samedi 28 mai 2011
SANTE : DANGEREUSES BACTERIES PRESENTES DANS LES FRUITS ET LEGUMES
De dangereuses bactéries présentes sur des fruits et des légumes seraient à l’origine de plus de 200 cas de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques, parfois mortels. L'Allemagne, et plus globalement l'Europe, sont sur le qui-vive.
Dossier sur les bactéries en tout genre
Inquiétudes en Allemagne et ailleurs en Europe : les autorités sanitaires du pays signalent en effet une augmentation anormale de cas de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques. Au total, 214 cas ont été signalés depuis avril 2011. Des bactéries de type Escherichia coli (E. coli), provenant de l’alimentation pourraient être à l’origine de cette flambée. La France ne serait pas concernée. En revanche, des cas ont été signalés en Suède (10), au Danemark (4), Royaume-Uni (3) et Pays-Bas (1).
Les bactéries en question sont des STEC, pour Shiga-toxin-Producing Escherichia coli, les mêmes que celles à l'origine de la maladie du hamburger. Elles peuvent contaminer le tube digestif de l’Homme et de la plupart des animaux à sang chaud. Comme le souligne l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), « parmi les STEC, un sous-groupe appelé "EHEC" (Escherichia coli entéro-hémorragiques) correspond à des bactéries isolées chez l’Homme. » Au moins trois décès seraient attribuables à cette épidémie selon l’Institut de veille sanitaire (INVS).
Des fruits et légumes contaminés par les bovins
Depuis Stockholm (Suède), les responsables de l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), nous précisent que la « majorité des cas rapportés en Europe sont concentrés en Allemagne ». Et plus précisément dans le Nord du pays, dans la région de Hambourg, en Basse-Saxe dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, un Länd allemand proche de la mer Baltique. « La Suède rapporte cependant un nombre de cas anormalement élevé de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques. Nous poursuivons nos enquêtes pour déterminer s’il existe un lien avec les cas recensés en Allemagne ».
D’après l’ECDC, « la contamination proviendrait de laitues, de concombres et de tomates souillées. Nous suivons l’évolution de la situation de très près grâce notamment à notre système d’alerte et de réponse rapide, EWRS » (pour Early Warning and Response System). La Commission européenne précise de son côté que les légumes en question – les concombres principalement – proviendraient d’Espagne. Et plus précisément des régions d’Almeria et de Malaga.
Chez l’Homme, « seules quelques bactéries peuvent suffire à déclencher l’infection ». Les principaux réservoirs de ces bactéries sont les bovins et les ovins. La contamination d’aliments d’origine animale intervient notamment à l’abattoir, en lien avec la traite en élevage ou lorsque les règles d’hygiène générale ne sont pas respectées. Pour les végétaux, elle peut intervenir lors de l’épandage à proximité des végétaux, d’effluents provenant d’élevages de ruminants. Ou également lorsque de l’eau contaminée est utilisée pour l’irrigation, notamment de cultures maraîchères. La contamination peut aussi se produire lors de la préparation des aliments, soit par contact avec un aliment souillé, soit du fait d’une mauvaise hygiène des mains ou des ustensiles utilisés.
Des maladies qu’il est possible d’éviter
Les personnes les plus sensibles à l’infection par ces bactéries sont les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées de plus de 65 ans. Une contamination par des EHEC est susceptible d’entraîner une diarrhée sanglante, voire un syndrome hémolytique et urémique (SHU) chez les enfants (dans environ 10 % des cas), et un purpura thrombotique et thrombocytopénique (PTT) chez les adultes. Ces deux maladies associent une destruction des globules rouges et une diminution du taux de plaquettes sanguines.
Comme le souligne l’ANSES, « le SHU est la principale cause d’insuffisance rénale du nourrisson. Elle est responsable de séquelles rénales graves dans un tiers des cas, pouvant éventuellement entraîner un décès. En France, depuis 1995 une centaine de cas de SHU, majoritairement liés à des STEC, est recensée par an, chez les enfants de moins de 15 ans ».
Ces bactéries sont sensibles à la température. La cuisson est donc susceptible de les détruire au moins partiellement. Pour les légumes crus, un lavage particulièrement minutieux à l’eau claire est indispensable.
