lundi 29 juin 2026

Municipales en Autriche : à Graz, la poussée communiste qui bouscule la gauche

 


Ayant récolté 35,63 % des voix ce dimanche aux élections municipales dans la deuxième agglomération du pays, le KPÖ a progressé de 7 points par rapport à 2021. Une majorité de gauche pourrait se dessiner avec les Verts et sans les sociaux-démocrates du SPÖ.

Kevin Guillas Cavan l'Humanité

Graz (Autriche), correspondance particulière.

Dimanche 28 juin, à la Maison du peuple de Graz, militants et sympathisants communistes y vont chacun de leurs pronostics en attendant les résultats. « 26 % », dit un premier expliquant que, « après cinq ans à diriger la ville, on va régresser un peu. C’est normal ». « 30 % », estime sa voisine, faisant le pari inverse. « Les gens qu’on voit dans la rue sont satisfaits du bilan d’Elke (Kahr, la maire de Graz). Elle est honnête, proche des gens et a des résultats dans un contexte difficile. »

À 17 heures, l’euphorie éclate. Avec 35,63 %, le Parti communiste d’Autriche (KPÖ) progresse de 7 points par rapport à 2021 et frôle la majorité absolue dans les arrondissements populaires de Gries et Jakomini. Le score des Verts (14,83 %) permet d’envisager une majorité de gauche sans les sociaux-démocrates du SPÖ, laminés à 5,63 % (- 4 %). Ce scrutin ne bouleverse pas l’équilibre global droite-gauche, mais redistribue les cartes au sein des deux camps. De son côté, l’extrême droite FPÖ progresse légèrement (+ 1,5 %), aux dépens des conservateurs et du parti néolibéral Neos.

La santé publique, fer de lance d’un bilan plébiscité

Le SPÖ paye une campagne désastreuse, particulièrement agressive à l’égard des communistes et notamment du bilan de Robert Krotzer, l’adjoint en charge de la santé qui fait figure de dauphin. Dans un Land gouverné par l’extrême droite qui enchaîne les fermetures d’hôpitaux et où le nombre de médecins conventionnés est en chute libre, Graz a pourtant maintenu ses sept centres municipaux de santé où, désormais, un suivi par un travailleur social accompagne le suivi médical ou psychologique. Il s’agit de permettre aux usagers de connaître leurs droits en matière de santé et au-delà pour éviter le non-recours aux droits qui frappe les plus précaires.

La municipalité a aussi mis en place un service de santé à domicile, actif la nuit, les week-ends et pour les personnes à mobilité réduite et des centres de vaccination qui ont des effets tangibles en termes de recul des maladies infantiles. Les attaques du SPÖ et leur menace de ne pas reconduire la coalition s’ils ne sont pas à l’exécutif devaient sans doute servir à mobiliser leur électorat. Cela a eu l’effet inverse et conduit leurs électeurs à voter directement pour les communistes qui entament désormais les négociations en position de force.

Plus grande ville gouvernée par les communistes en Europe, Leningraz, comme la nomment ses détracteurs, apparaît de plus en plus comme un bastion pour le KPÖ, de plus en plus hégémonique à gauche. Dans un contexte mondial d’essor de l’extrême droite, la victoire a été saluée à travers le monde, du Parti communiste d’Afrique du Sud à celui de Cuba. Récemment, l’Allemande Ines Schwerdtner, coprésidente de Die Linke, avait fait le déplacement. De son côté, Fabien Roussel (PCF) a souligné dès 20 heures que « les communistes prouvent qu’ils savent répondre aux attentes de leurs habitants ».

 


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vendredi 26 juin 2026

Les librairies menacées d’un scénario catastrophe

 


Confrontés à la hausse des charges et à l’érosion du lectorat, plusieurs joyaux français sont menacés de disparition, à l’instar de Sauramps (Montpellier), Gibert ou Nosoli placés en redressement judiciaire. Les acteurs appellent l’État à prendre ses responsabilités.

samedi 20 juin 2026

A l'exemple de la fédération des Bouches du Rhône, premiere fédération de France en nombre d'adhérants, Les communistes à l’heure du débat d’idées


Les communistes ont entamé ce vendredi leurs conférences départementales, jalon essentiel du 40e congrès du PCF. Dans les Bouches-du-Rhône se posent de manières cruciales la lutte contre l’extrême droite et l’avenir métropolitain.

