mercredi 30 septembre 2026

A Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

 


Dans une ville où la Marine demeure au cœur de nombreux enjeux, la hausse du budget de la Défense, au détriment des services publics, suscite des crispations.

Source La Marseillaise 

« Ce n’est pas possible que des milliards d’euros partent dans les poches d’entreprises qui font la guerre, et non pas dans celles des agents. De l’argent, il y en a. Ça suffit de payer pour les autres. » Reçue par le préfet du Var, mardi matin, en compagnie d’une délégation intersyndicale, Francisca Martinez, secrétaire départementale de la CGT finances publiques, brandit un symbole devant le cortège de manifestants, qui a achevé son parcours devant la préfecture : celui du budget de la Défense, rehaussé de 6,7 milliards d’euros en 2026, dans le cadre de l’augmentation de la loi de programmation militaire 2024-2030 (+36 milliards d’euros, pour atteindre 76,3 milliards d’ici 2030).

« On a d’abord besoin d’un service public de qualité »

Car, dans le premier port militaire d’Europe, ce sujet résonne plus qu’ailleurs. « Quand on voit des crédits impôts recherche distribués à de grosses entreprises, à savoir 211 milliards d’euros sans surveillance, sans contrepartie, on sait les bidouillages qu’il peut y avoir. Surtout qu’on parle de Défense, mais on est le deuxième exportateur mondial d’armes. Ça montre qu’on ne produit pas pour nous », dénonce Colette Moulun, elle aussi membre de la CGT finances publiques, qui rappelle que la Direction générale des finances publiques a perdu un quart de ses postes (plus de 30 000) en 15 ans.

Il en va de même dans l’éducation, qui déplore, au niveau national, 4 500 postes d’enseignants supprimés. « Nous sommes 36 élèves par classe », illustre Donia, élève en terminale au lycée Dumont-d’Urville, à Toulon, présente mardi matin, comme plusieurs dizaines de lycéens varois, parmi les 1 600 manifestants mobilisés selon la police, 7 500 selon les organisations. D’autres métiers sont concernés, comme celui de « psychologue scolaire, par exemple », pointe Cédric Turco (SNUIPP - FSU), avec, en conséquence, « de moins en moins de places dans le circuit spécialisé et des élèves qui se retrouvent dans le général sans qu’on ait les moyens de les y inclure ». Une situation dont les élèves ont eux-mêmes conscience. « Il y a un manque d’accompagnants pour les élèves en situations de handicap », constate Donia.

La situation est comparable chez les pompiers, qui ont vu 30% des centres d’incendie nationaux fermer depuis 2000. Il n’en reste plus que 6 100, dont six sur dix fonctionnent grâce aux volontaires. Mais il y a aussi « le matériel, avec des véhicules vieillissants et régulièrement en panne », rapporte David Vaubien, adjudant-chef à La Seyne, au sortir d’un été qui a mis en lumière ces manques, à l’instar de la vétusté du bâti scolaire.

« Nos écoles sont des passoires thermiques. On travaille dans des locaux amiantés. C’est une honte pour les salariés et pour les élèves », s’indigne Cédric Turco, élu communiste à La Seyne, qui conclut sur le non-sens de cette impétueuse militarisation : « La paix ne se gagne pas par la guerre. En France, on a d’abord besoin d’avoir des services publics de qualité. »

lundi 28 septembre 2026

Fabien Roussel aux côtés des pompiers réunis sur le Champ-de-Mars à Paris

 


Vingt-quatre heures après l’arrivée d’une centaine de pompiers sur le Champ-de-Mars à Paris, le candidat communiste à l’élection présidentielle Fabien Roussel a tenu à venir lundi 28 septembre les rencontrer et soutenir leurs revendications.

Scarlett Bain, l'Humanité
 

Au milieu des barnums aux couleurs des drapeaux de l’intersyndicale représentative des pompiers professionnels, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel est à cette heure le seul représentant politique à s’être présenté. Ce campement de la colère a pris place depuis dimanche 27 septembre et, en ce lundi matin, les pompiers continuent d’affluer de toute la France, ils devraient selon les estimations de la CGT être 8 000 pour la grande manifestation de demain.