ARTICLE PUBLIE DANS FUTURA SCIENCES
lundi 23 mai 2011
Dieu et Darwin sont-ils vraiment compatibles ? Le film Palme d'or
À la fois miniaturiste et peintre de fresque, Terrence Malick a tenté de réaliser un film total allant de Dieu jusqu’à l’homme et d’il y a quatorze milliards d’années à aujourd’hui.
"L’Arbre de vie", de Terrence Malick. États-Unis. 2 h 18. Compétition.
Il y a six ans, Terrence Malick annonçait qu’il tenait son nouveau film, qui nous a été enfin présenté hier. L’œuvre est d’une ambition immense, ce qui a suscité les applaudissements. Il n’est pas interdit d’affirmer qu’elle débouche sur un vide sidéral, ce qui a provoqué les huées. Peu importe, Cannes a l’habitude de ces films qui ne peuvent que profondément diviser, et chacun se fera son avis, le film rejoignant les salles dans les heures suivant sa présentation cannoise.
Où se situe l’action ? Dans l’espace. Quand ? Dans le temps. Quelle est-elle ? Ces questions deviennent bien indiscrètes. Disons que le noyau dur de la chose se déroule dans les années cinquante à Waco, Texas (ville qui passera à la postérité en 1993 pour le massacre des membres de la secte des davidiens) et que nous observons la vie quotidienne d’une famille ordinaire, composée d’un père (Brad Pitt, par ailleurs coproducteur du film), d’une mère (Jessica Chastain dans son premier grand rôle) et de leurs trois garçons dont Jack, que l’on retrouvera à l’occasion adulte (Sean Penn). Le père élève sa progéniture avec une telle rigueur qu’il lui impose d’être appelé monsieur et non papa. La mère ne moufte guère, une scène faisant exception, mais n’en pense pas moins. Ainsi, lors d’un voyage du père au bout du monde, la discipline se relâche. Mais pourquoi tenter de corseter un récit qui ne peut être résumé qu’au prix de son émasculation ?
Le conflit entre la pulsion et la raison
Car si l’Arbre de vie devait passer à la postérité, ce serait pour sa cinématographie visionnaire. Au-delà du détail de l’intrigue, ce sont, sous les auspices du livre de Job cité en ouverture, les questions qui hantaient déjà les films précédents de l’auteur qui refont surface, le conflit entre la nature « qui ne cherche que son profit » et l’esprit, vecteur de son transcendantalisme ; le conflit entre la pulsion et la raison ; entre la bonté et la violence.
Et, au-delà des thèmes, s’incrustent la partition d’Alexandre Desplat et la photo d’Emmanuel Lubezki sous la direction de Terrence Malick. Qu’on plante un petit d’arbre, comme on parle d’un petit d’homme, et c’est la majesté du vieux chêne qui voisine. L’arrondi du ventre d’une femme enceinte peut se retrouver dans la courbure de notre planète, la rotondité du soleil ou simplement un ballon de foot. Le film est cosmique autant qu’il est cosmologique. Tel le 2001 de Stanley Kubrick, il commence aux origines du monde, traversant les millénaires à coups d’effets spéciaux, pour se poursuivre dans un jardin. Dieu est présent partout et convoqué sans cesse en ce péan qui, ne serions-nous dans le consumérisme banal de ces Américains, pourrait atteindre le mysticisme de Tarkovski et Sokourov, tout en gardant l’admiration naïve d’un Chagall face à la Création. De la métaphysique à vingt-quatre images par seconde.
Dieu et Darwin sont-ils vraiment compatibles ?
L'Humanité
dimanche 22 mai 2011
Pari réussi pour les anti-G8 au Havre
REPORTAGE, ARTICLE, PHOTO, L'HUMANITE
6.800 manifestants ont défilé, sans incidents, dans la ville pour contester la tenue du G8, la semaine prochaine, à Deauville. Ce dimanche, ils se retrouveront à l’université pour un forum des alternatives.