Ce vendredi soir pour la première fois, c’est à la maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, que s’est tenu le congrès départemental du Parti communiste dans les Bouches-du-Rhône. Une soirée pour ouvrir un week-end entier de débats, dans le cadre du 40e congrès du PCF, deux semaines avant que les militants de la France entière ne se retrouvent à Lille. « Un congrès est un temps démocratique majeur dans la vie politique de notre organisation, pour l’adoption de nos orientations comme pour l’élection de notre exécutif », résume en introduction Jérémy Bacchi, le secrétaire départemental de ce qui est désormais la première fédération du PCF, avec un renforcement de sa base militante. Et de partager sa double exigence, au moment d’amender la base commune du conseil national adoptée par les militants : « Permettre l’expression de tous les communistes dans leur diversité, tout en travaillant à l’élaboration d’une voie commune. »

Pour les communistes, ces échanges s’inscrivent dans un contexte national et international marqué par les courants dominants de l’extrême droite. « Jamais dans l’histoire récente le monde ne s’est trouvé autant bouleversé », alerte Jérémy Bacchi qui s’alarme de l’absence de réaction de la communauté internationale. Il rappelle le travail mené les trois dernières années, l’argent collecté pour envoyer prochainement un container humanitaire à Cuba ou à travers le Secours populaire venir en aide aux populations gazaouies, les 300 oliviers financés pour la Palestine, les mobilisations en défense de la cause kurde. En espérant renforcer la présence sur le terrain des militants.

« La poussée de l’extrême droite et de ses idées ne s’arrête pas aux frontières de notre pays, rappelle aussi le sénateur communiste. À grand renfort de soutiens médiatiques, l’extrême droite mène une bataille culturelle sans précédent. » Il évoque ainsi l’échec d’une victoire annoncée de l’extrême droite grâce au rassemblement de la gauche, « et notre parti y a joué un rôle essentiel », l’union impulsée dans le département pour les municipales, avec la présence de listes de gauche dans la moitié des communes. « Malgré des pertes, nous voyons le parti se renforcer », salue Jérémy Bacchi, appelant à renforcer l’action politique « en lien étroit avec nos élus ».

« Ne pas être spectateurs »

Il appelle aussi les communistes à s’emparer de la réflexion sur les enjeux industriels et l’aménagement du territoire. « Nous ne pouvons pas rester spectateurs de ce que le patronat et les pouvoirs locaux proposent », insiste-t-il. D’autant plus à l’heure où la Métropole Aix-Marseille traverse une crise existentielle. Face aux copies budgétaires rendues par la chambre régionale des comptes et la préfecture, il dénonce « une même logique d’austérité, de coupes, de réductions de dépenses ». Et de poser : « Notre position n’est pas de tomber dans le piège de ceux qui dressent les communes les unes contre les autres. C’est de bouger sur le versement mobilité avec une hypothèse, créer un établissement public dédié aux transports. »

Après lui, la lutte contre l’extrême droite reste au cœur des débats pour la fédération. « Leurs idées s’immiscent dans la vie quotidienne, dans tous les esprits, dans toutes les conversations », alerte Ariane Lombardi, de la section de Marignane. « Le monde et notre pays traversent une crise grave, où le rapport des hommes entre eux et avec la nature sont marqués par l’exploitation, la violence et la négation de la culture », insiste aussi l’Aixois Luc Foulquier, tandis que l’adjointe marseillaise Nathalie Tessier rappelle la nécessité d’inscrire la protection de l’enfance au rang des priorités nationales. « Jeunes, retraités, familles monoparentales ou travailleurs précaires ont la même angoisse, celle de se loger dignement, qui demeure un droit empêché », défend l’élu marseillais Ibrahim Mzé. Citant l’étude nationale montrant comment le cancer frappe d’abord les plus précaires, l’adjoint à la santé Anthony Gonçalves insiste de son côté : « Tant qu’il y aura des chiffres comme ça, les communistes devront se présenter aux élections. » De quoi poser la base de ces trois journées d’échanges.