« Ah voilà, les gars du Nord. Eux sont allés en renfort en Gironde », indique le maire communiste de Saint-Amand-les-Eaux. En tenue d’intervention, avec un écusson « en grève » sur le torse, Marc Lehoucq secrétaire général de la CGT du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Nord ne perd pas une seconde pour répliquer : « Oui, et nous y sommes allés avec des camions qui ne sont pas adaptés aux feux de forêts ». Et pourtant « avec le dérèglement climatique, le Nord n’est plus épargné » surenchérit, le candidat communiste à l’élection présidentielle, tendant une poignée de main reconnaissante.

Les pompiers ont lancé le 8 septembre un mouvement de grève d’ampleur pour réclamer davantage de moyens matériels et humains. À terme, il faudrait au moins deux milliards d’euros supplémentaires et recruter 20 000 sapeurs-pompiers professionnels, selon la CGT. « Cet été a montré que nous avons atteint la rupture capacitaire », expose Marc Lehoucq.

Faire contribuer les entreprises pollueuses

« Je suis venu vous apporter mon soutien inconditionnel, insiste Fabien Roussel. Les parlementaires communistes ont déposé des textes de loi, défendu des amendements tous les ans dans le budget pour que nos pompiers et aient des moyens. Ces derniers ont été retoqués à chaque fois. Nous n’arrêterons pas ! Soyez rassurés, nous sommes à vos côtés ».

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Une voix émerge au milieu de la réunion qui s’est formée. « Nous avons une solution pour trouver de l’argent. Elle est d’ailleurs dans un rapport du sénateur communiste Fabien Gay », interrompt Peter Gurruchaga représentant CGT du SDIS 95. Le sapeur-pompier professionnel qui exerce depuis 2003 à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) fait référence aux 211 milliards d’aides publiques versées aux entreprises privées sans contrepartie.

« Les entreprises pollueuses devraient être mises à contribution pour améliorer les moyens de la Sécurité civile parce que nous, nous n’en pouvons plus de compter nos morts », s’exclame l’homme dressé devant un cercueil noir. Quatre pompiers sont décédés cet été dans l’exercice de leur travail sur le front des incendies.

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Fabien Roussel ne peut qu’acquiescer. Il poursuit en accusant aussi un budget qui prévoit de baisser les impôts de production des entreprises, ceux-là mêmes qui financent les départements qui ont à leur charge le budget des SDIS. Il appelle donc à garantir leur financement dans le budget 2027.

Demain, le cortège de l’intersyndicale des pompiers convergera « avec celui de la Fonction publique pour lutter contre le gel du point d’indice, aux côtés de tous les agents territoriaux. Pour nous aussi, évidemment, la question des salaires est centrale », conclut Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT-Sdis.

jeudi 24 septembre 2026

Le courageux Fabien Roussel


Billet de par Pablo Biancarelli pour Liberté Actus

Les positions de Fabien Roussel en faveur de la paix et de la négociation avec la Russie n’ont pas manqué de faire réagir. Cela fait désormais une semaine que le secrétaire national du Parti communiste français est la cible d’une campagne médiatique extrêmement agressive visant à le dépeindre au mieux comme un naïf, au pire comme un agent du Kremlin nostalgique de l’Union soviétique.

Le discours est systématiquement le même : il ne servirait à rien de négocier avec Poutine car ce dernier ne voudrait pas, il faudrait donc battre la Russie militairement pour la faire capituler.

Mais cet argument ne tient pas. D’abord, des négociations ont existé durant cette guerre entre la Russie et l’Ukraine (notamment au printemps 2022), et les dirigeants occidentaux ont joué un rôle désastreux en dissuadant Zelensky de les poursuivre. Il est clair que l’OTAN a contribué à prolonger le conflit, en plus d’avoir contribué à le provoquer, et il est malhonnête de tenir Poutine pour seul responsable. La sortie de l’alliance atlantique, proposée par le Parti communiste français, est une proposition d’autant plus salutaire.

Ensuite, il est parfaitement justifié de négocier avec un État en guerre, même si c’est l’État agresseur. C’est au contraire le fait de rompre le dialogue diplomatique qui est irresponsable. Imagine-t-on la diplomatie française rompre totalement le dialogue avec l’État israélien, pourtant coupable d’atrocités systématiques et d’un génocide ? Deux poids, deux mesures. Une diplomatie non-alignée et réellement porteuse de paix doit nécessairement prôner le dialogue avec tous les belligérants, c’est une condition pour peser en faveur de la désescalade.