Une heure ou deux avant le départ de la manifestation « G8 dégage ! », organisée par 34 syndicats, associations et partis politiques, Il n’y a pas un chat sur les grandes avenues rectilignes dans le centre-ville du Havre (Seine-Maritime). Depuis des semaines, la mairie et la sous-préfecture rivalisent pour alimenter le spectre de « débordements », à l’occasion des mobilisations contestant la réunion, la semaine prochaine, des chefs des huit Etats les plus puissants du monde à Deauville (Calvados), de l’autre côté de la Seine. Quelques rares silhouettes hantent cette ville morte ; il n’y a qu’à la gare que, peu à peu, les ombres lointaines finissent par se rapprocher et constituer une foule. Avant le départ, Pierre Lebas, secrétaire de l’union locale CGT, rappelle les consignes au service d’ordre : « On avance et on est tous sur la chaussée, et pas sur les trottoirs », « on empêche ceux qui voudraient commettre des violences de rester dans le cortège. »
Un peu plus tard, le syndicaliste reprend le micro pour dénoncer le « zèle » des forces de police qui bloquent des bus sur le pont de Tancarville. « Il faut qu’ils les laissent passer parce que notre banderole de tête est dans un des cars », avance-t-il, dans un sourire. Illustration du délire sécuritaire : au cours de cette opération gendarmesque sur le pont de Tancarville, un militant de SUD-PTT est interpellé sans raison, mais il est relâché dans l’heure. Autre exemple de ce climat particulier : la plupart des journalistes, en particulier les photographes, trimballent des casques accrochés à leurs sacs à dos ; l’un d’eux porte même un gilet pare-balles qui le protège sans aucun doute, mais pas du ridicule tout de même…
La manifestation finit par démarrer, avec sa banderole de tête, autour de laquelle se rassemblent Aurélie Trouvé (Attac), Thierry Lepaon (CGT), Annick Coupé (Solidaires), Sophie Zafari (FSU), Elisabeth Gauthier (PCF), Eric Coquerel (PG), Christine Poupin (NPA), Henri Mermé (Alternatifs), etc. Daniel Paul et Jean-Paul Lecocq, les deux députés communistes de l’agglomération, défilent au cœur du cortège, dans les rangs fournis du PCF et de la JC, juste derrière ceux du NPA…
Le long du parcours, comme dans toute la ville, les commerces sont presque tous fermés. Afin de montrer sa sympathie pour le mouvement ou pour échapper aux hypothétiques pavés, un propriétaire a apposé sur sa vitrine, devant le rideau de fer, une série de slogans pas si farfelus, au fond : « non à la dictature de la finance », « non à l’impérialisme de la finance », « oui à la surtaxation de la world company », etc.
Au son des battucadas, ces orchestres de tambours et de percussions, qui donnent cette couleur altermondialiste et joyeuse, les manifestants défilent. « Faites l’amour, pas les magasins », invite une banderole. « G7, G8, G20 et G ai rien du tout », ironise un homme, avec cette toile au vent. Au camion de Sud, l’oratrice « ne remercie pas les journalistes », accusés d’avoir relayé la psychose localement. Et ajoute : « Ils contrôlent les médias, ils contrôlent l’Internet, ne les laissons pas contrôler nos têtes ! »
mercredi 18 mai 2011
EVENEMENT CINEMA : LA CONQUETE
27 avril 2002 – 6 mai 2007
Entre ces deux dates, l’irrésistible ascension de Nicolas Sarkozy à la magistrature suprême racontée à la façon d’un thriller.
Au-delà du cas Sarkozy, la réalité dans tous ses aspects des tenants et des aboutissants de la conquête du pouvoir.
C'est la première fois dans toute l'histoire du cinéma français qu'un film de fiction est réalisé sur un président de la République encore dans l'exercice de ses fonctions. Aux États-Unis, Oliver Stone avait déjà tenté le pari avec W. - L'improbable Président autour de George W. Bush, dont le second mandat n'était pas encore achevé au moment de la sortie du film.
Le projet de base pour les producteurs de La Conquête consistait en un film totalement différent. Ils ont imaginé une sorte d'uchronie débutant le jour de l'élection présidentielle de Sarkozy. Ce jour-là, il meurt dans un accident de voiture. La suite du film présente tout ce qui se passe en France durant les quarante jours qui suivent la mort de l'ex-futur président. L'idée fut vite abandonnée.
Sorti le 18 Mai avec Dennis Podalydès dans le rôle d'un Sarkozy plus vrai que nature.
Le goût du sang des grands fauves, critique du journal l'Humanité
La Conquête, de Xavier Durringer. France, 1 h 45.