« À grand renfort de soutiens médiatiques, l’extrême droite mène une bataille culturelle sans précédent. »

Source La Marseillaise 

 


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mardi 16 juin 2026

« Construisons une Coupe du monde des peuples » : la lettre du Mouvement des jeunes communistes

 


Les Jeunes communistes appellent l’équipe de France de football à faire de cette grande fête populaire un moment de solidarité internationale. Face aux guerres, aux blocus et aux sanctions économiques, ils plaident pour un Mondial accessible à toutes et tous, en clair, et porteur de fraternité.

jeudi 11 juin 2026

PCF, la remontada, l'exemple de la Meuse, une préparation entamée de longue date, dès la fin du 39e congrès 2023, l’an 1 du renouveau

 


Au moment du 39e congrès, la situation du Parti Communiste en Meuse n’avait rien de très reluisante. Des effectifs s’effilochant au fil du temps, une moyenne d’âge élevée, une activité atone, une motivation durement impactée par l’actualité bien sûr, mais aussi par un lien militant distendu du fait de la dispersion géogra-phique, du fait de la raréfaction des engagements individuels, du fait de la paupérisation lente mais prégnante des camarades, souvent retraité·e·s, quelquefois salarié·e·s, toujours avec un petit revenu et une mobilité de plus en plus coûteuse, du fait d’une sorte de lassitude triste devant ces courbes toutes descendantes.

Dans un département, rappelons-le, votant massivement à droite et à l’extrême droite deux députés RN sur les deux sièges disponibles depuis les dernières législatives. Une population peu urbanisée et sur la défensive, qui se fourvoie majoritairement vers cette radicalité populiste ou l’abstention et le repli sur soi. On lâche prise pourmoins que ça ! D’ailleurs, depuis bien des années, notre fédération n’envoie plus personne au congrès du Parti. On pourrait imaginer le fil du temps qui aurait depuis accentué ce marasme, jusqu’à dissoudre toute présence communiste sur le département.

Mais, enfin ! C’est bien à Varennes-en-Argonne, en Meuse, que le maître de poste Drouet arrêta en juin 1791 le carrosse d’un Roi, imprimant à notre Histoire un chemin bien plus révolutionnaire qu’il nel’était avant cela. Et faut-il parler aussi de Verdun ?

Juillet 2026. C’est à n’y plus rien comprendre… Deux délégués se proposent pour représenter les communistes meusiens à Lille. Le congrès donne lieu à des débats animés et mobilise efficacement les adhérent·e·s dans nos sections. Nous avons réussi, pour ce 40e congrès, à remettre en place des discussions, des débats entrecamarades au fur et à mesure que les textes alternatifs apparaissaient. Il faut s’y prendre bien avant l’envoi du livret pour notre département où nous sommes si éloignés les uns des autres.

Autant pour amener les discussions que pour l’impact financier. Il faut envoyer le nécessaire à nos camarades pour voter dans les règles, vu que beaucoup votent par correspondance.

Que diable s’est-il passé entre ces deux congrès ?

Reculons à nouveau de 3 années : au sortir du mois d’avril 2023, le Parti amorce une phase supplémentaire dans sa mue. Pour nous, cela se concrétise par une direction fédérale plus jeune (à peine 40 ans pour le secrétaire fédéral, autant dire un nouveau-né pour lesvieux ballons que nous sommes). Un travail méthodique est mené, avec l’obsession de reconstruire une organisation efficiente, de réagréger des éléments dispersés ; des effectifs à remonter, certes, mais aussi et surtout une soif d’actes, d’initiatives impactant la vie des habitants. Coûte que coûte retisser du lien, entre communistes et avec la population. Redevenir visibles. Du concret, du palpable.

Redonner de l’envie à nos camarades dans une période si difficile fut déjà un travail conséquent de notre fédération.

Aujourd’hui, le 40e congrès est saisi comme le reste pour mobiliser,pour impulser le désir de comprendre, d’analyser, d’échanger, de  regagner en clairvoyance dans le dense brouillage politique et médiatique. Pour se réaccaparer les réalités de nos territoires afin d’être au plus proche, tout contre ce qui bouleverse les gens, les font rager ou les inquiète. Un moment important, décisif, et une opportunité de se réunir encore plus, de débattre et d’en parler, de dire l’utilité d’avoir un parti qui sait faire ça, pose l’équation comme personne d’autre ne le fait. En éveillant la conscience de classe, rien que ça ! La fierté aussi d’être singulier quand on est communiste,et ce n’est pas un détail.

 Parmi d’autres initiatives depuis 2023, la création d’un journal de section il y a un an sur Bar-le-Duc, la ville-préfecture, L’Artichaut.