Enfin, tant que la guerre dure, ce sont des Ukrainiens qui meurent, souvent enrôlés de force d’ailleurs. Les va-t-en-guerre des plateaux télé qui se réjouissent du prolongement de cette guerre et espèrent une défaite russe n’iront jamais mourir au front, ni leurs enfants d’ailleurs. Les livraisons d’armes des pays occidentaux en Ukraine ne servent donc qu’à faire mourir davantage d’Ukrainiens et de Russes en prolongeant le conflit.

Fabien Roussel a donc parfaitement raison de tenir le discours qu’il tient. C’est courageux et cohérent. Il est d’ailleurs parfaitement cohérent avec ses autres positionnements sur la situation internationale, toujours en faveur de la diplomatie, de la Palestine au Venezuela en passant par l’Iran. Il est par ailleurs le seul candidat à l’élection présidentielle qui lie le combat pour la paix à celui pour l’indépendance énergétique de la France, par sa défense du nucléaire et sa mise en avant insistante du plan climat 2050 élaboré par le Parti communiste. Ceux qui l’attaquent pour ses positions pacifistes se déshonorent. Fabien Roussel a fait le choix du courage. 

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dimanche 20 septembre 2026

Jérémy Bacchi : « Avec l’austérité, quand on s’attaque aux communes, on s’attaque à la France »


Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire. Ce week-end, Jérémy Bacchi, sénateur PCF sortant, tête de liste aux sénatoriales pour l’union de la gauche.

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dimanche 13 septembre 2026

Ces chants anti-Roussel à la Fête de L’Huma disent beaucoup de l’ambiance à gauche

 


Avant le discours de Jean-Luc Mélenchon, des sympathisants LFI ont pris pour cible le candidat communiste à la présidentielle.

Fabien Roussel appelle à descendre dans la rue « sans attendre les urnes »


Lors de son meeting d’entrée en campagne présidentielle, le candidat communiste a centré son propos sur l’exigence de justice sociale et invité à faire se lever dans tout le pays une mobilisation pour vivre mieux.

Devant 40 000 spectateurs selon les organisateurs, Fabien Roussel lance, depuis la grande scène de la Fête de l’Humanité un appel à ne pas attendre l’élection présidentielle pour obtenir des avancées en matière de justice sociale à l’heure où le prix des carburants flambe et où le débat sur le budget de la nation s’ouvre. « Je dis une chose: il faut que la tonte change de camp ! Prenons le pouvoir ! unissons nous dans la rue des maintenant ! J’appelle les français à redresser la tete et à s’unir, à marcher comme un seul peuple contre ces oligarques qui nous prive de notre dignité, de nos richesses, de notre pouvoir de vivre de notre travail ! »

Le secrétaire national du PCF refuse de « céder au déclinisme ambiant ». « Portons cette ambition de redevenir une grande nation, de redevenir une grande nation agricole, une grande nation industrielle, une grande nation en matière de santé et d’éducation ! », lance-t-il.

Tolérance zéro sur le racisme et l’antisémitisme

« Depuis que la France ne peut plus se financer elle-même, car elle a décidé en 1979 d’emprunter auprès des banques, la France a dû payer 1 350 milliards d’euros d’intérêts auprès banques ! La dette, c’est une énorme machine pour faire taire les peuples et pour enrichir les actionnaires », dénonce le candidat communiste.

Déterminé à mettre à distance les sujets identitaires portés par l’extrême droite dans le débat public, il lance : « Dans l’espace public, ce n’est pas le voile qui pose problème, c’est le racisme et l’antisémitisme qui grandissent ». Il promet de ne laisser aucun acte ou parole raciste, antisémite ou homophobe passer dans une France où ils sont en augmentation.

Partisan de la paix et de la résolution des conflits par la diplomatie et le droit international, Fabien Roussel refuse l’idée d’une France qui devienne le « Le 51e État américain avec leur président d’extrême droite, raciste, et belliciste ». «  Il n’y aura pas de progrès social si la france continue d’investir dans l’armement et de s’aligner derrière l’OTAN, d’investir dans les bombes plutôt que dans nos écoles ! Préparer la guerre plutôt que de faire grandir nos services publics ! Nous voulons moins d’obus et plus de Sécu ! Nous voulons la paix pour les peuples d’Ukraine et de Russie, pour cette jeunesse qui souffre et se voit forcer de prendre les armes », insiste Fabien Roussel.