À l’heure où le spectacle semble avoir absorbé la matière politique tout entière, comment en rendre compte ?
La Conquête débute le dimanche 6 mai 2007, sur un homme subitement et cruellement seul. Tout va se construire dans la tension entre réminiscences et retour au déroulement de cette journée particulière. Ce choix de montage de Xavier Durringer récuse l’ornière du respect de la chronologie. Deuxième choix : plus que « choral », ce cinéma est nourri par le metteur en scène de théâtre de son sens de « troupe ». Chacun parvient à « incarner » son rôle, bien au-delà du mimétisme : on ne peut que saluer le beau travail. Bernard Lecoq en Chirac, Denis Podalydès en Sarkozy, Florence Pernel en Cécilia, Samuel Labarthe en Villepin, Pierre Cassignard en Lefebvre, Dominique Besnehard en Buisson, Saïda Jawad en Dati ou Michèle Moretti en Bernadette Chirac… Et tant d’autres, au premier rang desquels le laconique Hippolyte Girardot en un Guéant plus cardinalesque que nature.
La mise en scène se découpe entre duos-duels implacables – face au président sortant, à son fils spirituel bientôt promu premier ministre, et à celle qui va cesser petit à petit d’être sa compagne – et élaboration de la mécanique implacable qui se lance là. Les dialogues, de Patrick Rotman, nous font pénétrer les coulisses du pouvoir, et de son assaut.
De superbes plans muets à des moments clés
Le goût du sang de ce petit monde de grands fauves perce sans peine dans la brutalité des mots. Le flot est interrompu par de superbes plans muets (photographie de Gilles Porte) à des moments clés, accompagné des notes de fanfare à l’italienne de Nicola Piavoni, collaborateur de Fellini comme de Moretti.
Voir ce film aujourd’hui, faisant retour sur ce qui est construit lui-même comme double regard sur le passé, procure une sensation de décillement comme de grippage du rouleau compresseur de la machine à histoires (le « storytelling ») inventé ces années-là. Qui a en tête le final glaçant du Caïman fera la comparaison avec cette manière-ci. Si le peuple français est le plus politique, en Italie c’est son cinéma. Mais Durringer résout la contradiction en puisant davantage du côté de Shakespeare et de La Rochefoucauld que de Brecht.
mardi 17 mai 2011
Les apiculteurs sonnent l'alarme
DOSSIER publié par le journal l'Humanité.
Populations d’abeilles, production de miel, effectifs d’apiculteurs, équilibre économique du secteur : tous les voyants de l’apiculture française sont au rouge. Il faut agir.
L’avenir des abeilles est-il en ville ? Rares sont ceux qui sourient encore à cette idée. Non pas que la production de « miel de béton » dépasserait déjà celle du miel des champs : elle reste marginale et pratiquée par des amateurs. Ceux-là même qui désertent les campagnes tant il est devenu difficile, au moins dans certaines régions, d’y pratiquer l’apiculture.
Sentinelle, comme l’appelle l’Union nationale de l’apiculture de France, ou symptôme : l’abeille abandonne nos campagnes parce que l’environnement lui est devenu hostile. Complexes, les causes de la raréfaction des butineuses sont multiples. Et s’additionnent. Si l’on prend un ordre chronologique, on peut dire que l’abeille fait partie du problème plus général de l’appauvrissement de la biodiversité dans nos campagnes. Ensuite viennent les pesticides dont les dernières générations s’avèrent, de par leur nature (des neurotoxiques) et leur fonctionnement (des produits systémiques qui se diffusent dans toute la plante), particulièrement nuisibles. Ensuite il y a varroa destructor, un parasite qui vient souvent porter le coup de grâce aux ruches affaiblies – même si certains voient en lui le principal agent de la disparition des abeilles. Enfin, il y a toutes les autres causes possibles, comme le célèbre frelon asiatique : une quarantaine, selon un rapport publié en 2009 par l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire).