 Un ovni dans le ciel de la gauche locale, qui se tait depuis tant de temps ou qui baragouine des paroles transparentes à des habitants désabusés.

La réinvention du catalyseur, c’est bien l’intention qu’ont eu lescommunistes barisiens. Faire le buzz avec un titre surprenant, unbrin comique, « coluchien », associé à une volonté de partir du vécu, du territoire, et la politique vient au fil. La popularité de la feuille dechou monte au gré des numéros qui sortent. Pourquoi ?

 Parce que ce n’est pas de la prose qui tombe d’en haut, mais qui prend appui sur le vécu direct : sûr moyen d’éveiller l’intérêt.

Coup double : motivation en hausse, et nous sommes plus regardés car plus visibles, et l’Artichaut, ce drôle de légume, s’effeuille chaque trimestre dans les boites aux lettres, sur le marché et sur la « toile ». « Le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand t’as commencé. » Visibilité, motivation, renforcement : ça fonctionne. Au suivant ?

Oui, ces trois années ont vu l’organisation s’étoffer, les communistes se parler à nouveau, se rencontrer plus souvent, décider d’actions en concertation. Se sentir plus investis, utiles, écoutés. Le tissu se refait, les liens s’étendent, hésitants certes, dans un contexte politique difficile, mais obstinément, avec méthode.

Ce n’est pas toujours facile, notre fédération connait comme partout beaucoup de difficultés, ne serait-ce que la menace de voir l’état de nos finances nous contraindre à vendre le siège fédéral à Verdun, et le risque que cela engendrera de perdre l’atout d’un lieu physique pour se retrouver. C’est toujours la même histoire, colonne de gauche, ce qui va, colonne de droite…

Mais on avance, et nous allons continuer, comptant bien sur ce congrès décisif pour nous donner une dynamique supplémentaire.

Augmenter notre visibilité, renforcer nos rangs pour devenir un outil politique efficace.

Hervé Granger, Patrick Séchas

10 juin 2026

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mercredi 10 juin 2026

« Miroir du cyclisme » est à Lille : de retour dans les kiosques, le géant de la presse sportive offre un moment unique avant le départ du Tour de France

 


Parmi toutes les émotions qui nous attendent avec le départ du Tour de France à Lille la semaine prochaine, voilà un événement que les fans de vélo ne voudront pas manquer. L’équipe de « Miroir du cyclisme », qui est de retour dans les kiosques depuis le 13 juin, propose une rencontre avec le public mercredi 2 juillet. Un voyage dans la mémoire, la nostalgie et surtout la passion.

Journaliste au service des sports

Oh la la, Miroir du cyclisme... Miroir, mon beau miroir, dis-moi que ce n’est pas une blague, tu es vraiment de retour ? Miroir du cyclisme dans les yeux de grand-père, à plat ventre au grenier un après-midi d’été à côté de la malle aux trésors, sur la table du salon, au bord de la route en attendant le peloton, précieusement au chaud chez le tonton collectionneur, au bistrot, au départ, à l’arrivée... Chacun a son image du géant de la presse sportive, qui a passionné des générations de fans de vélo entre 1960 et 1994 (480 numéros) ; et même bien au-delà puisque même après sa disparition, son souvenir mythifié ne s’est jamais effacé. 

Il est de retour dans les kiosques, avec un nouveau format innovant et emballant. Et c’est vraiment une riche idée qu’a eu le journal L’Humanité de faire renaître ce morceau de patrimoine national qui a fait la grandeur du vélo dans le coeur des Français.

C’est pour évoquer tout ça, dire que c’était fabuleux avant et que demain sera tout aussi formidable, que l’association « Les Amis de L’Humanité » proposent une rencontre mercredi 2 juillet à 18 h 45, à l’Espace Marx à Hellemmes, avec l’équipe du magazine (adresse : 6 bis rue Roger-Salengro, à 50 mètres de la station de métro Marbrerie).

Autour de la table, rien que du beau monde de spécialistes : Jean-Emmanuel Ducoin, rédacteur en chef de Miroir du cyclisme ; Christophe Deroubaix, conseiller éditorial de Miroir du cyclisme ; Pierre Carrey, conseiller éditorial de Miroir du cyclisme ; Pascal Sergent, historien du cyclisme et écrivain ; Christian Palka, journaliste et ancien coureur.