« Nous voulons aussi que la France s’engage pour le droit des peuples à vivre librement, libre de leurs choix, en toute indépendance ! Nous voulons la liberté et l’indépendance pour le peuple palestinien et pour l’État de Palestine ! », poursuit le candidat communiste. Sur Cuba, il lance : « la dictature est du coté des États-Unis pas du coté d’un peuple qui malgré le blocus, a envoyé en France des dizaines de médecins cubains pour nous aider en plein Covid ! Viva Cuba ! »

« Comptons les portes que nous aurons ouvertes »

Déterminé à mener campagne sans commenter les faits et gestes des autres candidats il invite à laisser « les petits épiciers commenter les sondages et compter les candidats. Moi, je vous propose dans ces prochains mois que nous comptions tout autre chose. Comptons les portes que nous aurons ouvertes et les échanges que nous aurons. Comptons les salariés que nous aurons convaincus. Comptons les luttes que nous aurons renforcées et les victoire que nous aurons obtenues. Et, surtout, - surtout ! - comptons les millions de Français qui auront retrouvé l’envie d’agir et de transformer la société ».

Convaincu que dans la période, les Français peuvent reprendre leur destin en main, il conclut : « Cette campagne présidentielle peut rendre à notre peuple, sa fierté, sa dignité et son envie de participer et de décider ! C’est la plus belle des boussoles que nous pouvons nous donner. Allons-y pour cette belle campagne, populaire, fière et révolutionnaire ! Pour le peuple et pour la France ! Pour Vivre ! Enfin ! »

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jeudi 10 septembre 2026

HUIT CONTRE CONTRE FABIEN ROUSSEL, UN OU LE DEBAT VU PAR LCI

 


Combat de rue à huit contre un », c'est ainsi qu'aurait du se nommer l'émission de LCI d'hier soir, pudiquement appeler « la Grande confrontation ». Là , le candidat communiste aux présidentielles, Fabien Roussel, qui pensait participer à un jeu de question-réponse, certes « vinaigré », mais de fond, pour expliquer son programme, n'eut droit à aucun round d’observation. 
Dès les cinq premières minutes, le ton était donné sous le regard d'un animateur faux-cul de première, un monsieur déloyal nommé Pujadas. Celui-ci, nous les anciens de France 2, nous le connaissons bien. Nous eûmes à subir sa volonté de mise en scène systématique de l'actualité. 
 
Pour les oublieux , je rappelle qu'il inaugura son règne sur cette chaine par un célèbre « c'est génial » devant les tours en feu de New York s'abattant à la suite des attentats du 11 septembre. Ce qui intéressaient Pujadas et la direction aux mains de son mentor Thierry Thullier , le directeur de l'info des chaînes du groupe Bouygues, ce n'était pas l'information, le débat, la mise sous le regard des citoyens d'un projet politique. Outre leur volonté d'en découdre avec les « cocos » , ce qui les stimulait c'est l'audience, la dramatisation, la polarisation. En définitive, avec d'autres moyens , l'application de la méthode des réseaux sociaux et de leurs algorithmes falsificateurs, amplificateurs.
 
Huit Français étaient censés nous représenter . Ils auraient du être nos porte voix. Je m'attendais à un démarrage, dès le coup de gong, sur les questions d'actualité : pouvoir d'achat, changement climatique et budget national puis que les sapeurs -pompiers avaient enclenché leur sirènes avec la grève,etc. Las, la première intervenante, cubaine exilée, lançait le premier swing sur la dictature à Cuba !
 
 Certes, la question de la démocratie est d'importance et , pour ma part, pour avoir fait du reportage sur Cuba, j'en suis conscient. Mais, bon sang, alors que les questions liées à l'exercice de nos démocraties européennes à l'heure de l'arrivée des néo-nazis au pouvoir et des néo-fascistes l'exerçant, je m'attendais à l'exploration des idées de Fabien Roussel sur la question. Et, pour bien signifier dans quel type de « débat » nous étions, un questionneur, interrompit l'explication de l'invité Roussel pour nous faire le coup du... pacte germano -soviétique , sous le regard amusé et complice de Monsieur Déloyal !
 
