques, en se transformant pour accueillir dans des collectifs toutes celles et ceux qui veulent les rejoindre sans nécessairement adhérer à l’une des organisations et ne pas se réduire à un cartel de sommet.

Il faut impérativement que toutes celles et ceux, organisations, courants, citoyen-nes engagé-e-s, qui partagent cette même volonté d’unité fassent force politique ensemble.

L’orientation majoritaire du NPA tourne le dos à cette perspective. Membres de la direction sortante nous en prenons acte et nous décidons de ne plus en être. Nous continuerons ce combat notamment avec le courant Convergence et Alternative et avec toutes celles et ceux qui partagent cet objectif, qu’ils aient quitté le NPA ou qu’ils y restent. Nous reprendrons par d’autres chemins le projet que nous croyions possible lors de la fondation du NPA.

Leila Chaibi (ex-CE et CPN NPA L’appel et la pioche), Yann Cochin (ex-CE et CPN NPA Clamart), France Coumian (ex-CPN NPA Paris 19e), Maël Goepfert (ex-CPN NPA Paris centre), Danièle Obono (ex-CE et CPN NPA Aubervilliers), Anthony Smith(ex-CPN NPA Reims), Stéphanie Treillet (ex-CPN NPA 94)