Dans les livres de Georges Simenon accompagnant les enquêtes du commissaire Maigret

L’invitation est très alléchante. « Il trônait en tant que numéro 1 des magazines cyclistes, à l’époque où le vélo était le sport favori des Français. Il était sur toutes les tables lors des années de gloire d’Anquetil et d’Indurain, en passant par Merckx, Hinault, Fignon, Longo... Plus qu’un simple magazine, le Miroir du Cyclisme symbolise une époque, jusqu’à être cité dans les livres de Georges Simenon, accompagnant les enquêtes du commissaire Maigret. Il aura fallu patienter 31 ans pour que ce géant de la presse sportive fasse son grand retour. Romantique mais pas passéiste, le magazine compte bien se faire le refl et d’un cyclisme qui bouge, mettant en lumière les femmes et les hommes, la jeune génération et les anciens. »

À la veille de la présentation des équipes sur la Grand-Place et à trois jours du grand départ du Tour de France, c’est le cadre parfait pour se mettre dans l’ambiance, en prendre plein les oreilles et se chauffer les cuisses. 


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lundi 8 juin 2026

Léon Deffontaines, PCF : « Les communistes souhaitent un parti qui joue un rôle de 1er plan »

 


Léon Deffontaines est porte-parole national du PCF. Il préside la commission nationale du texte pour le XLe congrès qui se tiendra à Lille les 3, 4 et 5 juillet.

Source La Marseillaise 

La Marseillaise : Quelle est votre réaction après le choix du projet de base commune par les communistes ?

Léon Deffontaines : Je me félicite de la mobilisation des communistes. C’est quand même assez exceptionnel, dans le contexte politique national, de réussir à avoir une telle vitalité démocratique. Je salue les dizaines de milliers de communistes qui se sont mobilisés, tout le long du week-end, pour choisir la base commune de discussion qui sera soumise aux congrès de section. J’observe que les communistes souhaitent poursuivre ce qui a été engagé par Fabien Roussel depuis 2018, notamment la réaffirmation d’un Parti communiste français qui soit un parti de premier plan sur la scène politique nationale et qui entend jouer un rôle de plus en plus important. C’est, je crois, très enthousiasmant et très intéressant. Cela vient conforter la stratégie et les orientations politiques entreprises ces dernières années. Maintenant, il incombe à la direction nationale de rassembler l’ensemble des communistes sur le texte majoritaire « Un communisme de conquête », qui est désormais la base commune de discussion pour que chaque sensibilité, mais surtout chaque adhérent, en prise avec les réalités militantes, puisse s’approprier le texte, débattre, et l’amender pour l’enrichir. C’est une nouvelle étape dans la perspective d’avoir un candidat communiste à l’élection présidentielle, en l’occurrence Fabien Roussel, et c’est une très bonne chose.

Outre la question de la présidentielle, quelles sont, à grands traits, les orientations de la base commune de discussion ?

L.D. : Elle propose un parti résolument tourné vers le monde du travail. Je pense que la préoccupation que chaque communiste a, c’est de savoir comment on est capable de faire reculer l’extrême droite et de permettre à la gauche de l’emporter. Cette question est centrale. Si on veut faire reculer l’extrême droite, il faut un Parti communiste, fort, présent, tourné vers le monde du travail qui, année après année, s’est détourné de la politique en général, de la gauche en particulier, voire même qui est tombé dans un vote Rassemblement national. Ce qu’exprime le vote des communistes, c’est que si on veut reconquérir cette base sociale, il faut un PCF tourné vers les travailleuses et les travailleurs, capables d’aller aux portes des entreprises, dans les entreprises elles-mêmes, pour discuter et démontrer que le RN n’est pas la solution et qu’un parti existe, à gauche, qui parle d’eux et défend leurs intérêts. C’est toute l’ambition de la base commune adoptée par les communistes ce dimanche.

La spécificité du fonctionnement du PCF, c’est que le texte majoritaire devient la base de discussion de l’ensemble des adhérents. Fabien Roussel avait exprimé des inquiétudes avant le vote à propos de pressions extérieures. Comment, désormais, réunir l’ensemble des communistes sur ce texte ?