 Sur ce ring de boxe où tous les coups sont permis , les combattants avaient été choisi avec un soin particulier. Ainsi Paolo Rotelli, un milliardaire italien résidant à Monaco, héritier d’un empire de cliniques, contestant la proposition communiste de « parité sociale » dans les conseils d’administration, en lançant : « Si j’avais des ouvriers dans mon conseil d’administration, ce serait Disneyland. » Ainsi « Le Bracq », influenceur d’extrême droite (160 000 abonnés sur TikTok), spécialiste du cyberharcelement mysogine .
Ainsi ce jeune homme , travaillant dans une école privée et qui souhaite revenir aux minimum de 48 heures de travail par semaine pour tous, expliquant qu'il voit là la seule manière d'augmenter les salaires. Trouver de tels zigotos, pour faire avancer le nécessaire débat démocratique , faut le faire. 
 
 Cette « Grande Confrontation » de LCI, d'hier soir, a illustré cette tendance lourde du paysage médiatique aux mains des milliardaires : la transformation du débat politique en spectacle de mise à mort où l’agressivité des intervenants et la fausse civilité du présentateur produisent plus de bruit que de lumière. 
 
Pour les candidats, l’enjeu n’est plus seulement de convaincre, mais de résister à un format pensé pour le clash. Pour les citoyens, le risque est de sortir de ces émissions avec l’impression que la politique se résume à des affrontements stériles, loin des enjeux réels (fiscalité, emploi, services publics, Europe) que Roussel a tenté, tant bien que mal, d’expliquer. L'Empire Bouygues et ses serviteurs préparent avec de tels émission, la mort de la démocratie et non pas l'explication des enjeux à venir.
Voir moins
 
Michel Strulovici, ancien correspondant de l’Humanité au Vietnam et rédacteur en chef du service culture de France 2
 
Faisons le tour des invités de Pujadas, Angie comptable d’origine cubaine fan de l’extrême droite parce qu’en plus de soutenir David Lisnard elle suit et re-poste sur les réseaux sociaux, Erik Tegner le directeur du journal d’ED Frontières, Giorgia Meloni, le parti d’extrême droite espagnol Vox et Sarah Knafo.
 Paolo Rotelli héritier de la fortune de son père milliardaire dont la société est propriétaire d’un réseau d’hôpitaux privés en Italie.
Ensuite Le Braq, c’est son pseudo, l’influenceur du RN, la caution black du parti de Le Pen, grand ami de Bardela et qui milite pour la remigration, et les autres invités du même acabit 
 

 
L'INDISPENSABLE CANDIDATURE.
 
Fabien Roussel était l'invité de l'émission "La grande confrontation" sur LCI mercredi 9 septembre.
Face à un panel d'invités de droite ou d'extrême droite, avec un journaliste animateur qui peinait à cacher son anticommunisme et à se tenir à son rôle de journaliste, il a livré une prestation d'une grande clarté.
Loin de la langue de bois, il a su développer des arguments solides, qui démontraient sa parfaite maîtrise des dossiers sur des sujets aussi variés que l'école, les salaires, la paix, la sécurité, la redistribution des richesses ou l'écologie.
On peut surtout retenir le sang-froid avec lequel il a répondu toute la soirée aux interventions les plus violentes ce qui apportait non seulement un éclairage indispensable et différent du gloubi-boulga permanent, mais qui justifiait surtout la nécessité de sa candidature pour 2027.
 
En restant sur le fond face à Sandrine Rousseau en fin d'émission, il s'est distingué en démontrant avec conviction et sans hystérie que le plan climat du PCF est construit sur les recommandations du GIEC et reste articulé autour de la justice sociale, de la réindustrialisation et de la réduction de l’empreinte carbone des importations.
 
Dans un contexte où toutes les interpellations étaient à charge, sa capacité à garder le cap, à structurer sa vision à long terme et à répondre point par point aux objections a donné à cette séquence une vraie valeur ajoutée pour le débat public.
 
Une candidature qui sort de la langue de bois et des phrases toutes faites qui éloignent les Français de la chose politique et qui souffle l'espoir de vivre mieux, ensemble et en paix pour les prochaines années.
 
Robert Martin 
 
 

mercredi 2 septembre 2026

André Chassaigne : « Croyants et communistes ont à cœur la fraternité et l’égalité »


André Chassaigne, maire de Saint-Amant-Roche-Savine (530 habitants dans le Livradois) pendant 27 ans, député du Puy-de-Dôme pendant 23 ans, a raccroché en 2025. Il publie, en cette rentrée politique, « Cheminement en terre chrétienne ». L’ouvrage* se conclut par une somme de réflexions sur les rôles respectifs du religieux et du politique.

