Le candidat communiste Fabien Roussel a présenté, mardi 3 novembre, ses huit porte-parole et annoncé les premiers meetings de sa campagne pour la présidentielle. Mais pour obtenir des avancées sociales dès maintenant, il entend aussi s’appuyer sur le mouvement social, qu’il appelle à amplifier.
Fabien Roussel met sa campagne en ordre de marche. Ce mardi 3 novembre, au siège du Parti communiste français (PCF), le candidat a présenté ses huit porte-parole. Parmi eux, Cécile Cukierman, présidente du groupe communiste au Sénat, Léon Deffontaines, tête de liste aux européennes de 2024, Bastien Bonnargent, secrétaire général des Jeunes communistes, ou encore Denis Öztorun, maire de Bonneuil-sur-Marne et vice-président de l’Association des maires de France. S’y ajoutent Gladys Grelaud, élue communiste bretonne, Fatima Khallouk, responsable communiste en charge des questions des droits des personnes handicapées, Léna Raud, chargée des questions de jeunesse au PCF, et Guillaume Roubaud-Quashie, historien et président de la Fondation Gabriel-Péri. Le sénateur et conseiller de Paris Ian Brossat dirigera, comme en 2022, la campagne.
Trois meetings nationaux sont également prévus : le 6 décembre à Avion (Pas-de-Calais), en février à Paris, puis à Marseille avant le premier tour. Fabien Roussel entend y défendre une rupture avec les politiques menées depuis dix ans. « Cette présidentielle est l’occasion de mettre dehors cette politique », affirme-t-il, mais aussi « cette petite clique au service des plus riches de notre pays ».
« On ne peut pas attendre l’élection présidentielle »
Mais cette conférence de presse était aussi l’occasion d’appeler à amplifier le mouvement social engagé depuis plusieurs semaines. « On ne peut pas attendre l’élection présidentielle pour apporter des réponses aux Français », martèle le secrétaire national du PCF. Alors que le budget 2027 est en discussion, il entend s’appuyer sur les mobilisations pour obtenir des mesures contre la vie chère : « C’est maintenant qu’il faut prendre des décisions rapides. »
À deux jours des manifestations du 5 novembre, il appelle à faire converger les luttes des lycéens, des étudiants et des salariés. « Leur lutte fait écho aux difficultés que vivent aussi des millions de familles, de travailleurs, de retraités », souligne-t-il. Une colère qu’il attribue à « dix années de macronisme » responsables d’une « régression sociale aussi inédite qu’insupportable ».
« Emmanuel Macron a semé la misère, il récolte la colère. C’est l’heure de la moisson », lance-t-il. Les annonces gouvernementales sur Parcoursup ou le Smic ne suffiront pas, prévient le communiste, à faire retomber la mobilisation. « Nous voulons plus. Nous voulons tout. Nous voulons de la dignité. »
Le PCF réclame ainsi un Smic à 2 200 euros brut, l’indexation des salaires sur l’inflation et une conférence sociale sur leur augmentation. S’y ajoutent une TVA à 5,5 % sur l’énergie et les carburants, le blocage des loyers et des charges, la nationalisation de TotalEnergies et un moratoire sur les licenciements industriels. Pour l’éducation, il demande cinq milliards d’euros pour les bâtiments scolaires et 90 000 enseignants supplémentaires sur cinq ans. Ces propositions ne constituent pas encore son programme présidentiel, précise toutefois Fabien Roussel, mais des mesures « urgentes à mettre à l’ordre du jour ».
« Le racisme agit en France comme une gangrène »
Au-delà des revendications sociales, Fabien Roussel a également alerté sur la progression du racisme et les dangers de sa banalisation dans le débat public. Revenant sur l’attentat raciste du 23 octobre à Trappes, le dirigeant communiste a exprimé sa solidarité avec les victimes et leurs proches, avant de dénoncer le climat politique. « Le racisme agit en France comme une gangrène sur tout le corps social. Dans notre pays, ce poison circule désormais ouvertement, impunément. »
Pour le secrétaire national du PCF, la désignation de boucs émissaires contribue notamment à détourner l’attention des causes économiques et sociales des difficultés que traverse le pays. « Quand des irresponsables politiques parlent de submersion migratoire ou de grand remplacement, dénonce-t-il, ils alimentent des peurs, désignent des boucs émissaires, ils alimentent la haine. »
Une responsabilité qu’il ne limite pas à l’extrême droite, mais étend aux responsables politiques qui reprennent ses discours, ainsi qu’aux médias qui les relaient. « Quand ces discours sont repris ad nauseam sur certains plateaux de télévision et dans les médias, celles et ceux qui dirigent ces plateaux doivent aussi répondre de leurs actes », insiste-t-il.
Évoquant les années 1930, lorsque la désignation de boucs émissaires avait accompagné la montée du fascisme, Fabien Roussel met en garde contre la répétition de tels mécanismes. « Les mots sont des pistolets chargés », prévient-il. Et « c’est l’extrême droite et d’autres responsables politiques qui les agitent et les braquent contre la République tout entière ».

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