L.D. : Dans l’histoire du PCF, depuis les années 2000 où on a des textes alternatifs qui peuvent être déposés dans nos processus de congrès, rares ont été les textes choisis à une aussi large majorité. Il y a eu un débat parfois houleux sur les réseaux sociaux, mais ce qui transparaît sur ces plateformes est assez éloigné de la réalité du parti. Il y a eu aussi une certaine forme d’ingérence de la part d’autres formations politique, notamment de la France insoumise, qui n’ont pas obtenu gain de cause. Cela démontre que le Parti communiste français n’est pas un parti qui se laisse influencer par d’autres formations. Je crois que cela démontre la vitalité démocratique, la force et la conviction des militants communiste dans la période. Aujourd’hui, j’invite celles et ceux qui ont pu s’exprimer parfois de manière virulente sur les réseaux sociaux, à construire collectivement le Parti communiste qu’on souhaite et donc à s’inscrire pleinement dans les congrès locaux, départementaux et enfin dans le congrès national qui aura lieu à Lille, les 3, 4 et 5 juillet. Près des deux tiers des communistes ont souhaité se rassembler sur ce projet de base commune, et les messages que l’on reçoit ce dimanche, de la part de soutiens des autres textes, montrent que ces camarades ont le souhait de s’investir aussi dans le processus de congrès.

Propos recueillis par L.P.

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samedi 6 juin 2026

La CGT rassemblée derrière Sophie Binet. Réélue au terme d’un 54e congrès « historique », Sophie Binet incarne une CGT unie et prête à repartir à l’offensive

 


Réélue au terme d’un 54e congrès « historique », Sophie Binet incarne une CGT unie et prête à repartir à l’offensive. Confortée par les débats, la secrétaire générale affiche un « plan de bataille » pour faire front contre patronat, gouvernement et extrême droite.

J’ai une très mauvaise nouvelle pour Patrick Martin et Sébastien Lecornu : nous sommes en pleine forme, nous sommes rassemblés ! ». Tout juste réélue comme secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a chauffé à blanc les plus de 1 000 militants qui étaient réunis ce vendredi à Tours pour la conclusion du 54e congrès de l’organisation.

Sous un tonnerre d’applaudissements et devant un parterre de drapeaux rouges, la syndicaliste a renvoyé l’image d’une CGT renforcée à l’issue de 5 jours de débats. « Ensemble nous avons participé à un congrès qui fera date. La CGT est debout, rassemblée, déterminée », martèle-t-elle lors d’un discours de clôture enflammé. Élue en 2023 au terme d’un 53e congrès pour le moins houleux et marqué par de fortes dissensions, Sophie Binet avait un « mandat de rassemblement » et entend bien faire savoir que l’objectif est atteint : « Ce n’était pas un mandat comme les autres mais le travail que nous avons conduit nous a permis de rassembler l’organisation ». Elle cite le vote sur le bilan d’activités, jauge d’appréciation du travail de la direction sortante, qui a été « voté à 82% ». « C’est la première fois qu’on atteint ce niveau de vote depuis 2013 », développe-t-elle en conférence de presse dans la foulée de son discours.

Forte d’une stratégie pour les années à venir également largement validée par les congressistes (75% de votes favorables), Sophie Binet a envoyé une série de messages à l’égard des ennemis du monde du travail. Elle tacle « tous les rats qui veulent nous museler » et prévient : « Nous avons décidé d’un plan de bataille clair, nous avons adopté des orientations fortes. [...] Ce congrès restera historique par ses décisions ».

Des « enjeux structurels » entérinés

En effet, les congressistes se sont accordés sur plusieurs « enjeux structurels » pour l’organisation. « On s’est doté d’un outil opérationnel pour lutter contre les déserts syndicaux avec les syndicats professionnels de territoire. Et d’une stratégie vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) pour progresser dans les entreprises du CAC 40 où l’on a un défi d’implantation », rappelle Sophie Binet, citant également « la construction de notre maison commune avec la FSU ». Si elle regrette tout de même des « petits rebondissements » lors du congrès, avec un envahissement de la tribune et des discussions parfois vives, l’essentiel n’est pas là pour la secrétaire générale. Elle loue « un congrès historique car il était profondément politique ». La syndicaliste revient évidemment sur « l’internationale ouvrière contre l’extrême droite » impulsée par la CGT via un meeting rassemblant « 109 syndicalistes venus de 71 pays différents ». Et dans la même veine, les prises de position contre l’extrême droite en France à moins d’un an des élections présidentielles (lire nos articles du 02/06 et 03/06). « On ne gagne pas contre l’extrême droite sans perspectives sociales. La recette du Front Populaire dont on fête les 90 ans c’est unité, mobilisation, alternative sociale. Voilà ce qu’il faut mettre à l’ordre du jour », tempête Sophie Binet. Laquelle entend bien que son organisation « se mêle des présidentielles » : « Nous avons fait de la défense de la sécurité sociale et des services publics une bataille stratégique pour les années qui viennent, notamment dans le cadre du débat présidentiel ». Une bataille peut-être victorieuse grâce à l’envie de « mieux coordonner nos luttes ».