La Marseillaise : On assimile souvent la doctrine marxiste au message évangélique. La première a été pervertie comme l’on sait, tandis que le second a permis la domination de la classe bourgeoise. Comment expliquez-vous cette dérive ?

André Chassaigne : Cela s’explique par le fait que dans l’ancien régime, l’Église catholique était étroitement liée au pouvoir politique. Au fil des siècles, l’absolutisme était devenu inséparable du catholicisme. L’absolutisme royal n’a tenu que parce qu’il avait le soutien de l’Église catholique. C’est la Révolution de 1789 qui a renversé le pouvoir d’une Église qui a tenté ensuite de revenir en première ligne. Mais le principe de la laïcité était posé. Ce grand acquis est un pur produit de la Révolution.

Laquelle laïcité a connu heurs et malheurs au cours du XIXe siècle jusqu’à la loi de 1905...

A.C. : Mais depuis le Siècle des Lumières, les tentatives de la hiérarchie de l’Église catholique de revenir politiquement au premier plan ont échoué. Paradoxalement et à terme, la laïcité, telle qu’elle a émergé avec la Révolution, a été un bienfait pour l’Église elle-même. Elle aboutira en 1905 à une loi de la séparation des Églises et de l’État qui assure à chacun la liberté de conscience.

Actuellement, la laïcité, telle qu’elle a été conçue en 1905, a été accaparée par l’extrême droite pour en faire un cheval de bataille contre les musulmans.

A.C. : Ce sujet réel est abordé dans mon livre. Il faut lutter contre l’idée qu’une religion serait incompatible avec la laïcité. Cette conquête qu’est la laïcité doit permettre à chaque religion de se développer sans intervenir dans la sphère publique. Il y a une dérive de l’islam extrémiste qui voudrait qu’il n’y ait pas de séparation entre religion et pouvoir politique, en imposant que les principes religieux commandent aussi l’ordre politique. J’essaie de montrer qu’il y a une grande majorité de musulmans qui vivent et pratiquent dans un cadre laïc. La grande erreur consisterait à stigmatiser les musulmans en les amalgamant à l’islamisme radical. Cette attitude ne peut produire que des frustrations, pousser même certains à rejoindre ce courant religieux réactionnaire et profondément antidémocratique. Il est donc important de démontrer qu’il n’y a pas d’exclusion dans les principes de la laïcité, comme dans les luttes sociales, et inviter tout un chacun à faire société au-delà de ses croyances. Déjà, en 1936, quand le fascisme menaçait la France, cette démarche a inspiré Maurice Thorez, qui a lancé son appel aux catholiques [« La main tendue », Ndlr]. Ensuite, en 1976, Georges Marchais a élargi cet appel à l’ensemble des chrétiens. Désormais, compte tenu de l’évolution de la société, il faut étendre cette démarche. Je pense qu’il serait bon de lancer un appel à l’ensemble des croyants, et notamment les musulmans qui risquent d’être instrumentalisés par les extrémistes radicaux. Il serait dangereux de prendre prétexte de l’islamisme radical pour changer la loi de séparation des Églises et de l’État avec, in fine, l’objectif d’exclure une partie des citoyens.

Lorsque vous parlez d’un « appel aux croyants », n’est-ce pas une cause perdue dès lors que les sondages montrent qu’en France, 40% de la population se dit d’origine catholique et que moins de 5% sont pratiquants ?

A.C. : Il est bon de réaffirmer des principes. Mais en adressant cet appel à tous les croyants, notamment aux chrétiens, musulmans, juifs, il doit rappeler que tous sont égaux et considérés comme tels par notre République laïque, qu’ils doivent eux-mêmes protéger.

Un milliardaire présenté comme « fervent catholique » tente actuellement de rallier par des médias populistes les classes populaires à un vote d’extrême droite. Comment le Parti communiste peut-il réagir ?

A.C. : C’est encore l’un des objets du livre. Je fais « appel » à l’image de Jésus pour que l’on puisse se retrouver dans une société qui ne brime pas les individus au titre de leur religion, de la couleur de leur peau, de leur origine ethnique, voire sociale. Que l’on puisse se retrouver, s’unir contre ce fléau commun, l’argent-roi, qui aboutit à asservir les êtres, piller les ressources naturelles et mépriser les peuples. Il est le terreau des fondamentalistes en tous genres. Je rappelle que l’essence même du christianisme est incompatible avec les adeptes de la haine et de cet argent-roi. Il n’échappe à personne que certains essaient d’instrumentaliser l’Église pour servir des causes réactionnaires de rejet de l’autre, visant à préserver la domination financière d’une « caste ».