Les ennemis des abeilles travaillent pour l’OMC
Résultat : la production française de miel est en chute libre. Depuis les années 80, la France était le leader européen du miel. En 1995, la production culminait ainsi à 32 000 tonnes. En 2010 (comme en 2009), elle atteignait péniblement 20 000 tonnes. Ce sont les miels de colza et de tournesol qui ont le plus régressé, les abeilles et leurs maîtres se détournant des zones de grandes cultures, alors que ces miels constituaient depuis longtemps le gros de la production française. L’effectif des apiculteurs n’a cessé de dégringoler, passant de 85 000 en 1995 à 70 000 dix ans plus tard. Ce sont les amateurs, les petits producteurs, qui disparaissent en premier… alors que ce sont eux qui assurent la présence des insectes pollinisateurs jusque dans les moindres recoins du territoire. Ce n’est pas un détail : alors que le chiffre d’affaires global de la filière avoisine les 117 millions d’euros, l’impact de la pollinisation représenterait… 2 milliards d’euros.
Varroa ou pesticides, les ennemis des abeilles travaillent en tout cas pour l’OMC (Organisation mondiale du commerce), maître d’œuvre de la dérégulation du commerce mondial. Car l’affaiblissement de la production française de miel ouvre en grand la porte du marché français, estimé à 40 000 tonnes par an, aux importations. A ses autres soucis, la filière apicole doit du coup ajouter la même maladie qui frappe l’ensemble des productions agricole : la mise en concurrence avec des pays du moins-disant social et environnemental. En l’occurrence la Chine, qui inonde le monde de miels à bas prix (et à la composition parfois suspecte). En France, le miel chinois arrive à moins de deux euros le kilo, alors que les miels français « premier prix » sont entre 3 et 3,25 euros me kilo. Du coup, les producteurs de tels miels se voient proposer des prix d’achat inférieurs à leurs coûts de revient. Et voient leur avenir s’assombrir encore un peu. Il faut donc poser la question : si demain il n’y a plus assez d’abeilles pour polliniser « naturellement » les champs, qui voudra assumer le coût d’une pollinisation artificielle ?
Populations d’abeilles, production de miel, effectifs d’apiculteurs, équilibre économique du secteur : tous les voyants de l’apiculture française sont au rouge. Il faut agir.
L’avenir des abeilles est-il en ville ? Rares sont ceux qui sourient encore à cette idée. Non pas que la production de « miel de béton » dépasserait déjà celle du miel des champs : elle reste marginale et pratiquée par des amateurs. Ceux-là même qui désertent les campagnes tant il est devenu difficile, au moins dans certaines régions, d’y pratiquer l’apiculture.
Sentinelle, comme l’appelle l’Union nationale de l’apiculture de France, ou symptôme : l’abeille abandonne nos campagnes parce que l’environnement lui est devenu hostile. Complexes, les causes de la raréfaction des butineuses sont multiples. Et s’additionnent. Si l’on prend un ordre chronologique, on peut dire que l’abeille fait partie du problème plus général de l’appauvrissement de la biodiversité dans nos campagnes. Ensuite viennent les pesticides dont les dernières générations s’avèrent, de par leur nature (des neurotoxiques) et leur fonctionnement (des produits systémiques qui se diffusent dans toute la plante), particulièrement nuisibles. Ensuite il y a varroa destructor, un parasite qui vient souvent porter le coup de grâce aux ruches affaiblies – même si certains voient en lui le principal agent de la disparition des abeilles. Enfin, il y a toutes les autres causes possibles, comme le célèbre frelon asiatique : une quarantaine, selon un rapport publié en 2009 par l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire).
Les ennemis des abeilles travaillent pour l’OMC
Résultat : la production française de miel est en chute libre. Depuis les années 80, la France était le leader européen du miel. En 1995, la production culminait ainsi à 32 000 tonnes. En 2010 (comme en 2009), elle atteignait péniblement 20 000 tonnes. Ce sont les miels de colza et de tournesol qui ont le plus régressé, les abeilles et leurs maîtres se détournant des zones de grandes cultures, alors que ces miels constituaient depuis longtemps le gros de la production française. L’effectif des apiculteurs n’a cessé de dégringoler, passant de 85 000 en 1995 à 70 000 dix ans plus tard. Ce sont les amateurs, les petits producteurs, qui disparaissent en premier… alors que ce sont eux qui assurent la présence des insectes pollinisateurs jusque dans les moindres recoins du territoire. Ce n’est pas un détail : alors que le chiffre d’affaires global de la filière avoisine les 117 millions d’euros, l’impact de la pollinisation représenterait… 2 milliards d’euros.