Autre grande victoire : « L’annexion à nos statuts de notre cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles ». Une décision bien plus que symbolique puisqu’elle concrétise « le féminisme de lutte des classes de la CGT » pour Sophie Binet. « Le deuxième message politique de notre congrès est sur l’égalité femmes-hommes », insiste-t-elle. De quoi lui faire hausser le ton : « Ce sont de mauvaises nouvelles pour ceux qui rêvent d’une CGT affaiblie. Nous avons mangé du lion ». Le patronat n’a qu’à bien se tenir.

« Ce congrès restera historique par ses décisions »

 Source La Marseillaise

mardi 2 juin 2026

Et si écouter les oiseaux était le meilleur anti-stress naturel ?

 


Par

De nombreuses études ont révélé qu’écouter le chant des oiseaux avait des bienfaits pour l’homme. Il procure un bénéfice psychique et mental. Notre bien-être reposerait-il sur le contact avec les oiseaux et leur vocalise ?

Vecteur de sérénité et de bien-être. Le babillage du merle noir, les gazouillis du rossignol philomèle, ou de la mésange s’ils nous charment par leur mélodie, ils gagnent aussi à être écoutés pour notre plus grand bien : humeur, réduction du stress... En effet de nombreux travaux scientifiques ont démontré l’impact positif du chant des oiseaux ou leur observation sur les humains.

Les bienfaits du chant des oiseaux 

En octobre 2025, le biologiste Julien Perrot énonçait dans l’émission de France 2 “Bel bien ensemble”, «que si vous vivez dans un endroit où vous entendez des chants d’oiseaux, vous avez 28% de stress en moins dans votre vie quotidienne». Il précisait aussi que le chant des oiseaux nous relaxe, diminue notre tension artérielle.

Dans leur livre intitulé Ornithérapie (1), Philippe Jacques Dubois, ornithologue et ingénieur écologue et Élise Rousseau, naturaliste, s’appuyant sur plusieurs travaux scientifiques indiquent que «plus nous sommes entourés d’oiseaux différents, mieux nous nous portons psychiquement». Ainsi, l’écoute des chants d’oiseaux par des personnes anxieuses améliore leur bien-être. En se référant à une étude américaine réalisée dans le Michigan (2), les auteurs expliquent qu’elle «a montré la corrélation entre une biodiversité avienne forte et une diminution des hospitalisations pour troubles de l’humeur et état anxieux».

Une amélioration du bien-être chez des individus souffrant de paranoïa a aussi été observée scientifiquement (3): «Après six minutes auprès des chants d’oiseaux, l’anxiété et les pensées irrationnelles sont atténuées jusqu’à huit heures», précisent Philippe Jacques Dubois et Élise Rousseau dans leur ouvrage.

Enfin, en se référant à une autre étude de 2022(4), ils rapportent l’expérience suivante : les personnes du groupe ayant entendu des chants d’oiseaux (chœur fantôme diffusé par des haut-parleurs cachés) sur un sentier lors d’une balade «ont éprouvé un sentiment de bien-être augmenté», contrairement au groupe qui n’en a pas entendu. Beaucoup de Français ont pu expérimenter cette amélioration du bien-être, de l’humeur, en 2020, lors du confinement au printemps pendant la pandémie du Covid 19, en entendant le chant des oiseaux lors des sorties.

Bon à savoir : Le chant mélodieux du merle s’avère particulièrement relaxant pour l’homme.


Un sentiment de sécurité

Il semblerait qu’entendre le chant des oiseaux soit associé à la sécurité. Les sons activent des zones du cerveau liées au stress, à la rumination. Ils font baisser le cortisol (l’hormone du stress) et stabilisent le rythme cardiaque ainsi que la tension artérielle. Les chants influencent ainsi directement notre équilibre physiologique. Ils permettent aussi d’être dans le temps présent, connecté au vivant.