N’est-il pas paradoxal que le même Jésus auquel vous vous référez soit commun en Amérique latine à la fois aux théologiens de la Libération, qu’on rapproche à la gauche, et aux évangéliques, soutiens acharnés de l’extrême droite ?

A.C. : C’est une dérive. Je ne me suis pas particulièrement penché sur ce que pensent les différents courants évangéliques, c’est un paradoxe qui mérite d’être débattu avec les chrétiens eux-mêmes. Pour ma part, j’ai aussi voulu montrer qu’on peut se retrouver pour constituer une société protectrice, libératrice et respectueuse de tout le monde et de chacun. L’Église a évolué sur les questions sociétales et morales. J’ai voulu valoriser cette mutation en soulignant ce qui va, à mes yeux, dans le bon sens. C’est pour cela que je rappelle la théologie de la Libération et le rôle de certains papes. Les propos du pape François sont puissants et justes, il faut les valoriser davantage, d’autant qu’ils sont rejetés parfois par des intégristes, au sein même de l’Église.

Cette mutation sociétale de l’Église catholique que vous évoquez est-elle bien réelle lorsque ses évêques enjoignent aux sénateurs de s’opposer à la loi sur la fin de vie ?

A.C. : À titre personnel, je n’étais pas favorable à cette loi sur la fin de vie. Mais j’estime que les évêques n’auraient pas dû intervenir. Il n’est pas dans leur rôle de s’adresser aux parlementaires. C’est même contre-productif : cela signifiait une opposition au titre d’une vision chrétienne et morale, alors que l’on pouvait invoquer une approche sociétale du problème. Je vis dans un milieu rural où j’assiste à un phénomène terrible. Des personnes âgées vivant en Ehpad culpabilisent de continuer à vivre parce qu’elles sont en train de liquider le peu de biens qu’elles peuvent laisser à leurs enfants. C’est une vraie question posée à notre société et son système.

Puisque vous venez d’y faire allusion, un communisme rural est-il encore imaginable à l’heure où, après avoir conquis les territoires industriels en déshérence, l’extrême droite gagne des points dans la France profonde ?

A.C. : C’est un terreau fertile parce qu’il y a une grande souffrance, due notamment à l’abandon des services publics, une perte de valeurs républicaines et démocratiques qui incite à voter pour le Rassemblement national. C’est une expression politique au premier degré. Au lieu de stigmatiser ceux qui utilisent ce vote pour exprimer leur mécontentement, il nous faut démontrer que le vote d’extrême droite n’est pas une solution et aggraverait même la situation. Le communisme rural s’est construit sur ce que l’on appelle « la famille large », par les contacts de proximité et de solidarité. Voilà pourquoi, nous organisons deux fois par an à Ambert, dans le Puy-de-Dôme, une vente solidaire de fruits et légumes, qui attire un monde considérable et qui nous permet de discuter avec les gens. Le Parti communiste est vécu comme une grande famille et cette fraternité vécue fait tache d’huile.

Quel rôle communistes et catholiques de France peuvent-ils jouer actuellement ?

A.C. : Les communistes et les catholiques - dont certains sont d’ailleurs membres du PCF - partagent deux valeurs essentielles : la fraternité, que je viens d’évoquer, et l’égalité. Or, ce principe d’égalité est aujourd’hui durement mis à mal, aussi bien par ceux qui défendent le système actuel que par les radicaux religieux de tous bords. Si nous voulons vivre dans une société apaisée, soucieuse du bien-être individuel comme du bien commun – aspiration profonde de la majorité de nos concitoyens –, il est temps de réagir et de rassembler nos forces. « Vous êtes tous frères », affirme Jésus dans l’Évangile selon Saint Matthieu. « Nous sommes tous égaux », confirment les communistes français. Ces deux convictions forment une cause commune. Face aux menaces qui se dessinent et à ceux qui prospèrent sur les divisions, l’urgence est de nous unir. Unir nos forces pour faire barrage aux faiseurs de haine et de division, et faire triompher une société fondée concrètement sur la Fraternité et l’Égalité.