Varroa ou pesticides, les ennemis des abeilles travaillent en tout cas pour l’OMC (Organisation mondiale du commerce), maître d’œuvre de la dérégulation du commerce mondial. Car l’affaiblissement de la production française de miel ouvre en grand la porte du marché français, estimé à 40 000 tonnes par an, aux importations. A ses autres soucis, la filière apicole doit du coup ajouter la même maladie qui frappe l’ensemble des productions agricole : la mise en concurrence avec des pays du moins-disant social et environnemental. En l’occurrence la Chine, qui inonde le monde de miels à bas prix (et à la composition parfois suspecte). En France, le miel chinois arrive à moins de deux euros le kilo, alors que les miels français « premier prix » sont entre 3 et 3,25 euros me kilo. Du coup, les producteurs de tels miels se voient proposer des prix d’achat inférieurs à leurs coûts de revient. Et voient leur avenir s’assombrir encore un peu. Il faut donc poser la question : si demain il n’y a plus assez d’abeilles pour polliniser « naturellement » les champs, qui voudra assumer le coût d’une pollinisation artificielle ?
mardi 10 mai 2011
LE VIOL EST UN CRIME !
"Mercredi dernier, une adolescente de 14 ans a été victime d’un viol collectif, en pleine journée, à proximité de la gare de la Part-Dieu. Ses agresseurs, une quinzaine de mineurs, âgés de 13 à 16 ans, l’ont obligée, sous la menace, à pratiquer des actes sexuels sur quatre d’entre eux.
Comble de l’horreur, ses violeurs ont filmé la scène avant de la poster sur internet.
Je suis horrifiée, révoltée, scandalisée devant ce drame.
Horrifiée face à une telle violence commise par de très jeunes adolescents qui ne semblent même pas conscients de la criminalité de leurs actes. Des jeunes qui ne font plus la différence entre le virtuel et la réalité, qui n’ont plus de notion de respect du corps de l’autre, voire de leur propre intimité.
Révoltée face à une société où tout est fait pour polluer l’imaginaire sexuel de ces jeunes, où la violence est banalisée, où le corps humain est réduit à une marchandise, un simple objet sexuel.
Scandalisée, par les commentaires lus dans la presse qui caractérisent cette jeune fille comme « fragile » et minimisent les faits : « un peu menacée, mais pas frappée », jusqu’à dire qu’« elle n’a pas manifesté explicitement son refus ». Attention, ne nous trompons pas de victime ! Il s’agit là d’une enfant terrorisée face à une violence gratuite, insultante, traumatisante.
Qui peut être certain de manifester « un refus explicite » en cas d’agression ? Faudrait-il aujourd’hui s’excuser d’être femme, se justifier face à une éventuelle agression sexuelle ?
En France, près de 75 000 femmes sont violées chaque année, soit une toutes les sept minutes. Le viol est un crime, une atteinte à la dignité humaine, une violation barbare de l’intégrité de la personne.
Je condamne sans appel ces actes de violence et souhaite que les auteurs soient punis. J’adresse à cette jeune fille tout mon soutien et ma solidarité. "
vendredi 6 mai 2011
ROBERTS SANDS : LE HEROS IRLANDAIS
Robert George Sands, appelé Bobby Sands (9 Mars 1954 – 5 Mai 1981) était un républicain d’’Irlande du Nord et un membre de l’IRA provisoire.
Arrêté en 1977 pour possession illégale d’armes à feu, il a été condamné à quatorze ans de prison et interné à la prison de Long Kesh.
En 1981, il a été élu représentant du Sinn Féin à la Chambre des communes pour l’Irlande du Nord. Cette même année, il a commencé une grève de la faim avec d’autres activistes de l’IRA pour exiger de meilleurs conditions de détention pour les prisonniers politiques.
Victime de l’intransigeance de Margaret Thatcher et du gouvernement britannique, la grève a continué, et après 66 jours de grève, Bobby Sands est mort, ainsi que d’autres militants ....
L’une de ses fameuses phrases, prononcée pendant sa grève de la faim :
« Our revenge will be the laughter of our children. »( « Notre vengeance sera le rire de nos enfants.) »
A sa mort, la Dame de fer a prononcé ses mots :"Monsieur Sands était un criminel condamné. Il a faite le choix de s’ôter la vie ...".
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