L’écoute des chants déclenche la sécrétion de la dopamine. Elle «joue un rôle essentiel dans le mouvement, la motivation, le plaisir et la récompense. Surnommée "molécule du plaisir". Elle ne déclenche pas directement le bonheur, mais participe à l’anticipation de la récompense» peut-on lire sur le site de l’Institut du cerveau. Elle aide ainsi à notre bonne santé mentale.

L’écoute de leur mélodie mais aussi l’observation (la pratique du birdwatching) et l’identification des oiseaux est bénéfique pour l’homme. Autre avantage écouter les chants et les identifier favorise le maintien d’une bonne acuité auditive.

Aussi pour améliorer notre santé psychique et mentale rien de mieux que de les côtoyer, dans son jardin, un parc, une forêt...

Comment les écouter et les observer ?

Au printemps, le matin tôt est la période idéale pour profiter du concert des oiseaux. Sans aucun doute les lève-tôt en entendront davantage que les lève-tard, car les chants seront moins forts et moins fréquents. Il faudra attendre le crépuscule pour la reprise des chants.

Pour favoriser leur écoute et leur venue dans votre jardin, le mieux est d’installer des nichoirs. Si vous avez de grands arbres, des haies, ils s’y installent naturellement. Le merle trône et fait entendre sa mélodie enchanteresse en haut du sapin.

Mais un oiseau doit se sentir en sécurité pour pouvoir chanter, aussi il est primordial de favoriser ce climat. Pour les observer, patience, discrétion et silence sont des règles d’or. Bannissez les mouvements et les gestes brusques. Lorsque vous souhaitez les observer, les admirer, en vous approchant éviter de les fixer trop franchement car cela rappelle la prédation. Préférez le regard en coin. Ne vous dirigez pas directement sur eux, mais donner l’impression que vous flânez. Vous pouvez aussi vous accroupir ou vous asseoir, vous serez ainsi plus petit. Et respectez une certaine distance, il se laissera davantage observer et ne fuira pas.

Bien évidemment des vêtements de couleur beige, vert kaki ou encore gris, favorisent une approche discrète et vous permettent de mieux vous fondre dans le paysage.

Des outils pour les reconnaître

Il va falloir vous exercer pour identifier les oiseaux et leur chant. Commencez par les écouter régulièrement avec des enregistrements, afin de les intégrer et affiner votre reconnaissance. Une fois que vous aurez le sentiment de bien avoir appris les sons, vous pourrez vous exercer en extérieur. Certains chants sont plus faciles à identifier, comme celui du merle (flûté, doux, très musicale) du coucou, du rouge-gorge (gazouillis rapide), ou du pinson des arbres...

Mais comme souvent vous entendrez une symphonie composée par plusieurs espèces différentes, il faut pratiquer et exercer son oreille à tous ces chants différents pour apprendre à les distinguer. Il existe des méthodes d’apprentissage dont une qui vous guide pas à pas pour vous familiariser avec nos musiciens plumés et reconnaître leur chant. Il existe aussi des applications (gratuites ou payantes) pour reconnaître les oiseaux comme BirdNET, Merlin Bird...

De nombreux travaux scientifiques ont démontré les bienfaits du contact avec la nature, la biodiversité. Et tout particulièrement les oiseaux et leur chant, leur côté apaisant. Ils favorisent une bonne humeur, adoucissent nos angoisses, sans parler de leur impact sur le sommeil ou la concentration... Et si nous intégrions dans notre vie quotidienne le chant des oiseaux, dans la nature ou via des enregistrements ?


(1) Philippe J. Dubois, Élise Rousseau Ornithérapie, Albin Michel, 2025.

(2) Buxton, R.T., Pearson, A.L., Lin, H.-Y.,Sanciangco J.C. et Bennett, J.T., “Exploring the relationship between bird diversity and anxiety and mood disorder hospitalisation rates”. Géo: Geography and Environment, vol.10, n°2, e00127,2023

(3) Strobbe, E., Sundermann, J., Ascone, L. et al., “ Birds-songs alleviate anxiety and paranoia in healthy participants” Sci Rep, vol.12, 2022

(4) Ferraro D.M., Miller Z.D., Fergusson L.A, Taff B.D.,Barber J.R., Newman P. et Farncis C.D., “The phantom chorus: birdsong boosts human well-being in protected areas.” Proceeding of the Royal Society B., vol.287, n° 1941,2022.